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A Domi-mots

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Merci aux maisons d'éditions qui me font confiance en me proposant des partenariats et aux auteurs qui m'adressent leurs derniers ouvrages. Chaque chronique est partagée sur mes comptes Facebook, Babelio et Twitter


Clair-obscur de Stéphane Bret, Ed. EDILIVRE

Publié par Dominique84 sur 8 Janvier 2016, 14:54pm

Catégories : #Mes lectures

Clair-obscur de Stéphane Bret, Ed. EDILIVRE

Je remercie l'auteur de m'avoir adressé son cinquième et dernier roman, un roman historique dense au titre hautement symbolique : "Clair-obscur" ; une fiction qui nous plonge au cours de ses 111 pages dans la sombre période des années d'occupation allemande en 1940.

A travers notamment le regard de deux personnages féminins (Arlette Gravier et Anne Laroche), l'auteur nous dresse le portrait d'une France humiliée par la défaite, d'une France occupée, d'un "Paris outragé, Paris brisé, Paris martyrisé mais Paris libéré" dixit le Général de Gaulle le 24 août 1944

Le roman débute le 17 juin 1940 alors que le Maréchal Pétain s'adresse aux Français sur les ondes radiophoniques pour les informer de la composition de son nouveau gouvernement. Arlette Gravier, vendeuse au magasin Les 3 Quartiers à Paris et ancienne militante de la SFIO (Section française de l’Internationale ouvrière) l'écoute, la mort dans l'âme. Elle pense à tous ses amis partis à la guerre et dont elle n'a plus de nouvelles, ses amis communistes dont le parti avait été dissout en septembre 39.

Paris occupé semble malgré tout revivre de ses cendres. Les théâtres avaient rouvert, les cinémas aussi. Les jours passent et Arlette assiste, impuissante à la lente dégradation de l'état français. Dénonciation, marché noir, propagande antisémite, premiers convois de prisonniers juifs « embarqués par des policiers français majoritairement présents - Comme si cette vision constituait un raccourci des pratiques du régime de Vichy : Servir la cause nazie par la mise à disposition de rouages étatiques français... l'hystérie antisémite d'avant-guerre se transformait en mot d'ordre officiel ». Arlette se dit qu’il faut réagir, se révolter mais comment faire quand on est une femme, une petite vendeuse. Le destin lui prouvera qu’il n’y a aucune limite au courage.

Et puis, il y a Anne Laroche, son contraire, qui fait partie de ceux qui recherchent par tous les moyens de profiter de la situation, sans honte et sans scrupules. Elle s'affiche aux bras d'officiers allemands, s'enivre de champagne, fréquente les palaces, pense qu'elle mise sur le bon cheval, l'occupant. "Pour elle, l'heure était à l'abandon, à tous les sens du terme".

L’auteur décrit très justement cette ambiance de délation, de scrupules chassés pour survivre, ce courage que certains ont montré et dont ils étaient jusqu’alors inconscient. La guerre allait être vécue pour tous « comme une révélation du profond de leur être, le dévoilement de leur capacité d’aller jusqu’au bout d’eux-mêmes, ou de trahir, de renoncer à leur part de vérité ».

Laissons la parole à l’auteur qui nous explique que :
« Le titre « Clair-obscur », établit un parallèle entre le sens de ce mot, désignant un mode de distribution entre les lumières et les ombres, se référant aussi aux notions d’incertitude et d’ambiguïté, et la période des années 1940-1945 : époque d’obscurité et de désespoir dans les premiers temps, annonciatrice d’espoirs ténus et fragiles ensuite, porteuse d’une incertaine clarté.

Précédents romans : « Le Viaduc de la violence », « L’embellie », « Pour des millions de voix », « Amère maturité ».

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Emmanuèle Baudouin 10/02/2016 05:32

Ça donne envie de le lire! Je parle de Clair-obscur.

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