Publié le 29 Septembre 2012

Image and video hosting by TinyPic 280 p. 17 €

Il n'avaitque la quarantaine quand sa femme a foncé sur lui au volant de sa  voiture et l’a écrasé. Aujourd’hui, enterré au cimetière de Bobigny, il se livre à une sorte d’introspection.

Comment en est-il arrivé là, lui le correcteur nihiliste, passionné des mots, exilé politique après la prise de pouvoir des Nord-Vietnamiens en 1975 ? Il avait tout laissé derrière lui, sa mère qui a économisé sou après sous pour lui offrir une nouvelle chance de vie en France, ses souvenirs, Puis, il avait rencont'é Lou, petite Bretonne devenue au fil des ans jalouse, excessive, autoritaire et avec qui il a eu une fille, Laure, jeune adolescente aux prises avec la rébellion de son âge.

Dans le silence de la mort, Van fait un flash back sur sa vie sentimentale, familiale et professionnelle. Lui qui aurait pu devenir un brillant universitaire, a préféré travailler dans l’ombre comme correcteur dans les maisons d’édition.

Alors que son mariage bat de l’aile, il rencontre Ulma, la belle Ulma qui, on l’apprendra plus tard est la cause indirecte de sa mort.

 

« Il lul lui fallait du nouveau, quand notre vie conjugale n’engendrait que du déjà vu. Il lui fallait du l’insolite qui l’aurait régénéré. La lettre d’Ulma, coup de tonnerre dans un ciel apparemment serein, le contraignait à sortir de sa coquille ».

 

Mais qui est cette Ulma ? Quels sont les véritables liens qui l’unissent si étroitement à elle ? Van lui-même ne se l’explique pas

 

« Je n’aurais pas aimé Ulma avec cette passion frénétique si elle n’avait pas été révélatrice de ce qu’il y a de plus obscur en moi. (…) Nous étions comme deux fragments d’un même vase qui s’ajustaient merveilleusement l’un à l’autre (…) L’aimer, c’était pour moi qui m’étais toujours senti en exil, me découvrir une patrie, n’être plus étranger en phase avec personne ».

 

Tour à tour, chacun des personnages devient le narrateur de cette histoire, confiant leur ressenti comme dans un journal intime partagé. C’est un roman à quatre voix sans aucun dialogue puisqu’il traite de l’incommunicabilité au sein de la famille, la méconnaissance de l’autre, de l’exil sous toutes ses formes. C’est un roman sur l’appartenance à une culture, sur la recherche d'identité servi par un style épuré mais puissant. L’auteur semble insister sur la cruauté des mots, leur traitrise, leur pouvoir. Ils servent autant à aimer qu’à blesser, voire tuer. Ici, c’est la mort qui délie les langues, les mots courent sur les pages du journal intime, teintés pour certains de remords pour d’autres de tentatives d’explications. Un roman subtil, passionnant, en un mot… BEAU !

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Rédigé par Dominique84

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Publié le 28 Septembre 2012

Image and video hosting by TinyPic , 343 p.

Il fallait le talent de Jean-Marie Rouart pour trouver de l’inédit sur la biographie de Napoléon. L’auteur nous fait découvrir sa part d’humanité, sa puissance et ses faiblesses et les coulisses du pouvoir. Il revient sur des épisodes méconnus de la vie de l’empereur et nous raconte un homme aux prises avec des troubles anxieux qui peut gratter jusqu’au sang ses boutons de fièvre. Bah oui !

Un homme tout en nerf, un homme superstitieux qui se sent guidé par la main des dieux et d’un Dieu dont il confèrera à nouveau à l’Eglise la représentation, un homme à la fois solitaire et causeur, souvent désespéré, aux pensées suicidaires, presque toujours au bord du gouffre, un homme passionné vouant un amour fou et possessif pour Joséphine, un homme ambitieux, jamais ingrat avec ceux qui ont été sur sa route pour l’aider, un homme dont la vie est aussi ponctuée d’échecs et de catastrophes.

Son existence tissée à la fois d’immenses succès et de profonds échecs a fait de lui un être d’exception, toujours conscient qu’il était voué à la postérité. Il disait « On serait heureux de mourir assassiné à condition d’être César ».

Cet homme auréolé de gloire n’était qu’un petit garçon devant les femmes, devant Joséphine notamment qui le trompait éhontément, il connaissait la trahison de ses amis, sa famille se déchirait pour gagner une part du butin.

Napoléon apparaît ici à la fois comme un être fragile, romantique dans sa vie privée et maladivement soucieux de laisser une empreinte dans l’histoire du monde. Cet être de chair et de sang, considéré comme un demi-dieu exerce toujours et encore une attraction et fascination quasiment mystiques.

