Publié le 27 Avril 2011

    

Jakob Kemper, fils de fabricant de brosses dans la petite ville de l'ex-Allemagne de l'Est, s'est toujours passionné pour la musique. Refusant d'entrer dans l'entreprise paternelle, il s'est essayé en vain  à diverses professions ayant trait à la musique, d'abord comme compositeur puis comme chef d'orchestre. A chaque fois, cela s'est terminé par de cuisants échecs. Même sa vie sentimentale est un désastre. Trop grand, trop maigre, trop timide et solitaire, Jakob s'est réfugié dans la musique, elle le comble mais il ne réussit pas à faire reconnaître son talent dont il ne doute pas une seule seconde. Depuis toujours il voue une véritable passion pour les grandes orgues de l'Eglise Saint-Wenceslas à Naumburg dont il est l'organiste. Il peut à loisir jouer les oeuvres de son compositeur favori, Jean-Sébastine Bach.

Un soir de Noël 1992, il découvre à l'intérieur de l'instrument en fort mauvais état, un sac comprenant des effets personnels datant d'au moins 2 siècles, une perruque, une pipe et le manuscrit d'un oratorio sur l'Apocalypse de Saint Jean. Cette partition autographe aurait été écrite par Jean-Sébastien Bach lui-même, à la fin de sa vie.

Cette partition va bouleverser sa vie. Il s'improvise alors musicologue et va n'avoir de cesse de faire reconnaître et authentifier cette partition. Jakob Kemper rêve alors de gloire, de reconnaissance, il va pouvoir prendre sa revanche sur la vie, sur les autres pour qui il est transparent. Il sera le dépositaire du manuscrit du plus beau morceau composé par Jean-Sébastien Bach, une oeuvre magique, c'est la gloire assurée.

Mais encore une fois le sort s'acharne sur ce pauvre Jakob....

Un roman que les amateurs de musique classique, notamment de Bach apprécieront ; sa lecture est cependant facile et distrayante  grâce  à une écriture stylée et harmonieuse, où humour et ironie sont au rendez-vous.

 

 

 

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Rédigé par Dominique84

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Publié le 25 Avril 2011

Septième et petit dernier d'une fratrie, bruno de Stabenrath a un rêve, un rêve de gloire et de grandeur. Lui qui est affublé d'une petite taille, lui qui se voit transparent aux yeux de ses parents, lui qui vit cela comme une punition divine, rêve seul dans sa chambre d'adolescent d'une vie d'aventures, de joies faciles, d'une vie où l'argent coule à fot. Au-dessus de son lit, il a scotché un poster de James Dean, qu'il adule, vénère. Il représente tout ce dont il apsire, la liberté, la vitesse, les belles femmes, l'argent et la célébrité. Pourquoi pas lui ? Il rêve de devenir acteur, de fuir sa vie monotone au sein d'une famille traditionnaliste et ennuyeuse, de fuir un destin qui lui semble tout tracé. Au lieu de s'inscrire au conservatoire de musique, il brave l'interdit est toque à la porte d'â côté, la porte d'un cours d'art dramatique. C'est en cachette de ses parents qu'il va y suivre assidument les cours. Il est le plus jeune, il n'a pas l'âge requis pour participer aux auditions, mais un jour, son destin bascule. Il ose s'imposer le jour d'une audition, personne n'y croit et surtout pas lui, c'est bien pour cela qu'il a osé. Est-ce pour cela qu'il est remarqué ? Son naturel va le faire sortir du lot, on va lui donner son premier rôle. Sans trop réfléchir, il accepte, il ne connaît pas le cinéaste qui lui offre la chance de sa vie, cet homme n'est autre que François Truffaut lui-même, l'un des plus grands cinéastes de son temps. Avoir un rôle c'est avant tout changer de vie, changer le regard que les autres portent sur lui, ses professeurs, ses copains d'école, il n'est plus le cancre que l'on ignore. Le film a pour titre "L'argent de poche", Bruno colle exactement au rôle, il va devenir le nouveau Jean-Pierre Léaud à qui on le compare déjà, et qu'il ne connaît meme pas. Grâce à ce film, il va tout apprendre, il a tout à apprendre d'ailleurs, c'est l'apprentissage de la séduction, de la gloire. Il n'a qu'un maître en la matière, François Truffaut, à qui il voudrait tant ressembler, dont il voudrait être le clone. Le septième art est pour lui la 7ème merveille du monde, cette aventure lui ouvre les portes de l'inconnu, de l'amour. Son coeur va battre la chamade pour Eva, cette jeune femme aussi séduisante qu'insaisissable, Eva qui est la propre fille de François Truffaut.

