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A Domi-mots

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Julien Dufresne Lamy “Deux cigarettes dans le noir” Belfond Pointillés

Publié par Dominique84 sur 22 Janvier 2017, 17:13pm

Catégories : #Belfond

A travers les chorégraphies de Pina Bausch, Clémentine s’ouvre à la vie, s’échappe de la cité lugubre où elle rentre chaque soir après sa journée à l’usine. Barnabé qu’elle finira par appeler Pina, est son phare. Il est tout ce qui la retient à la vie, lui donne la direction. Ce petit être fragile à qui elle a donné vie, lui redonne toute la sève nécessaire pour vivre à son tour. Elle s’y accroche comme elle s’accroche à Pina Bausch. Elle a écumé tous les documents disponibles la concernant, elle sait tout d’elle, elle s’en nourrit, Pina l’aide à vivre alors qu’elle est persuadée qu’elle lui a ôté la vie. “Pina me montre l’horizon” dit-elle


Alors, comment une jeune femme dont la vie n’est pas un conte de fées certes mais pas non plus aussi misérable au point de perdre le fil ténu qui la tient hors de l’eau, voit sa raison s’égarer.

Le roman nous conduit dans les méandres de sa pensée malade, dans sa quête obsessionnelle vers cette célèbre chorégraphe qui est considérée comme l’une des principales figures de la danse contemporaine et du style danse-théâtre. 


Le titre du roman fait référence à un des ballets créés par la chorégraphe, une fumeuse invétérée qui décéda en 2009 à l’âge de 68 ans d’un cancer généralisé. Mais Clémentine est persuadée qu’elle est responsable de sa mort, elle a heurté quelqu’un dans la nuit, au volant de sa voiture, alors qu’elle partait pour la maternité, les contractions se faisaient déjà sentir, elle n’a rien vu, juste senti le choc et vu une cigarette se consumer sur le sol.
Dans un long monologue, l’auteur incarne cette jeune femme à la dérive, ses rêves déçus, ses aspirations refoulées, ses peurs, son abandon. Deux biographies s’enchevêtrent dans le roman, celle de Pina Bausch et celle de Clémentine qui en s’identifiant peu à peu à elle, nous dirige dans la voie sans issue qu’est sa vie.
L’auteur écrit avec une maîtrise époustouflante ce double parcours de deux femmes à la destinée si différente mais aux origines si ressemblantes. Il aborde avec une précision rare et surprenante les souffrances de l’enfantement, la maternité, la danse, la passion. Il maîtrise sa narration  jusqu’à la toute fin imprévisible.
C’est un roman qui marque, qui interpelle et c’est un jeune auteur (tout juste 30 ans) dont on entendra parler dans l’avenir. 

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Macold 22/01/2017 23:08

Imprévisible. Ainsi est la sensibilité...

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