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A Domi-mots

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Merci aux maisons d'éditions qui me font confiance en me proposant des partenariats et aux auteurs qui m'adressent leurs derniers ouvrages. Chaque chronique est partagée sur mes comptes Facebook, Babelio et Twitter


Le bout du monde de Marc Victor, Ed. JCLattès

Publié par Dominique84 sur 3 Mars 2016, 15:59pm

Catégories : #Mes lectures

Le bout du monde de Marc Victor, Ed. JCLattès


C'est l'histoire de deux jeunes hommes qui vont parcourir le monde à la recherche d'eux-memes. "C'est l'histoire d'un vagabondage, d'une errance, d'une quete initiatique".


Le Bout du Monde, c'est le restaurant à la mode, le lieu où l'on se retrouve pour tromper l'ennui, se libère à coups de rasades onéreuses, de commérages mondains, où l'on noie son spleen et sa nostalgie dans les vapeurs de l'alcool servi par le maitre des lieux, Pascal. Baroudeur et aventurier, Pascal avait été autrefois correspondant au Cambodge, avait rencontré myriade de chefs d'état et s'était posé en 2002 à KABOUL pour faire de l'humanitaire. C'est ce qu'il avait dit mais il savait au fond de lui que c'était parce que sa carrière de journaliste était dans une impasse et que sa vie sentimentale était au calme plat que l'humanitaire avait été sa seule issue.

En 2006, il avait décidé de s'enrichir à Kaboul et avait ouvert Le Bout du Monde.
Situé dans un quartier résidentiel à l'écart du centre de la capitale, le Bout du Monde est un petit oasis dans cette ville sous protection de l'OTAN. Pascal avait pourtant réalisé quelques installations de sécurité comme les vieux cerbères à l'entrée chargés de passer au détecteur à métaux toute personne désireux de pénétrer dans le restaurant. Pascal n'était pas dupe que ces mesures de protection ne seraient pas efficaces en cas d'attaques terroristes mais cela faisait le meilleur effet sur sa clientèle. "Le Bout du Monde était un mirage dans la capitale afghane desséchée".
Pour le seconder, il y avait le fidèle Enyat qui avait survécu à 15 ans de communisme, à la guerre civile et enfin au régime des talibans. Les affaires étaient florissantes mais Pascal commençait à tourner en rond quand une amie, consultante en mission pour la Banque Mondiale le fit sortir de sa torpeur en lui annonçant la disparition de son ami d'enfance Corto. Ancien reporter de guerre, Corto da Costa avait débarqué dans sa vie quelques 30 années plus tot. Des reves plein la tête, ils s'étaient lancés tous deux dans la grande aventure de l'humanitaire. "Pour ma part, j'étais prêt, plein d'une fraicheur inespérée, décidé à mener un combat de plus, me consacrer à l'aventure décisive d'une cause... mais surtout au service de mon désir profond de vivre plus intensément".

Ils avaient découvert à Kaboul que les Afghans ne se méprennaient pas sur les motivations réelles des humanitaires. A leurs yeux, ils étaient "probablement comme des chômeurs dans nos pays d'origine. Ils nous voyaient comme des immigrés, alors que nous nous étions habilement attribué un nom plus chic = expatriés".

Les fondamentalistes avaient gouverné de 1996 à 2001 laissant un pays dévasté. Kaboul s'était reconstruite et regorgeait maintenant de journalistes, d'aventuriers chics, intellectuels tout-terrain, artistes en quete d'un petit quelque chose en plus, un supplément d'ame, si possible photogénique".
Pour expliquer la disparition de Corto, chacun y allait de sa théorie. Etait-il un agent à la solde des Américains ? S'était-il converti au soufisme ? A moins qu'il n'ait été rattrapé par le Colonel Juju qui l'accusait d'avoir violé sa fille ?


La disparition de Corto agit sur Pascal comme un tsunami. Il se retourne sur son passé, ses souvenirs, l'heure du bilan est arrivée pour lui. "Le voile d'insouciance qui nous avait aveuglé quant à la réalité du pays, à ses violences et à ses dangers se déchirait peu à peu".


A travers les pérégrinations de Pascal et Corto, l'auteur nous décrit un monde implacable où le rêve se confronte à la dure réalité des choses et de l'histoire, égratignant au passage et de façon cocasse parfois, la faune occidentale parachutée dans l'humanitaire pour des raisons quelquefois peu louables.
"Chez nous, nous avons oublié la violence de l'Histoire. Le réveil va être cruel = des mondes anciens, barbares, vont ressurgir, des puissances économiques et militaires vont écraser nos petits conforts, nos protections dérisoires. Tout n'es plus que compétition, bassesse, spoliation... La vulgarité est généralisée, les sentiments primaires et le langage en décomposition... Rien ne sera épargné par les évolutions brutales du monde».

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