A la lecture de la 4ème de couverture, j'ai cru, à tort, que l'auteur nous convierait à sa découverte (peut-être inédite) du grand cinéaste qu'était François Truffaut, de l'homme qu'il fut dans l'intimité, de la passion qui l'animait, du cinéma. Je reste sur ma faim, et persiste à penser qu'il est inutile de lire les 4èmes de couverture, souvent mensongères ou faussement prometteuses. N'est pas acteur ou comédien qui veut. Cinéphiles ou amoureux des belles lettres s'abstenir.

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Rédigé par Dominique84

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Publié le 22 Avril 2011

Céleste avait rencontré Paul à l'Université. Elle avait 23 ans et suivait des cours de philosophie dispensé par Paul. Paul la fascinait, non seulement il était un bel homme mais il avait une façon toute particulière pour enseigner, ses élèves restaient suspendus à ses lèvres, dans un silence académique. Ils devinrent rapidement amants. A 48 ans, Paul Maillard pensait avoir assez vécu pour savoir ce qu'était l'amour, avec Céleste il apprit à vivre tour à tour l'éblouissement, la frustration, le bonheur, la tristesse, la joie, le bouleversement, la vie chamboulée, le tumulte intérieur. Après 3 ans de liaisons plus charnelles qu'amoureuses, Céleste le quitta sans mot dire, du jour au lendemain. Paul changea de vie, partit aux USA, tenta d'oublier Céleste comme il put. Aujourd'hui Paul est revenu, il se sait atteint d'une maladie incurable et le peu qui lui reste à vivre, il veut le vivre avec Céleste. La certitude d'une mort annoncée lui donne le courage nécessaire pour appeler Céleste. Quinze ans se sont écoulés depuis leur dernière rencontre, Céleste a refait sa vie, elle est mariée, mère de trois enfants. Elle accourt à l'appel de Paul, elle l'aime toujours, s'arrange pour laisser ses enfants chez sa soeur, ment à son mari et rejoint Paul dans sa maison de campagne. Cet intermède de quinze ans n'a rien changé à l'amour qu'ils ressentent. Paul, malgré les assauts violents de sa maladie, la souffrance qu'il endure n'a rien perdu de sa superbe aux yeux de son ancienne maîtresse. Tous deux vont revivre leur passé, leur histoire d'amour durant ces quelques jours de huis clos. Rien n'a changé pour eux, leur amour si fort, si tendre a continuer à vivre dans leur coeur, à leur insu.

Céleste finira-t-elle par accepter cette fois cette dépendance affective ? Les années nous changent-elles ? Le sentiment amoureux évolue-t-il ? C'est à toutes ces questions qu'Isabelle Jarry tente de répondre au travers de son personnage féminin, Céleste. Un livre qui parle d'amour, de désir, de plaisir, de passion, de séparation, de la mort et de la vie. J'ai eu l'impression de tourner en rond à la lecture de ce roman, l'irrémédiabilité m'irrite mais le "je t'aime mais je dois te quitter" m'horripile encore plus. J'ai cependant bien aimé "écouter" la belle romance avec son pêcheur vietnamien que Céleste, la si sensuelle Céleste, raconte à Paul, un épisode vivifiant au milieu des autres pages... moribondes !

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Rédigé par Dominique84

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Publié le 20 Avril 2011

  

Seule dans sa chambre d'hôtel, Ingrid Dreyer se prépare pour une soirée. Face au miroir, elle contemple son reflet ; elle est une jeune femme de 48 ans, libre et encore belle, une jeune femme qui a su s'imposer dans sa profession d'architecte, une jeune femme qui ce soir est bien décidée à prouver à ce monde d'hommes d’affaires qu'elle peut être aussi une femme. Ce soir elle est sur le point de se voir confier un chantier d'un demi-milliard.

Mais le téléphone sonne, et c'est tout le château de cartes qui s'effondre. Son fils Jonas, jeune ado vient d'être arrêté pour coups et blessures sur un jeune immigré. Elle annule illico sa soirée, quitte l'hôtel et prend le premier vol pour Copenhague. Tout à coup un sentiment de culpabilité et d'impuissance l'assaille. Sensible, doux et raisonnable, Jonas était l'enfant idéal, son divorce avait amorcé un changement dans sa personnalité, à leur insu. Celui qui semblait s'être résigné, gardait en lui la douleur de la séparation.

