Publié le 2 Février 2015

Blond cendré de Eric Paradisi, JCLattès

Tel un chant à deux voix, ce roman poignant mais jamais pathétique nous conte deux histoires d’amour. L’histoire de Flor et celle de son grand-père Maurizio qui vécut une passion pour Alba, la belle Alba aux cheveux blond-cendré.

L’histoire débute au début des années 40 à Rome. Maurizio est juif, il vit dans le ghetto de Rome, la ville est aux mains de Mussolini, l’armée allemande est en marche. Sans se poser trop de questions, Maurizio est devenu coiffeur, comme son père et son grand-père. C’est dans le salon de coiffure de son père qu’il croisera pour la première fois, le regard d’Alba, une jeune femme un peu plus âgée que lui, fervente communiste et courageuse résistante qui a pour ordre de transmettre des messages secrets. Comment ne pas tomber amoureux de cette jeune femme aux belles boucles blond cendré qui encadrent son si joli visage. Mais que pourra-t-elle lui trouver, à lui, un coiffeur ? C’était sans compter la fougue, le dynamisme et cet amour de vivre qui font de Maurizio un homme attirant et tellement séducteur. Ils vont s’aimer, vivre les plus beaux moments de leur existence jusqu’à ce qu’on vienne l’arrêter chez elle où vit maintenant Maurizio. La guerre qui les a fait se rencontrer et s’aimer… va les séparer. Il sera déporté à Auschwitz, Alba disparaîtra. Maurizio survit grâce à l’image obsédante d’Alba, ses boucles lui reviennent, sa voix, son amour. Elle lui permet de supporter l’enfer du camp de concentration, ses grandes cheminées qui crachent cette fumée grise. L’espoir de la retrouver un jour le porte, l’aide à supporter l’horreur. Il suffoque, l’air lui manque mais il survit et devient le barbier des officiers. Tout comme Flor, dont l’appartement est en flamme. Allongée sur son canapé, elle suffoque, elle est proche de l’asphyxie quand l’homme qu’elle aime lui apparaît et lui crie de vivre, de s’arracher à la mort qui rôde.

Maurizio sortira des camps, vivant mais pas indemne, Alba l’accompagne toujours, reste son guide et le pousse à vivre. Il part s’installer à Buenos Aires où il deviendra un célèbre coiffeur, spécialiste des colorations, essentiellement les nuances de blond. C’est là qu’il fera la rencontre de celle qui sera la mère de ses enfants et pour qui il se convertira au catholicisme.

Tous deux vont vivre dans le personnage de Flor. La fatalité, la fragilité, les destins contrariés sont les thèmes abordés par l’auteur dans ce beau roman émouvant qui nous apporte cette foi en l’avenir, car tout peut toujours renaître.

Flor, a comme elle le dit, reçu l’amour en héritage. « C’est peut-être ça l’amour, quelque chose qui t’oblige à vivre. »

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Rédigé par Dominique84

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Publié le 1 Février 2015

"Pardonnable, impardonnable" de Valérie Tong Cuong, Lattès

Milo a 12 ans quand, lors d’une balade à vélo en plein après-midi d’été, il fait une terrible chute. Ce petit être qui se bat pour revenir à la vie va forcer tous les membres de sa famille à se remettre en question. Lui, le pilier de la famille sur lequel tout l’amour convergeait, va faire voler en éclats les secrets, les mensonges, les non-dits, les incompréhensions, les erreurs de chacun. C’est une puissante onde de choc qui s'abat sur les membres de cette famille en douleur qui, comme une sorte de confession au chevet de l’enfant, vont crier tour à tour, leur peine, leur responsabilité dans cet accident, leur culpabilité, leurs tourments du passé.

Pourquoi Marguerite, sa tante, avait-elle décidé de faire du vélo alors qu’elle devait l’aider à faire ses devoirs cet après-midi là ? Pourquoi la grand-mère de Milo avait-elle pris ce rendez-vous chez le notaire cet après-midi là ? Pourquoi sa mère Céleste et son père Lino l’avaient-ils accompagnée en cachette de Marguerite ? Pourquoi Marguerite, la si jolie Marguerite, avait-elle toujours été un boulet pour ses parents ? Qu’avait-elle fait pour que ses parents ne l’aiment pas ? Marguerite la mal aimée, avait trouvé en Milo celui qui comblait son manque d’amour. Et si Céleste se réjouissait de cet amour fusionnel de sa sœur envers son fils, il n’en était pas de même pour Lino qui vivait mal l'attachement de sa belle-soeur à son fils. Pourrait-il longtemps chasser le souvenir de sa faiblesse d’un soir où, ivre mort d’alcool et de douleur après la perte de leur premier enfant, il s’était réfugié dans les bras de Marguerite ? C'était un secret qui pesait lourd au fond de son âme.

« Pardonnable, impardonnable » est un roman bouleversant tant les personnages sont émouvants et pour lesquels on ressent une véritable empathie. C’est un roman bâti sur le thème du mensonge, des non-dits, de la responsabilité que l’on a de la vie des autres, sur le ressentiment à l’égard des autres et de soi-même aussi, sur la façon d’enfouir ses erreurs et ses actes manqués en souhaitant qu’ils s’annuleront.

Un roman qui mène à réfléchir sur la culpabilité qui se forge à coups de fautes commises depuis longtemps, des fautes étouffées, chassées en vain puisque la vérité surgit toujours même si on passe sa vie à la masquer, sur la toute puissance du pardon.

Un roman optimiste grâce à une « happy end » réconfortante, un roman écrit avec le cœur. Magnifique !

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Rédigé par Dominique84

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