« Quel roman que ma vie » avait-il coutume de dire, le romancier académicien Jean-Marie Rouart lui donne raison tout comme Stendhal, Dostoïevski pour l’inspiration de leurs personnages, Julien Sorel et Raskolnikov.

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Rédigé par Dominique84

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Publié le 26 Septembre 2012

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trad. italien Fanchita Gonzalez-Batlle, 394 p. 22,50 €

Les inséparables est le deuxième volet des aventures de Léo Pontecorvo, professeur de médecine accusé publiquement d’avoir séduit la petite amie de son fils, âgée de 12 ans. Léo, homme gâté par la vie et porté par sa mère, est incapable de se battre, au contraire, il se recroqueville, s’enferme dans sa cave et sombre dans une dépression laissant ses deux fils, sa femme et sa mère dans le plus grand désarroi. C’était le thème de « Persécution » paru l’année dernière et qui a obtenu le prix du meilleur livre étranger.

25 ans après le drame qui a souillé la réputation de leur père,  les inséparables frères Filippo et Samuel se sont reconstruits, chacun à leur façon aidés de leur mère Rachel, qui elle, a ouvert un cabinet de pédiatrie et a surmonté avec courage toutes les difficultés, financières notamment.

Filippo s’est marié avec une riche héritière maniaco-dépressive, elle lui a souvent reproché sa paresse, son manque d’ambition et réagit très mal  au succès qu’il vient de remporter avec son premier long métrage, un dessin animé.

Samuel quant à lui, après de brillantes études à Londres et est devenu financier dans le commerce du coton. Ce fils-modèle s’apprête à épouser la belle-fille idéale aux yeux de Rachel puisque par amour, elle se convertit au judaïsme. Mais derrière cette façade de félicité rien ne va plus. Sa sexualité connaît quelques revers et sa carrière est compromise. Sa vie se craquelle, se fissure…

Les deux frères vont petit à peu voir leur situation s’effondrer. Plus rien ne les unit alors, si ce n’est ce passé peu glorieux qui les rattrape inexorablement. Les inséparables se muent en Abel et Caïn des temps modernes et sombrent dans le drame de la bourgeoisie, sans charme à la Buñuel.

Alessandro Piperno est magistral dans l’exploration de la psychologie des personnages, rien ne lui échappe, il détaille, il autopsie ses personnages, beaucoup trop à mon avis. Lire ce roman c’est comme écouter un bavard, il vous perd dans les détails,  il vous donne le tournis. Je n’ai ressenti aucune empathie envers ces ces deux bobos écrasés par une mère juive, et même si les dialogues sont cocasses, l’ennui m’a gagnée au fil des pages.

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Rédigé par Dominique84

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Publié le 24 Septembre 2012

Dans une petite étincelle accrochée au ciel,

J'ai vu un feu d'artifice

Grand comme un soleil.

Et depuis... Photobucket Photobucket Photobucket Photobucket Photobucket

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Rédigé par Dominique84

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Publié le 24 Septembre 2012

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Anna, Adèle, plus d’un demi-siècle sépare ces deux femmes. L’une est documentaliste, l’autre est clouée sur une chaise roulante dans une pension de retraite. Anna a pour mission de récupérer les archives de Kurt Gödel, logicien et philosophe autrichien, contemporain d’Einstein, qui travaillait à l’Institut de Recherche Avancée de Princeton. Elle part donc à la rencontre d’Adèle, la veuve du mathématicien, qui refuse obstinément de remettre ce document depuis des années.  Comment Anna parviendra-t-elle à amadouer la vieille dame revêche qui semble en vouloir à la terre entière ? Comment ces deux femmes que tout sépare peuvent-elles nouer une amitié ? L’auteur dit avoir proposé différents niveaux de lecture : « l’amour me sert de cheval de Troie, dit-elle.  C’est à la fois un roman d’amour, la genèse d’une amitié et une épopée historique et scientifique ». Si les mathématiques sont omniprésentes, elles ne rendent pas le roman hermétique. « L’idée était de faire partager ma propre passion amoureuse pour les sciences en tissant les ponts naturels entre mathématiques, physique, philosophie et histoire ; entre les trajectoires individuelles et le destin collectif », poursuit-elle. Outre le face à face savoureux entre les deux femmes, nous traversons grâce au récit d’Adèle, tout un siècle d’histoire. La montée du nazisme, l’Anschluss, la fuite des cerveaux aux Etats-Unis, la bombe H.

