Publié le 7 Décembre 2015

 L'île d'Elle de Régis Delène Bartholdi - De l'autre côté de l'Atlantique de Michel Tagne Foko. Editions du Mérite – Collection Pied du Monde
 L'île d'Elle de Régis Delène Bartholdi - De l'autre côté de l'Atlantique de Michel Tagne Foko. Editions du Mérite – Collection Pied du Monde

Cette maison d’édition est une jeune maison d’édition qui, comme il est précisé sur la page d’accueil de leur site web, « croit encore aux pouvoirs du livre. Quand on lit, on entretient son cerveau avec le vocabulaire. Un cerveau bien entretenu a besoin de lecture, comme un corps a besoin d’exercice pour garder sa forme… Nous croyons aux livres qui nous font rêver, qui nous donnent l’envie de nous battre, la force d’espérer mieux, l’intelligence d’innover, aux livres qui nous font vivre de belles histoires… Notre but est de promouvoir ensemble les relations humaines, loin des stéréotypes et des idées reçues. La tolérance est pour nous un maître-mot. Nous souhaitons faire passer les idées de nos auteurs, pourvu qu’elles s’inscrivent dans le respect de nos différences, de nos sensibilités et de la diversité. Nous pensons que l’expérience de chacun est un enrichissement pour l’autre ».

Les deux livres que j’ai eu le plaisir de lire sont :

« De l’autre côté de l’Atlantique » de Michel Tagne Foko

raconte l’histoire d’un jeune homme qui décide de traverser l’Atlantique pour rencontrer l’auteur favori de sa mère afin que celui-ci lui dédicace son dernier roman et s’il le peut ramener un selfie. Ce sera, à ses yeux, le plus beau cadeau d’anniversaire qu’un fils peut offrir à sa mère. Cette démarche va se révéler autre chose qu’une « simple » rencontre d’un auteur avec son lecteur car le destin se joue de la vie des hommes. C’est un roman choral original et émouvant.

                                                

« L’Ile d’Elle » de Régis Delène Bartholdi (arrière petit-neveu du célèbre sculpteur Frédéric Bartholdi)

est l’histoire d’un homme et d’une femme qui, pour célébrer leurs noces de miel, ont décidé de tenter l’aventure de vivre loin de tout et de tous, sur une île. Hors du temps et de la civilisation et de son confort, cette trêve permettra à ces Robinsons des temps moderne, de « douter de la certitude des habitudes » et ainsi renaître.

« Nous étions ici pour accéder à notre propre mémoire, déjouer les courants, retrouver le sens de nos vies, apaiser l’emballement de nos sangs, nous n’avions plus qu’à vivre les certitudes du présent ». Isabelle était cadre dans une entreprise avant de choisir de tout quitter pour vivre dans l’incertitude de l’inspiration de son mari artiste-peintre. Elle avait à nouveau choisi de le suivre ici pour sauver l’artiste en mal d’inspiration. L’île allait les mettre à nu leur faisant prendre conscience que « l’art comme l’amour ne peut exister sans partage. L’amour n’est-il pas la première et la dernière chose nous attachant à la vie – à l’eden ? »

Servi par une écriture poétique, ce conte philosophique nous fait vivre, le temps d’une lecture, un retour aux sources originelles.

 

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Rédigé par Dominique84

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Publié le 1 Décembre 2015

Danny WATTIN, Le trésor de monsieur Isakowitz, Presses de la Cite

En route pour la Pologne !

En route avec 3 générations d’hommes de la même famille, le grand-père, le père et le petit-fils ! En route sur les traces de leurs origines juives avec pour point de départ la Suède. L’arrière-grand-père s’y était installé voilà plus de 70 ans au moment où la Suède menait une politique d’immigration rigide et mettait en place une série de mesures administratives pour tenter le plus possible d’écarter les juifs. Même les juifs de Suède ne voulaient pas d’eux de peur que l’affluence de réfugiés n’engendre une opinion négative envers eux.

En route à la recherche d’un trésor, celui de Mr Isakowitz l’arrière-arrière grand-père qui, selon ses dires, aurait enfoui un trésor avant de quitter sa terre natale pour fuir le régime nazi.

Il n’en faut pas plus pour titiller la curiosité de Léo Wattin le dernier-né de la famille. C’est décidé, ils vont partir tous trois à la recherche de ce trésor. Et durant ce road-trip, grâce au récit du narrateur, des commentaires sur sa famille, on revisite l’histoire du peuple juif, l’histoire de la Nuit de cristal, l’histoire d’Israël depuis le retrait britannique et la déclaration d’Indépendance de l’Etat d’Israël le 14 mai 1948. L’histoire de tous ceux qui survécurent à la Shoah, de la Suède pendant la Seconde Guerre Mondiale, des liens qui l’unissaient à l’Allemagne. Les Suédois voulaient rester en dehors du conflit tout en préservant de bonnes relations avec leur partenaire commercial.

Le voyage ne se poursuit pas sans heurt, pas facile de s’entendre dans cet univers clos qu’est une voiture. 3 générations cohabitent et donnent lieu à des scènes des plus cocasses. Les relations entre père et fils y sont analysées avec grande justesse et finesse. Mais derrière l’humour et l’émotion, c’est d’un sujet plus sérieux dont il est question, l’antisémitisme.

C’est l’histoire d’une famille meurtrie qui porte en elle des blessures loin de se cicatriser, une famille comme bien d’autres qui ont choisi, parce qu’elles ont été sauvées de la mort, ont choisi de ne pas parler.

Danny Wattin met bout à bout toutes les bribes de phrases entendues pendant son enfance. Il n’avait pas vraiment réalisé qu’il était issu d’une famille rescapée des camps de la mort, d’une famille qui avait dû tout abandonner pour recommencer à zéro dans ce pays inhospitalier. Lui, il s’était toujours senti Suédois et pourtant ses racines étaient ailleurs. Ce voyage n’était alors qu’un prétexte pour remonter le temps, le temps où ses ascendants faisaient le voyage en sens inverse pour fuir la mort.

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Rédigé par Dominique84

Publié dans #Mes lectures

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