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A Domi-mots

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Gérard Hubert-Richou La Mauresse, l'enfant cachée de Versailles, Ed. Genèse

Publié par Dominique84 sur 16 Octobre 2015, 15:42pm

Catégories : #Mes lectures

Gérard Hubert-Richou La Mauresse, l'enfant cachée de Versailles, Ed. Genèse

Gérard Hubert-Richou, dont c’est le dixième roman historique, se penche après l’affaire des poisons avec « Le sceptre et le venin » (clic sur le lien) sur la fameuse énigme de celle que l’on appela La Mauresse de Moret née le 16 novembre 1164 et décédée vers 1732 au couvent de Moret (dans l’actuel département de Seine-et-Marne). Bien que cloîtrée, elle attisa la curiosité et fit couler beaucoup d’encre à propos de ses origines. En effet, cette nonne était métisse et jouissait d’un statut particulier au sein de ce couvent. Elle reçut les plus grands du royaume dans le plus grand secret, elle fut peinte par Gobert, l'un des peintres attitrés de Versailles et , alimenta toutes les rumeurs dont celle d’être la fille adultérine de la Reine Marie-Thérèse.

Au cours des siècles, plusieurs thèses ont été avancées. Il est vrai que selon les dires mademoiselle de Montpensier et Madame de Montespan, le 16 novembre 1664, la Reine Marie-Thérèse d'Autriche accoucha au Louvre de son troisième enfant prématuré d’un mois, une fille à la peau noire prénommée officiellement Marie-Anne de France. Pour tenter de faire taire les rumeurs d’un supposé adultère de la reine, on dit alors les pires inepties telles que cet enfant serait née cyanosée ou bien que sa peau serait le résultat d’une consommation excessive de chocolat par la Reine ou encore qu’un simple regard de la reine sur le nain Nabo (page noir offert à la Reine par des ambassadeurs) aurait suffi à colorer la peau de l’enfant royal. Ce à quoi, le Roi Louis XIV aurait répondu « Un regard ? Il était donc bien pénétrant ! » Nabo disparut d’ailleurs de la cour quelques jours après la naissance. L'enfant fut déclaré ensuite officiellement mort le 26 décembre 1664, sa dépouille fut exposée publiquement dans la chapelle du Louvre, son cœur porté au Val-de Grâce et son corps inhumé dans la basilique de Saint-Denis.

Seize années passent et nous retrouvons le jeune commissaire Géraud Labayle galopant vers de nouvelles aventures. Le chef de la Police parisienne vient de lui confier une mission de la plus haute importance, retrouver la trace d’une jeune orpheline disparue du couvent des Augustines. Etrange mission, qui peut donc se soucier de la disparition de cette jeune nonne ? Pourquoi, celui qui avait été le précepteur du dauphin, Jacques-Bénigne Bossuet en personne, attacherait-il une importance capitale à ce qu’on retrouve au plus vite cette jeune orpheline de 16 ans nommée Opportune ? On ne lui en dit pas plus, ce qui ne fait qu’attiser son intérêt et sa méfiance.

Il se lance donc dans une enquête périlleuse et obscure avec tout le dynamisme et le courage qu’on lui connaît. Il apprendra bien vite qu’elle a la peau noire et qu’on lui a enseigné les sciences, l’astronomie, les mathématiques, le latin et le grec. «Ce qui est d’autant méritoire pour une femme et, plus est, surprenant pour une petite Mauresse » en déduira-t-il !

Qui était donc Opportune pour mériter tant d’égards et pourquoi enfin, cette mise au secret ? N’était-elle pas « une épine dans la paume d’une des plus grandes familles du royaume ». Depuis son évasion du couvent, elle était en danger de mort car en haut lieu, on préférait la savoir morte.

Il parviendra à la retrouver et sur leur long périple semé d’embûches, Géraud ne pourra que succomber aux charmes de la gente demoiselle, si vive, si intelligente, si imprévisible et si belle. La confiance absolue qu’il avait envers les autorités du royaume s’était érodée depuis le début de l’enquête. Allait-il faillir pour la première fois à la mission qu’on lui avait confiée ?

Comme dans son roman précédent, « Le sceptre et le venin » l’auteur s’appuie sur une bibliographie dense pour construire un beau roman d’aventures, une fascinante épopée historique. Les faits sont exacts, si tant est que ces faits n’aient pas été le fruit de rumeurs de l’époque. Toujours est-il qu’une certaine Marie-Anne, jeune demoiselle métisse, prit le voile et passera sa vie durant au couvent.

Du suspense, une intrigue bien nouée, des personnages bien ancrés dans la réalité historique et surtout l’art et la manière de l’auteur pour entraîner le lecteur dans des aventures d’une autre époque, voilà ce que je vous promets si vous lisez le dernier roman de Gérard Hubert-Richou que je remercie pour me l'avoir adressé personnellement.

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Chloé.N 10/02/2016 19:04

C'est exactement ce que je cherchais et en plus, votre chronique donne envie. Merci.

Dominique84 11/02/2016 13:54

C'est vous que je remercie de me lire. @ bientôt

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