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A Domi-Mots.

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Merci aux maisons d'éditions qui me font confiance en me proposant des partenariats et aux auteurs qui m'adressent leurs derniers ouvrages. Chaque article est partagé sur ma page Facebook et diffusée chaque semaine sur les ondes de RCF Vaucluse au cours de l'émission consacrée à l'actualité littéraire "Au hasard des livres".


Philippe Randa “Weidmann Le tueur aux yeux de velours” French Pulp

Publié par Dominique84 sur 15 Janvier 2017, 22:14pm

Catégories : #Mes lectures, #Editions French Pulp

On ne parviendra jamais à cerner la véritable personnalité de Weidmann, surnommé le tueur aux yeux de velours qui fut le dernier condamné guillotiné en place publique, c’était à Versailles le 17 juin 1939, Weidmann avait à peine 31 ans.

L’auteur retrace la vie de cet homme, issu d’un milieu bourgeois allemand, élevé “à la dure” par ses grands-parents après le départ de son père du foyer familial, Eugène Weidmann connaîtra plusieurs séjours dans les maisons de corrections dès l’adolescence.

Pour avoir commis plusieurs méfaits, il sera emprisonné et ensuite expulsé en 1932 du Canada où il s’était installé quelques années plus tôt. De retour chez les siens, il se fera offrir une voiture par sa mère prétextant créer une société de taxi. Ce sera une couverture pour commettre ses larcins. Il a notamment l’intention de kidnapper un riche héritier mais il échouera, sera arrêté et condamné à 6 ans de prison. C’est là qu’il fera deux rencontres capitales pour l’issue fatale de sa destinée, celle de deux Français incarcérés pour trafic de devises.

 

Bénéficiant d’une remise de peine pour bonne conduite, Weidmann part les rejoindre à Paris, ceux-ci ayant été libérés avant lui. On assiste alors à une véritable escalade criminelle. Les 3 complices et la maîtresse de l’un d’eux vont se "spécialiser" dans les enlèvements. Weidmann met à son profit son physique avantageux et son pouvoir de séduction pour attirer les victimes. Au total 6 personnes se feront piégées par cette bande démoniaque qui assassine froidement leurs otages après les avoir dépouillés.

 

En théorie, au vu de son casier judiciaire, Weidmann n’aurait jamais dû franchir la frontière franco-allemande mais on sait qu’il a obtenu un passeport par la Gestapo.  Après son arrestation, Weidmann sera suspecté d’intelligence avec les nazis. On le soupçonne d’être un espion à la solde de La Gestapo pour les renseigner à propos des opposants en France au régime nazi.

 

Weidmann restera muet à ce sujet et avouera ses crimes avec une indifférence et une froideur terrifiantes. Les motivations exactes des crimes ne seront jamais vraiment claires, sadisme, peur que les otages ne le reconnaisse ensuite, obéissance aux nazis ? Son impassibilité, son regard doux et lointain, sa façon d’être absent lors de son procès, totalement indifférent à la peine qu’il encourait, les photos de son arrestation que la presse publia durant le procès firent en sorte qu’il devint célèbre et fascina littéralement le public.

 

Qualifié de “dégénéré supérieur” par les psychiatres, Weidmann sera guillotiné le 17 juin 1939 devant la place publique devant une foule en délire, selon les dires de la presse. Afin d' éviter à nouveau ce genre de mouvement de foule qui donnait une mauvaise image de la France à l’étranger surtout en période troublée d’avant-guerre, Edouard Daladier, Président du Conseil, va interdire les exécutions publiques. C’est ainsi qu’Eugène Weidmann entra à sa façon dans l’histoire de la justice française.

Philippe Randa auteur de nombreux romans de science-fiction, de policiers et d’espionnage explore ici toutes les pistes des motivations de l’énigmatique Weidmann dans cette biographie romancée et bien documentée.

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