Publié le 22 Mai 2014

Mémoires infidèles d'une famille de Provence, par Jean-Marie Albertini, Ed. L'Harmattan,

Dans le domaine de la vulgarisation économique, il fut longtemps la référence. Son livre phare, Les rouages de l'économie nationale, a dépassé les 400 000 exemplaires. Il a été le pionnier des jeux de simulation économique et demeure une référence dans la réflexion sur la didactique économique. Jean-Marie Albertini illustre ici un autre de ses (nombreux) talents: celui de conteur. Il met en scène quelques-uns des personnages pittoresques, réels ou imaginaires, de sa famille avignonnaise, comme cet arrière-grand-père dialoguant avec Stuart Mill installé à Avignon.

Mais son vrai sujet est lui-même. Entrecroisant anecdotes et histoire, il nous raconte son cheminement. Enfant, il nous fait revivre les difficultés de la guerre, par exemple à travers l'action résolue des cancres du lycée, dont il était, mobilisés pour empêcher que se crée dans leur classe une "ligue de loyauté ", encouragée par le Maréchal; ses membres devaient s'engager à ne plus copier ("toujours cette obsession "des mensonges qui nous ont fait tant de mal" ", commente-t-il).

Les lecteurs de cette drôle d'autobiographie, dans tous les sens du terme, apprendront ainsi comment le petit Jean-Marie, devenu grand et grande gueule, se retrouva directeur de recherches au CNRS, heureux en ménage, père de famille. Et comment il enterra sa mère, Rose, en même temps que le monopole des pompes funèbres. Un régal, pour se changer de l'économie.

source : Dominique Charpentier
Alternatives Economiques n° 227

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Rédigé par Dominique84

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Publié le 19 Mai 2014

C’est en mai 1814 que mourait l’impératrice Joséphine, c’est à l’occasion de ce bicentenaire que la romancière a décidé de consacrer son dernier roman à celle qui fut aimée, trompée et enfin répudiée.. Au travers d’une longue lettre que l’auteur écrit se glissant dans la peau de Joséphine, elle nous dresse le portrait d’une femme brisée parce que répudiée, anéantie par la douleur de perdre l’homme qu’elle aime. La longue lettre débute au moment où Napoléon l’informe qu’il va divorcer, au moment où elle doit quitter ses appartements des Tuileries pour rejoindre Malmaison.

Napoléon l’a convoquée le jour précédent pour lui expliquer que la Nation attend de lui un héritier, ils doivent se séparer pour raison d’état puisque Joséphine est stérile.

C’est une femme humiliée, bafouée et meurtrie jusque dans ses entrailles qui se met à hurler au risque de passer pour hystérique, quand il lui annonce sa décision « Un cri finit par s'échapper de ma poitrine, un cri de détresse. J'aurais dû le retenir. Les oreilles indiscrètes collées à la porte raconteront et déformeront cette scène, mais sur le moment je n'y pense pas, je hurle avec la force d'une suppliciée avec un abandon que ni mon rang ni mon honneur n'auraient dû me permettre. Je ne suis plus rien, je ne suis qu'une femme rejetée, une femme qui pleure son amour perdu, une femme humiliée qui ne peut retenir ses cris de souffrance."

 

Mais elle doit se soumettre même si elle est convaincue que Napoléon l’aime encore et toujours, mais l’ambition le dévore, il est persuadé que son amour pour Joséphine doit être sacrifié sur l’autel de la gloire. Ils devront survivre au chagrin de s’être séparés mais de s’aimer encore.

Le jour de son départ pour la Malmaison, Napoléon ne sera pas présent mais fera remettre à Joséphine ces mots : « Il faut surtout soigner ta santé qui m’est si précieuse … Si tu m’es attachée, si tu m’aimes tu dois te comporter avec force, te placer heureuse et te trouver contente ». "Ne doutes jamais de mes sentiments pour toi, ils dureront autant que moi".

Depuis, Joséphine se souvient, se remémore les moments cruciaux de son existence avec Napoléon et elle écrit, noircit compulsivement les pages d’un cahier.Ces pages sont destinées à Napoléon, elles lui seront remises quand elle ne sera plus de ce monde.

 

Le titre du roman « Quel effet bizarre faites-vous sur mon cœur » est tiré d’un extrait d’une lettre que Napoléon lui avait adressée au temps où il voulait la conquérir.

 

Christine ORBAN « Quel effet bizarre faites-vous sur mon cœur », Albin Michel

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Rédigé par Dominique84

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Publié le 14 Mai 2014

Jean d’Aillon « La Bête des Saints-Innocents », Ed. Flammarion

Jean d’Aillon, qui s’est taillé depuis un bon nombre d’années déjà, une solide réputation d’auteur à succès avec ses romans policiers historiques, plante le décor de sa nouvelle intrigue dans le siècle d’ Henri de Navarre.

On y retrouve bien entendu, Olivier Hauteville dont se sont les septièmes aventures, qui va œuvrer ici dans le camp d’Henri de Navarre, futur Henri IV, protestant et roi légitime de France, contesté par La Ligue et le royaume d’Espagne, tous fervents catholiques.

Paris est alors assiégé par les troupes royalistes, c’est la famine et la recrudescence des crimes. Paris est livrée aux lansquenets affamés qui dit-on pratiquent le cannibalisme. C’est le moment pour les Ligueurs de faire croire qu’une bête maléfique, envoyée par le Diable et cet hérétique protestant Henri de Navarre.

Le commissaire Louchart enquête sur cette étrange affaire qui va prendre de la consistance au fil des pages. Dans ce contexte, Olivier Hauteville va être amené à retourner à Paris pour sauver Louis Charreton (un autre royaliste) de la pendaison et enquêter sur un projet d’arme susceptible d’assassiner Henri de Navarre.

 

Comme toujours, c’est à un moment de détente instructive auquel nous convie l’auteur.

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Rédigé par Dominique84

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