C'est le début d'une introspection, Ingrid va se pencher sur son passé durant ces quatre jours, comme une recherche du temps perdu.  Le roman est une sorte de radiographie de sa vie d'enfant, de femme, de mère. Les questions se bousculent dans sa tête, « A quoi est-ce que cela rime lorsque l'enfant que l'on a aimé, choyé, protégé se métamorphose en petite brute butée ? »

Pourquoi a-t-elle quitté son mari pour un homme de vingt ans son aîné qui lui dit ne jamais pouvoir quitter sa femme ? Est-elle faite pour l'amour ? Est-elle vraiment aimée de son amant ? A-t-elle su aimer son enfant ? Est-elle la cause de ses mauvais choix dans la vie ? Sa mère, journaliste férue de célébrités ou sa grand-mère, femme de lettres réputée qu'elle adulait, n'auraient-elles pas été le terreau de ses infortunes ? Ce manque d'affection dans l'enfance serait-il responsable des tumultes affectifs à l'âge adulte, condamnerait-il à ne pas savoir aimer ? Elle se retrouve dans sa mère et sa grand-mère, "elle n'a pas l'impression de voir 3 générations, plutôt des stades différents de l'âge, du vieillissement, de l'impuissance". Elle revisite son passé pour tenter de comprendre comment elle en est arrivée là. Elle se souvient de tous ces événements qui ont jalonné sa vie, tous ces faits et actes que l'on chasse pour continuer à vivre, mais qui restent pourtant ancrés en nous et gouvernent notre vie à notre insu.

Superbe roman sur le sentiment humain, la responsabilité que chacun porte en soi de la vie des êtres qui nous entourent, l’importance de la responsabilité parentale dans l’éducation d’un enfant. Un roman de femmes écrit sous la plume sensible d’un grand écrivain amoureux des femmes, qui précise avoir situé son roman au mois de mars « parce que la lumière de mars est marquée par une clarté presque cruelle avec des ombres presque trop distinctes ».

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Rédigé par Dominique84

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Publié le 17 Avril 2011

   

Emmi et Léo avait noué une relation via internet. Depuis des mois, ils s’écrivaient, échangeaient leurs points de vue, se confiaient, se découvraient. Les mails devinrent de plus en plus tendres, ils finirent par s’aimer, d’un amour fort, d’un amour qui tend vers l’absolu.  Ils convinrent, afin de préserver cet amour inédit, cette part de fantasmes, de ne jamais se rencontrer, de n’avoir aucune relation physique et n’envisager aucun avenir. Mais un jour, Léo disparut, la vie d’Emmi reprit son cours monotone entre son mari et ses deux enfants. Dénouement trop triste pour une histoire qui a passionné les lecteurs de « Quand souffle le vent du Nord ». « La septième vague »  est le deuxième volet des relations épistolaires d’Emmi et Léo, personnages attendrissants, émouvants qui se lancent cette fois à corps perdu dans cette relation amoureuse que la raison qualifie de sans issue. Une seule façon d’en finir, de donner à leur histoire un digne épilogue, celle d’enfin se rencontrer. Ils gagent que le charme n’opèrera plus, que cette rencontre fera voler en éclats leur fantasme d’idéal.

 

Mais, la passion fait fi de la raison…  

 

Extraits :

  « Tu es la seule femme à qui j’écris, à qui j’écris comme cela, comme je suis, comme j’en ai envie. Tu es mon journal. Mais tu ne te tiens pas tranquille comme un journal, tu ripostes, tu me contredis, tu me troubles. Tu es un journal avec un visage, un corps.Quand je t’écris, je t’attire tout près de moi » « Quand tu m’écris, chaque syllabe a ton regard »

« La septième vague est imprévisible. Elle est longtemps discrète, elle participe au déroulement monotone, elle s'adapte à celles qui l'ont précédées. (…) Elle balaie tout sur son passage, remet tout à neuf. Pour elle, il n'y a pas d'avant, mais un maintenant » p.226   

 

AAAAAAAAAAAAhhhh  quand l’amour cent mails….

