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A Domi-mots

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Merci aux maisons d'éditions qui me font confiance en me proposant des partenariats et aux auteurs qui m'adressent leurs derniers ouvrages. Chaque chronique est partagée sur mes comptes Facebook, Babelio et Twitter


Collection Incipit des Éd. Prisma. F. Bégaudeau et Gonzague Saint Bris

Publié par Dominique84 sur 23 Avril 2016, 07:34am

Catégories : #Mes lectures

Collection Incipit des Éd. Prisma. F. Bégaudeau et Gonzague Saint Bris

La collection Incipit a pour ambition de regrouper plusieurs volumes racontant chacun une "première fois historique, universelle, sans rapport direct avec l'auteur".
Les 2 premiers titres sont "L'Ancien Régime de François Bégaudeau et "Un ruban de reve" de Gonzague Saint Bris. Les auteurs y proposent leur vision de l'histoire en créant une histoire à partir d'un thème choisi. "Incipit" a pour définition les premiers mots d'un texte, ceux par lesquels l'auteur et le lecteur se rencontrent pour la première fois. Cette collection illustrée par des dessinateurs de renommée est un véritable exercice de style auquel vont se preter de grands auteurs tels que par exemple Nicolas Rey, Philippe Besson, Eliette Abécassis, Joy Sorman entre autres, 20 titres sont déjà programmés pour les deux premières années de collectio
n.

François Bégaudeau s'est inspiré de l'entrée de la première femme à l'Académie française, Marguerite Yourcenar. C'était le 6 mars 1980, un événement qui fut intensément médiatisé à l'époque, tant il faisait figure de révolution. Cela faisait près de 345 ans que pour des motifs moraux, politiques, religieux et sociétaux, les femmes étaient interdites d'accès à l'Académie. En 1893, le Duc d'Aumale avait alors trouvé une parade infaillible pour expliquer cette exclusion "Les femmes ne sont pas éligibles, puisqu'on est citoyen français que lorsqu'on a satisfait à la conscription" !

Il faut remonter à Richelieu qui, pour unifier le pays décida une fois pour toutes d'éradiquer le patois pour imposer le françois. Mais le Mal-Parler se peut s'il existe un Bien-Parler et pour inventer l'un, il fallait inventer l'autre, inventer la règle pour inventer l'incorrection.

Fondée en 1634, officisalisée par Louis XIII, l'Académie Française ouvrit ses portes à 40 membres investis de la lourde responsabilité de rédaction d'un dictionnaire.

Tour à tour malmenée et honorée par l'histoire, l'Académie a survécu jusqu'à ce jour. Elle est toujours en charge de statuer sur les règles orthographiques et grammaticales du bien parler.
L'admission de Marguerite Yourcenar ne fut pas sans mal. Les Mémoires d'Hadrien venait de paraitre et ce texte fort, voire viril fit pencher le débat. "Elle était l'homme idéal pour ouvrir une période transitoire, un moratoire reconductible à l'infini avant l'avènement d'une véritable mixité. L'ère du patriarcat paritaire débutait".
Ecrit dans un style cocasse et bien souvent caustique, ce que j'appellerais un "traité" est aussi divertissant qu'instructif. Bravo à l'auteur et bonne lecture !

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Après l'Académie Française, passons à une autre Institution, touchant cette fois aux arts et métiers, récompensant chaque année des artistes du monde entier, le Festival de Cannes.


Gonzage Saint Bris nous invite sur le tapis rouge de la Croisette avec en préambule une phrase de Jean Cocteau "Le cinéma est l'écriture moderne dont l'encre est la lumière" et revient sur la création de cette manifestation en 1939 dans le but d'éclipser la Mostra de Venise chapeautée par Mussolini et Hitler. Louis Lumière en personne devait en être le Président. Pour les raisons que nous connaissons, ce festival fut annulé. Il fallut attendre 7 années pour qu'il se déroule comme prévu, sur la Croisette mais au Casino, le Palais ne fut construit qu'un an après. Ce sera le Ministre de la Production Industrielle qui ouvrira les marches en annonçant la formule consacrée "Je déclare ouvert le 1er festival de l'Agriculture", un lapsus qui lui vaudra bien des moqueries !

Alors qu'en Allemagne se tient le procès de Nuremberg, que l'Europe tente d'oublier les horreurs des années passées, l'heure est à la fête en ce jour du 20 septembre 1946. Sur la fameuse Croisette, les stars, les monstres sacrés du monde entier et les starlettes prêtes à tout pour se faire remarquer se croisent et attirent une foule en délire. Il faut dire que la mode est à ce petit bout de tissu qui est loin de faire l'unanimité et qui doit son nom à l'atoll voué aux expériences atomiques des Américains, le bikini.


Ce festival était le symbole de la renaissance de la France. "A travers cette vitrine, la France était en train de reconquérir sa place dans le monde de l'art, de la mode, de la gastronomie et de l'image" déclara Philippe Erlanger, historien et chef des Echanges Artistiques au Ministère des Affaires étrangères mais aussi et surtout celui sans qui le festival n'aurait pas vu le jour.

Gonzage Saint Bris nous livre ses souvenirs dans le détail et nous fait ainsi reconsidérer cette manifestation jugée trop vite futile sous un autre jour en lui donnant ses lettres de noblesse. Une lecture encore une fois tout aussi divertissant.

Collection Incipit des Éd. Prisma. F. Bégaudeau et Gonzague Saint Bris

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