Publié le 18 Juin 2016

Bianca de Robert Loulou, Ed. Julliard

Bianca a 16 ans, elle ne pèse que le poids d'une gamine de 10 ans. Après s'être ouvert les veines, elle vient d'être admise aux Primevères, une unité psychiatrique pour adolescents.


Elle se raconte, elle nous raconte comment elle en est arrivée là, quel a été le déclic qui lorsqu'elle a eu 14 ans, a tout enclenché. D'un coup, le dégoût est venu, le dégoût de tous et de tout et surtout de soi.


Dans l'isolement forcé dans lequel elle vit, elle voit passer les jours, les mois et se penche sur tout ce qu'elle a raté dans sa courte vie. Au lieu d'errer comme une âme en peine maintenant, elle serait en terminale, elle aurait pu suivre un cursus normal, étudierait la philosophie. Mais pourquoi ce mal-être ? D'où vient-il ? Elle est là pour le comprendre, ce sera déjà un pas vers la guérison.


"Les jours ne comptent plus. Ils ne sont plus des repères" dit-elle. Ses seuls repères sont les jours de pesée, un gramme de gagné c'est un pas vers la vie. Encore faut-il avoir envie de vivre donc de manger. Les rencontres qu'elle fera dans cet hôpital vont être capitales, elle va s'ouvrir à l'amitié avec un vieil homme dont la vie ne tient plus qu'à un fil, s'ouvrir à l'amour avec un jeune garçon.


C'est un premier roman lumineux même s'il parle de la noirceur d'âme de ces ados qui flirtent avec la mort. On sait que l'adolescence est un cap à franchir, on ne reconnaît plus son corps, les émotions sont à fleur de peau. Certains diront que l'anorexie est le seul moyen pour eux de maîtriser leur corps quand tout autour échappe au contrôle.

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Rédigé par Dominique84

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Publié le 17 Juin 2016

Là où je continuerai d'être. Linda Bortoletto, Ed. Le Passeur


Elle avait 27 ans lorsque son père meurt et c'est à 27 ans que toute l'histoire commence pour Linda Bortoletto. Son pilier, sa force vient de s'éteindre, celui avec qui elle avait "choisi" de vivre au divorce de ses parents, celui qui la regardait vivre n'est plus. Ce père qui ne s'était jamais vraiment remis de son divorce, qui avait noyé son désespoir dans l'alcool, lui avait appris le goût de la liberté. C'est seulement à son décès qu'elle comprend cela et réalise qu'elle s'est trompée de voie, son couple, son métier, son confort matériel n'étaient qu'au service du paraître et non de l'être.

"L'âme ankylosée, j'étais devenue une professionnelle du raisonnement".


Après avoir été officier de l’Armée de l’air, Linda Bortoletto avait rejoint la Gendarmerie nationale et à 27 ans seulement, elle avait été promue au grade de capitaine puis détachée comme haut fonctionnaire au ministère des Finances. Un beau parcours mais qui, elle le comprit alors, ne lui convenait pas. Il y avait comme quelque chose d'inachevé dans son être profond. Elle trouva alors que son chemin n'était pas dans les 42 kms des couloirs de Bercy au milieu de 6000 fonctionnaires mais au loin, "dans une nature infinie où la notion même s'inscrivait comme un instinct - L'instinct d'exister - L'instinct de vivre".


C'est en voyageant, en parcourant des lieux de l'extrême comme le Kilimandjaro, qu'elle va prendre son envol, va se voir animée d'une autre énergie, "l'énergie du renouveau". Elle va tout abandonner, carrière, couple, tout ce qui n'avait plus de sens à son coeur et partira 5 mois avec des nomades éleveurs de rennes dans la péninsule du Kamtchatka, l'antichambre des Terres oubliées. Elle y trouvera la force de renaître auprès des Tchouktches, peuple de tradition chamanique. Puis elle poursuivra son périple de l'autre coté de la mer de Bering, en traversant l'Alaska en vélo.


"Ce temps permettait la déconstruction d'une identité imposée par un contexte social et la reconstruction d'un Moi extrait des profondeurs aussi mystérieuses qu'accessibles, puisqu'elles étaient simplement enfouies en moi".


Cet ouvrage, véritable odysée est bien plus qu'un carnet de voyage d'une aventurière, est un hymne à la vie, une ode au bonheur de l'instant. Avec elle nous cheminons notre vie et avec elle nous comprenons que la vie est un cadeau qu'il ne faut pas gâcher car jamais rien n'est figé, il est toujours temps de partir, peut-etre pas si loin que l'auteur, vers une quête de soi-même pour enfin exister, être.

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Rédigé par Dominique84

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