 

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Rédigé par Dominique84

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Publié le 13 Avril 2011

C’est à une véritable descente aux enfers que nous convie Iain Levison avec l’histoire de Jeff, conducteur de taxi à Dallas. Sa vie va basculer en un seul jour, un jour qui fait regretter de s’être levé, d’être parti travailler, d’avoir pris une dernière course.

C’était un mardi, juste après 6 h. une cliente monte dans son taxi, il la conduit jusqu’à chez elle, lui demande de rentrer chez elle, le temps qu’elle aille lui chercher l’argent de la course. Jeff attend dans la cuisine, il pense à sa journée bien remplie, à son travail de taxi, à celui qu’il faisait avant, poseur de fenêtres. Par réflexe il observe celle de la cuisine, l’ouvre juste pour la tester.

Un geste de trop ! Le lendemain, tout bascule. Les policiers font irruption chez lui, le menottent, le mettent en garde à vue. Il apprend qu’il est accusé de kidnapping. On a retrouvé ses empreintes sur le lieu du crime, il ne lui reste plus qu’à avouer. Jeff a bien déposé une jeune femme à cette adresse, il a bien ouvert la fenêtre de la cuisine mais n’a rien à voir avec l’enlèvement de cette fillette. Comment prouver alors son innocence ? Tout l’accuse, on l’a même vu nettoyer son taxi en rentrant chez lui. Pourquoi, si ce n’est pour effacer les traces de la fillette ? Pourquoi s’entête-t-il à déclarer qu’il a déposé ensuite deux étudiantes puisque sa fiche de route ne l’indique pas ? A quoi bon clamer son innocence puisque les apparences sont contre lui ? Comme le lui dira Robert, un co-détenu «Tu dois voir ça différemment. Tu n’es pas innocent jusqu’à ce qu’il soit prouvé que tu es coupable, ça marche dans l’autre sens. Il faut prouver que tu es innocent». Jeff se retrouve dans le couloir de la mort en attente de son procès, défendu par un avocat commis d’office qui se soucie peu de savoir si oui ou non il a commis le crime dont on l’accuse.

 

L’auteur s’est inspiré d’un fait divers réel pour dénoncer l’avidité et la cupidité des medias, les enquêtes bâclées pour satisfaire et rassurer le peuple au plus vite, une justice à deux vitesses selon l’argent que les avocats pourront tirer de l’affaire. C’est tout le système judiciaire qui est critiqué, une justice devenue spectacle où le présumé coupable devient malgré lui un héros, peu importe qu’il soit coupable ou innocent.Jeff écrit son journal, y note non sans cynisme, tous les travers de notre société contemporaine, ses excès, ses aberrations.

 

C’est un roman coup de poing, un roman accusateur teinté d’une bonne dose d’humour noir, un roman qui force la réflexion.. En vain.

« La télévision avec les Experts ou New York police judiciaire m’avait donné des notions irréalistes sur le fonctionnement de la police et de la justice. On devrait afficher une mise en garde sur les postes de télévision, comme il y en a sur les paquets de cigarette : Attention ! Cet appareil nuit à votre vision du réel».

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Rédigé par Dominique84

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Publié le 10 Avril 2011

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Une photo qui crée la polémique à Avignon, celle du photographe Andrès Serrano, artiste new-yorkais d'origine haïtienne.

Ce cliché représente le Christ en croix plongé dans l'urine de l'artiste. Des affiches de cette photo, appelée "Piss Christ" sont exposées dans les rues de la ville pour illustrer une exposition intitulée "Je crois aux miracles" à l'occasion de la célébration des dix ans de la collection Lambert.

Datant de 1987, la photo a nourri la polémique dans tous les pays où elle a été exposée, notamment aux USA et en Australie malgré la revendication d'un geste mystique de la part de l'artiste. Les Catholiques d'Avignon soutenus par l'archevêque du diocèse ont lancé une pétition pour que soit retirée cette photo de l'exposition et des lieux publics. Le directeur de la collection Lambert a tenu à expliquer ; "Il faut reprendre le contexte d'une oeuvre qui a été faite en 1987 au moment du sida aux Etats-Unis et qui reprenait une thématique un peu médiévale de ce que l'on appelait les humeurs du corps, le sang, la sueur, l'urine, les larmes"  (photos à voir

"L'art est fait pour troubler. La science rassure."avait écrit Georges Braque,

mais la provocation pure est-elle en soi un art ?

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Rédigé par Dominique84

Publié dans #La Provence de Domi

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