 

Adèle, danseuse dans un cabaret dans les années 30, n’a jamais tenté de s’intégrer au milieu scientifique que son mari fréquentait. A peine essayait-elle d’exister, " je serai, reconnaît-elle, toujours une exilée au milieu de ces génies (…) Que valaient leurs acrobaties philosophiques en regard du quotidien? ( ...) Moi, se souvient-elle, je connaissais l'ordre du temps : dans l'enchaînement des points d'un ourlet, à la vaisselle lavée et rangée, dans l'alignement des piles de linge repassé, a la cuisson parfaite d'une tarte qui embaume(...)Je croyais à cet ordre de la vie à défaut de lui donner un sens ». Face à ces génies, Adèle symbolisait le bon sens mais vouait à son mari un amour-sacrifice indestructible.

 

Mais il y a autre chose qui a fait souffrir Adèle, c’est la psychose paranoïaque dont était atteint son mathématicien de mari. « Le plus grand logicien du monde? Le roi des emmerdeurs, oui !  Fuyez les mathématiciens comme la peste!. Ils vous pressent comme des citrons, vous éloignent de tout ce que vous aimiez et ne vous accordent même pas un chiard pour compenser! ». Persuadé qu’on voulait sa mort, Kurt Gödel s’est laissé mourir de faim en 1978, pensant que sa femme faisait partie du complot et empoisonnait ses plats.

 

Cette biographie romancée plaira d’une part aux amateurs de romans historiques, aux nostalgiques, aux dévoreurs de biographies mais aussi à tous ceux qui aiment les narrations bien ficelées, aux histoires d’amour et d’amitié. C’est un magnifique hommage rendu à celle qui vécut à l’ombre d’un génie, dans le don de soi. Excellente et passionnante  lecture.

 

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Rédigé par Dominique84

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Publié le 18 Septembre 2012

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Que faire quand on a la trentaine, qu’on vit en Islande et…  que l’on vient de se faire plaquer par  un mari infidèle ? Son travail de traductrice  ne la lie à aucun emploi du temps astreignant, elle n’a pas d’enfant, elle est donc libre. Mais libre de quoi faire ? Que faut-il changer dans sa vie à part ses habitudes. Un billet de loterie va lui donner l’occasion de partir, juste pour faire le point sur sa vie. Mais sa solitude ne vas pas durer, voilà que sa meilleure amie enceinte de jumeaux, lui confie durant le temps de son hospitalisation, son petit Tumi, étrange petit bonhomme, affublé de lunettes à verre loupe, de prothèses auditives. Elle partira quand même, mais avec lui, ce qui n’est pas une mince affaire car elle n’a jamais élevé d’enfants, les fuyant presque. Tumi est disposé à la suivre dans son île noire, ce voyage sera un moyen de se découvrir, de s’apprivoiser l’un l’autre. Nous voilà embarqués dans ce voyage initiatique et heureux où la narratrice va se rapprocher de cet enfant et changer peu à peu à son contact. Elle devient une vraie mère de substitution pour Tumi, découvre que ce surdoué ignoré  l’amène à se retrouver elle-même. Ce sera l’occasion de revenir sur les blessures de son passé, à digérer le passé pour affronter une nouvelle vie d’amour et . Cette belle histoire d’une femme libre et d’un enfant prêté est touchante, émouvante. Pas un moment d’ennui durant ce voyage, l’auteur sait décrire les situations souvent cocasses, les pensées intimes avec une pointe d’humour décapant. En islandais, le roman s’intitule Pluie de novembre, L’embellie du titre français est à chercher plus loin, à la fin du roman, lors du jour le plus court de l’année : « Juste avant midi, le monde soulève sa noire couverture et le soleil fait son entrée horizontale par la fenêtre, une mince strie rose, comme la ligne ténue entre les paupières d’une femme ensommeillée ». Tumi sera le soleil de ce mois de novembre pluvieux.

 

 Souvenez-vous de Rosa Candida, magnifique roman où le héros candide s’initiait peu à peu à une vie d’adulte, une sorte de Road Movie qui a connu un grand succès. Avec ce nouveau roman, on retrouve cet amour de la vie servi par une écriture simple, touchante piquée de notes d’humour qui font que j’ai adoré !

On dit de ses romans qu’ils sont un vrai bain de jouvence littéraire et c'est vrai !

