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A Domi-mots

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Merci aux maisons d'éditions qui me font confiance en me proposant des partenariats et aux auteurs qui m'adressent leurs derniers ouvrages. Chaque chronique est partagée sur mes comptes Facebook, Babelio et Twitter


Pietro Bartolo Lidia Tilotta "Les larmes de sel" JCLattès

Publié par Dominique84 sur 18 Mars 2017, 14:36pm

Catégories : #Mes lectures, #JCLattès

Pietro Bartolo,  accueille depuis plus de vingt-cinq ans les milliers de migrants qui affluent sur cette petite île de 30 km2 plantée au coeur de la méditerranée, à 113 km de la Tunisie et 205 de la Sicile, l’île de Lampedusa. Il livre dans cet ouvrage un poignant témoignage de son quotidien semé de tragédies car s’il est le premier à soigner les migrants qui débarquent par milliers, il est aussi le premier à confirmer qu’ils n’ont pas survécu.

C'est le hasard qui a choisi Pietro Bartolo pour faire des études et ainsi quitter sa famille, il a en effet été tiré au sort parmi ses 6 frères et soeurs. Il  deviendra gynécologue et reviendra pour s'installer sur son île en 1980, Lampedusa ne disposait alors d’aucune structure de santé.

Cet homme maintenant âgé de 60 ans y connaîtra un destin hors norme jalonné de joies, de bonheurs, de tragédies et de drames. 

  •  “Soigner les blessures du corps, voilà mon travail. Faire de mon mieux pour alléger les douleurs. Mais ce qui continue de me chagriner, c’est de ne pas avoir les outils pour soigner les blessures de l’âme”. 

Fils de pêcheur, il connaît ces larmes de sel :

  • “je les vois sans cesse sur les visages des malheureux qui ont erré en mer, pendant des jours, à la merci des flots. Chaque fois fois, je repense à mon père. Car nous sommes tous les enfants de la même mer” raconte-t-il.

 

Lidia Tilotta a rassemblé pour lui ses souvenirs, mêlant souvenirs intimes et familiaux aux souvenirs d’homme engagé qui depuis 1991,  a vu accoster le premier navire de fortune.

  • “Parfois j’ai peur de ne pas tenir. De ne pas être capable de supporter ces cadences, mais surtout de ne pas supporter tant de souffrance, tant de douleur. Beaucoup de mes collègues, pourtant, sont convaincus que je me suis habitué, que pratiquer des autopsies est devenu une routine. Ce n’est pas le cas, on ne s’habitue jamais aux enfants morts, aux femmes décédées après avoir accouché pendant le naufrage, leurs bébés encore accrochés à elle par le cordon ombilical. On ne s’habitue pas à l’obligation dégradante de couper un doigt ou une oreille afin d’en extraire de l’ADN et de donner un nom, une identité, à un corps sans vie pour lui éviter de rester un numéro. Chaque fois que vous ouvrez un sac vert, c’est une première fois. Car chaque corps témoigne de la tragédie d’un voyage interminable”. “Si on ne fait rien, ce sera pire que les camps de concentration… Mourir de la guerre, ce n’est pas pire que mourir de la faim”. dit-il.


Depuis le succès du film Fuocoammare réalisé par Gianfranco Rosi et ours d’Or à Berlin, Pietro Bartolo court la planète pour alerter sur le sort de tous ces migrants, la sortie de ce livre traduit en 5 langues y contribuera encore plus.

  • “ Ils m’ont tant donné. Nous pouvons tous faire quelque chose. En les aidant, nous nous aidons nous-mêmes. Arrêtez de construire des murs”.

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