Publié le 21 Mars 2014

Image and video hosting by TinyPicGwendoline Hamon appartient à une lignée d'artistes et d'écrivains et pas des moindres, Jean Anouilh était son grand-père. Elle est actrice et metteur en scène. Les dieux sont vaches est son premier livre. Elle y raconte son difficile deuil après la mort de sa mère. « Je n’arrivais pas à me débarrasser de certains souvenirs, à expliquer à quel point la mort de ma mère m’a fracturée. Tout s’est fait très naturellement. Un soir, j’ai commencé à écrire comme cela m’est arrivé mille fois, sauf que là j’ai continué », explique la comédienne de 43 ans. Le ciel lui tombe sur la tête lorsque Zélie (le prénom qu’elle s’est donné dans le livre) apprend que sa mère est gravement malade et qu’il ne lui reste que quelques semaines à vivre. Ces quelques jours ont une importance capitale dans sa vie de fille. A son chevet face à sa mère qui est dans le déni de sa maladie, Zélie revit les souvenirs de son enfance dans une famille hors normes, avec une mère fantasque, capable du meilleur comme du pire, si cruelle et si attachante à la fois. Une mère que très tôt elle s’est cru obligée de protéger, développant un sens des responsabilités trop pesant sur ses épaules d’enfant. Une mère qui était une enfant pour ses propres enfants et qui, malgré ses lubies, ses manies, ses amants, son humour décapant, ses mots acides, les chérissait plus que tout. 

« Ce n'est sans doute pas par hasard si cet irrésistible besoin d’être aimée a dévoré mon existence. je venais d'avoir la réponse à mes interrogations, le récompense à ma quête maladive. La forme à ce moment précis qu'avaient prise ces trois mots "je t'aime" m'avait réconciliée avec la névrose infantile qui me suivait depuis toujours. Ma mère m'aimait, je n’étais pas née pour rien ».

« Je ne te l'ai jamais dit, mais tu m'as offert tes angoisses sur un plateau, tu me les as léguées. Tu ne l'as pas voulu, c'est certain, mais tu as fait de ta petite fille une anxieuse, une paniqueuse, une fragile, une grande petite, une fille qui essaye d'avancer en regardant le ciel, mais qui est attachée, chaîne au pied, à un devoir: celui d’écouter, de comprendre, de rassurer, de consoler, de surmonter, de gratter, de masser, de prendre parti, de subir. De payer un sale truc qui ne date pas de mon temps. »

Ce roman m’a bouleversée. C'est un exercice périlleux que de parler de sa mère décédée sans tomber dans le pathos. Il y a un avant et un après qu'il faut construire, jour après jour, tout en apprivoisant cette absence irrémédiable. J'ai connu ces derniers instants magiques que j'ai reçus comme un cadeau de la vie. J'ai compris alors le sens profond du verbe "élever un enfant". Maman, après ton départ, je me suis tenue droite, tu m'avais élevée.

 

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Rédigé par Dominique84

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Publié le 16 Mars 2014

la chambre d'Hannah 

Pierre et Hannah ont tous deux 11 ans. Alors que 50 ans les séparent, leurs destins vont se croiser de la façon la plus surnaturelle qui soit. Pierre aurait tout pour être heureux mais l’enfant unique qu’il est, essaie de survivre au milieu des disputes incessantes de ses parents. « La réussite de l’un comparée aux frustrations de l’autre avait fini par creuser entre eux un fossé qui, jour après jour, ne cessait de se creuser ». Pour ne plus les entendre se déchirer, Pierre se réfugie dans sa chambre.  Carotte, comme l’appellent ses camarades de classe à cause de sa tignasse rousse, a décidé d’en finir. Il ne veut plus continuer à  vivre ce cauchemar, si seulement il avait eu un frère ou une sœur ! Le courage lui manque quand dans la salle de bain, armé d’une lame de rasoir, il regarde son poignet. Et lorsque, se sentant plus lâche que jamais, il rejoint sa chambre, il aperçoit une petite fille, elle s’appelle Hannah. Que fait-elle ici ? Que lui veut-elle ? Hannah n’en sait rien, c’est l’appartement où elle vit avec ses parents et son petit frère, et Pierre est dans sa chambre. Hannah lui parle d’un autre temps, elle lui parle de la guerre qui sévit en France, que son père a perdu son travail, qu’elle doit porter cette étoile jaune cousue sur ses robes et qu’elle n’ira jamais plus à l’école parce qu’elle a été exclue. Pierre n’en croit ni  ses yeux, ni ses oreilles. Ce que lui raconte Hannah l’incite à en savoir plus sur cette sombre époque. Avec son fidèle ami Maxime, ils décident de rencontrer leur ancien instituteur. Lui seul, à condition de ne pas lui dire la véritable raison de leur démarche, saura leur expliquer ce qui est arrivé aux juifs à cette époque. C’est ainsi que Pierre et Maxime apprennent les mécanismes du racisme, de la haine, de l’antisémitisme. Ils réalisent qu’Hannah est en danger, dans quelques mois ce sera la rafle du Vél’d’Hiv. Il faut sauver Hannah et sa famille des camps de concentration. Que faire d’autre que d’interagir dans le passé, retrouver les survivants de ceux qu’on appelle les Justes pour qu’Hannah cherche de l’aide auprès d’eux et échappe ainsi à la mort.

Ce roman qu’on aurait tort de qualifier de fantastique est un des romans qui m’a le plus bouleversée et émue depuis le début de l’année littéraire. On y trouve la beauté des âmes humaines face à la vilénie et l’atrocité. C’est une histoire où l’amour sort vainqueur ! Un roman tout public qui devrait être inscrit parmi les livres étudiés à l’école.

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Rédigé par Dominique84

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Publié le 12 Mars 2014

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  A quoi sert l'Art ? A nous donner la brève mais fulgurante illusion du camélia, en ouvrant dans le temps une brèche émotionnelle qui semble irréductible à la logique animale.

"L'élégance du hérisson"Muriel Barbery

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Rédigé par Dominique84

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