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Rédigé par Dominique84

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Publié le 14 Septembre 2012

Le rapport que le lecteur entretient avec ses livres en dit long sur sa personnalité car il ne suffit pas de penser "Dis moi ce que tu lis, je te dirai qui tu es". La bibliothèque est une mine de renseignements sur la personnalité du lecteur. Lire et ranger ses livres dans une bibliothèque, c'est s'exposer. Ma bibliothèque, bien que ne comportant aucun livre licencieux, n'est pas accessible au tout venant, seuls les intimes, les amis y sont autorisés. Mais quel bonheur alors de partager ses intérêts, ses découvertes, ses plaisirs de lecture !

Le temps des bibliothèques semble bientôt révolu, la tablette numérique arrive en force. Si elle offre un gain de place considérable,  parviendra-t-elle à nous faire oublier le plaisir des sens que nous procure un bon livre ? J'en suis moins sûre.

 

Les habitudes de lecture changent, si la tablette numérique est le cauchemar du bibliophile, il faut considérer pourtant ses atouts. Elle permet de concentrer et d’emmener avec soi et sous son bras toute sa bibliothèque, de choisir la taille de la police d’écriture, mais où est le plaisir de la sensation du papier entre ses doigts, le plaisir de feuilleter, de pourquoi pas s’éventer, de respirer l’odeur de l’encre, du papier, de corner (même s’il ne faut pas le faire), de se l’approprier, d’y laisser ses empreintes…

Dans l’hypothèse de la disparition du livre-papier, les deux auteurs de ce « vrai » livre se sont aperçus que de nombreuses situations de la vie quotidienne seraient bouleversées… du comique au tragique.  100 petites scènes de la vie quotidienne sont décrites, certaines feront sourire, d’autres provoqueront des bouffées de nostalgie… Ce sont 100 déclarations d’amour au livre. Les dernières pages du livres sont blanches, à vous d’y apposer votre point-de-vue, votre propre ressenti face à la disparition du livre ou votre déclaration d’amour au livre.

 

 

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« Feuilleter,

C’est la gourmandise pour les doigts,

Laisser les pages en l’air un moment,

Suspendues, ouvrir au hasard,

Laisser les mots se poser sur les yeux.

Feuilleter, c’est chercher sans astreinte

La phrase qui nous parle,

Qui, au fond de sa page,

Patientait parfois depuis si longtemps ».

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Rédigé par Dominique84

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Publié le 9 Septembre 2012

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Illustrateur de plus d’une centaine d’ouvrages pour la jeunesse, dessinateur pour notamment 60 millions de consommateurs, Néoplanète ou encore Notre temps, Christophe Besse s’est inspiré de l’école pour nous offrir 140 pages de dessins plus désopilants les uns que les autres, véritable galerie de portraits d’enseignants face à l’administration, d’élèves rebelles et de parents désorientés. Toutes les situations y sont passées en revue, la cantine, le spectacle de fin d’année, le café dans la salle des profs, les réunions parents-élèves, etc.

 

 Vous y revivrez vos propres souvenirs, et si vous êtes parents, ce recueil de dessins est aussi le guide universel pour apprendre à dialoguer avec l’instit de votre bambin. Un recueil de dessins ne se commente pas, alors si l’école peut encore vous faire sourire, n’hésitez pas, lisez-le et ne dites plus « Qui a eu cette idée folle, un jour d´inventer l´école »

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Rédigé par Dominique84

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Publié le 7 Septembre 2012

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Il suffit quelquefois de peu pour que tout s’effondre. L’animal social que nous sommes peut à tout moment prononcer un mot, avoir un geste malheureux pour que tout ce qu’on a construit, récolté s’effondre et soit anéanti.

« Ce roman est l’histoire de quelqu’un qui avait tout et pour finir n’a rien » nous dit l’auteur. Comment peut-on en arriver là ?  

C’est pour répondre à cette question qu’il a écrit l’histoire d’Alexis Kandilis, grand chef d’orchestre au sommet absolu de sa gloire, un homme qui possédait tout, beauté, gloire et génie. Sa route est jalonnée de compliments, d’éloges, on le déifie quasiment. Puis un jour tout s’écroule. Comment en est-il arrivé à mettre cette réussite en péril ? Peut-être à trop vouloir se voiler la face, cacher aux autres les blessures profondes qui ne cicatrisent pas.  Les blessures d’enfance perdurent, tapies au fond de soi, elles ressurgissent au moment où l’on croyait les avoir effacées. Pas un jour que Gustav Mahler avec ses Chants des enfants morts ne revienne le hanter, il s’efforçait de chasser ses souvenirs, mais en vain. La vie lui avait tout donné mais elle l’avait aussi blessé irréméfdiablement. La musique n’a pas réussi à le sauver des griffes du destin.  Un des éléments déclencheurs de sa chute c’est qu’au fond, il n’ était pas dans une véritable relation fusionnelle avec la musique, une relation d’amour.  Il s’est mis en quête d’autre chose,  attendant toujours la reconnaissance suprême pour calmer son angoisse. Le hasard va le mettre sur la route de personnages immensément riches qui se regroupent en cercle pour jouer au poker. Il va se joindre fièrement à eux et miser des sommes folles. Peu à peu il ressent vis-à-vis de son métier une sorte de mépris, un mépris envers son travail et le monde de la musique. Il se permet des insolences, lance des remarques acerbes aux musiciens de l’orchestre. Tous vont alors faire bloc contre lui, solidaires.  Il va récolter au centuple ce qu’il a semé. C’est le début de la déchéance. Toute sa vie s’effondre, que ce soit sur le plan professionnel, financier, sentimental et social. On l’évite, on le critique, il a perdu son aura,  sa santé mentale s’effrite. C’est alors que l’amour lui tend la main avec  2 femmes exceptionnelles, elles lui donneront cette tendresse dont il a tellement manqué. Lui donneront-elles aussi la force de combattre ses démons ou est-ce trop tard ?

 

C’est à cette longue descente aux enfers à laquelle Metin Arditi nous invite. Son héros tragédien devient  peu à peu le jouet du destin qu’il s’est créé lui-même, inconsciemment, dans cette fuite en avant pour oublier l’essentiel, les blessures de l’enfance qui reviennent toujours insidieusement à la surface.

  Metin Arditi a composé la partition d’un homme aux prises avec son passé, la seule fausse note de sa vie !

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Rédigé par Dominique84

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Publié le 6 Septembre 2012

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C’est le 21ème roman pour ses 20 ans d’édition, un palmarès impressionnant depuis son « génial » Hygiène de l’Assassin, premier roman paru en 1992. Elle a dans son sillage autant de détracteurs que de fans dont je fais partie, indiscutablement. La plus médiatique des auteurs de sa génération envahit comme chaque année la rentrée littéraire.

 

Son dernier roman nous invite à un huis clos terrifiant, un serial killer et sa prochaine victime. Mais avec Amélie Nothomb, l’intrigue ne peut pas être aussi simple. Elle nous conduit au fil des pages dans les méandres de la logique de l’assassin, un Barbe bleue des temps modernes.

 

Son Barbe bleue est un homme  des plus banals qui soit, si ce n’est sa naissance et sa façon de vivre. Cloîtré chez lui depuis 20 ans après la mort de ses parents, cet héritier d’une des plus grandes familles aristocratiques espagnoles, n’a pas d’autre choix pour rencontrer ses « victimes » potentielles que de louer une des chambres de son Hôtel particulier parisien. Le prix de la location est dérisoire compte tenu du luxe et du confort qu’il propose. Si la première de ses victimes est innocente du sort qui l’attend, les 7 autres suivantes seront animées d’une curiosité morbide, savoir ce qui est advenu des précédentes. Saturnine est la dernière en date, et bien que mise en garde du mystère de la disparition des jeunes colocataires précédentes, elle ne résiste pas à cette proposition alléchante. 500 euros pour 40 mètres carrés, une aubaine pour la jeune enseignante à l’Ecole du Louvre !

C’est alors que chaque soir,  nous sommes conviés à leur dîner, témoins de leurs joutes verbales. Saturnine a l’esprit vif et un sens aigu de la répartie, elle malmène son hôte ce qui ne fait qu’accroître l’amour qu’il ressent pour elle. Saturnine vit à sa façon le syndrome  de Stockholm : p.100 "Saturnine en conclut qu'elle était amoureuse d'un malade mental, d'un homme infatué, d'un être parfaitement biscornu, mais pas d'un assassin ».  Mais le piégeur n’est pas toujours celui qui croit.

Pas de longues descriptions, pas de tentatives d’analyse psychologique sur des centaines de pages chez Amélie Nothomb, son écriture se limite au strict nécessaire, le « juste assez » pour que le lecteur s’imprègne de la psychologie des personnages. Le sachet de thé dans la baignoire n’est pas sa tasse de thé ; chez elle, tout est réduit à l’essentiel, à une vitesse grand V. Elle aborde avec cynisme et humour (et oui !) des questions  métaphysiques fondamentales.

 

Je n’ai qu’un seul regret, une fois le livre refermé, c’est de ne pas avoir eu la chance de partager les champagnes millésimés dont s’abreuvent les deux protagonistes durant le roman. Je reste sur ma soif bien qu’enivrée par le génie toujours renouvelé d’Amélie Nothomb.

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Rédigé par Dominique84

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