Publié le 22 Juillet 2016

Je suis de celles qui restent de Bernadette Pécassou, Ed. Flammarion

"La vie peut changer subitement sans qu'on le décide, sans qu'on l'ait voulu. Certains s'effondrent, d'autres s'adaptent. Alice était de celles qui s'adaptent. Elle allait puiser ses forces dans l'exemple qui lui donnèrent les femmes de sa famille, paysannes du Sud-Ouest, incapables de renoncer à leur conviction que seuls le travail et l’honnêteté tiennent l'homme debout".

Alice a du mal à se remettre du deuil qui l'a frappée aussi brutalement. Michel, son mari, vient de mourir d'une crise cardiaque. Dorénavant seule et désemparée, ses enfants sont loin et leurs carrières respectives les accaparent, elle va devoir affronter la solitude et la peine qui, au lendemain de l'enterrement, lui semblent insurmontables.

Alice se souvient de leur rencontre, de leur mariage, quand Michel l'avait emmenée loin de leurs racines pour s'installer à Paris. Combien alors, il avait été détesté de sa famille qui l'avait jugé hautain, pétri d'ambition, traître vis-à-vis de ses racines paysannes.

Tous ces souvenirs reviennent à elle, lui causent du mal, la forcent à réfléchir sur le sens qu'avait pris sa vie aux cotés de Michel quand arrive un paquet adressé à Michel. A l'intérieur se trouve un magnifique briquet de luxe, fait étrange puisque Michel ne fumait pas. Ce briquet devient alors la seule chose à laquelle elle va pouvoir se raccrocher pour pouvoir avancer. Il lui faudra remonter à la source et pour cela son enquête va l'amener bien au-delà de ce qu'elle imaginait. Dans sa quête pour comprendre l'histoire de ce briquet, Alice allait comprendre tout ce qui allait lui permettre de continuer à vivre, renouant les liens d'un passé jamais vraiment enfoui. Bernadette Pécassou nous ramène au passé, ce lieu d'ancrage que la vie moderne tend à nous faire oublier, ce passé qui nous a fait et qui nous ouvre la voie à un avenir.

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Rédigé par Dominique84

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Publié le 22 Juillet 2016

Enfuir l'hiver de Catherine Ecole-Boivin, Presses de la Cité`

C'est une histoire terriblement émouvante sur les passions humaines, sur le pardon, sur la rédemption. La vie est toujours la plus forte quand on sait combattre les démons qui hantent parfois l’âme humaine.

"Une vieille folle, toujours en colère, qui m'appelait "La Chose" m'avait arrachée d'une cave sombre où j'avais passé les premières années de ma vie". Ainsi commence le récit terrifiant d'une petite fille née d'un viol et condamnée à sa naissance à ne jamais avoir d'existence reconnue.

L'auteur nous raconte l'histoire des filles Kermadec à partir de 1931 quand Aëlle et Madalen, les deux sœurs Nantaises, rencontrent lors d'un bal champetre,les frères Valvachet. Madalen épouse Roland, le potier et devient institutrice à Barfleur, petite ville de Normandie, tandis qu'Aëlle rejoint Auguste dans sa ferme isolée entre lande et falaises. Les deux couples vivent alors le même drame, le manque d'enfant, celui qui ne vient pas ou celui qu'on perd.

Qui est donc "la Chose" qui entrecoupe le récit pour nous raconter son calvaire et sa renaissance. La grossesse cachée de sa mère, sa naissance comme un secret, comme une honte vécue par toute une famille, ses premiers pas dans une cave humide et son abandon à la folle du village qui va la taper et la réduire au statut d'une bête sauvage.

Cette famille porte un lourd secret, la Chose en est l'origine. Il lui faudra renaître au monde des hommes pour faire savoir toute la vérité sur l'identité de son père, sur le drame qui aura fauché la vie de sa mère et de sa tante pour enfin trouver sa voie.

"Sourire c'est éclaircir l'ombre, même la plus abominable, ainsi on l’empêche de nous soumettre à elle complètement". "Enfuir l'hiver et saisir les mains du vent" comme l'écrit si joliment l'auteur dans sa dédicace.

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Rédigé par Dominique84

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Publié le 16 Juillet 2016

Le sommeil le plus doux, Anne Goscinny, Ed. Grasset


Réveillon de Noël, Nice, 3 femmes, 3 générations de femmes de la même famille sont réunies pour un ultime séjour à Nice. Jeanne et sa mère le savent bien, il n'y a que la grand-mère qui ne vit plus que l'instant, elle a oublié le reste.

La mère de Jeanne est en phase terminale d'un cancer, revenir à Nice c'est revenir vers son passé, sa vie puisque c'est sa ville natale. Jeanne vit et souffre comme sa mère, hantée par cette maladie qui ne lui laissera aucune autre issue que la mort. Jeanne se confesse, se livre et se partage le roman avec Gabriel, l'homme qu'elle rencontrera lors d'une promenade solitaire dans le vieux Nice. Cet homme lui tend la main et la tire du néant qui l'engloutit en même temps que sa mère. C'est la vie qui lui tend la main et l'arrache à cette relation fusionnelle avec sa mère.
C'est le 6ème roman d'Anne Goscinny, un roman poétique et boulerversant par des mots tendres et durs à la fois. Un roman-confession au style épuré et pourtant si dense, qu'il en donne le vertige.

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Rédigé par Dominique84

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Publié le 12 Juillet 2016

Treize marches de Kazuaki Takano, Presses de la Cité

Voilà 7 ans que Kihara seulement âgé de 32 ans, attend la sentence. Il est incarcéré dans le quartier des condamnés à mort au centre de détention de Tokyo. 3 demandes de révision de son procès ont déjà été rejetées. Sera-t-il un jour exécuté, accusé d'un crime dont il n'a aucun souvenir ? Tous les jours à 11h du matin, l'heure à laquelle on vient chercher les condamnés à mort, il tremble d'effroi.


En parallèle, il y a l'histoire du jeune Mikami, remis en liberté conditionnelle après 2 années d'incarcération pour homicide involontaire et celle de Nango, gardien de prison qui a en charge la réinsertion des prisonniers. Nango va être le lien entre les deux histoires.


Kihara avait été accusé du meurtre sauvage de son conseiller d'insertion et de son épouse. Il avait été retrouvé à quelques mètres du crime, inconscient après avoir percuté un arbre dans sa fuite en moto. Sorti du coma, il était resté amnésique et mais avait toujours nié ce crime atroce et ce, malgré les preuves accablantes. Un avocat décide pourtant de tout faire pour sauver Kihara de son exécution et engage Nango et le jeune Mikami pour se lancer à corps perdu dans cette enquête. Ceux-ci vont étudier un à un tous les éléments du procès et vont s'apercevoir peu à peu des oublis, des incohérences. Ils vont alors s'appuyer sur le seul souvenir de l'accusé, celui d'avoir gravi des marches d'escalier. C'est alors une véritable course contre la montre pour l'innocenter et lui éviter la pensaison.


Les 13 marches de l'escalier font référence à l'autre nom de la potence. Si ces 13 marches menant à la potence n'existent plus, elles subsistent symboliquement car la proposition d'éxécution doit recevoir l'approbation de 13 bureaucrates.
C'est une enquête à multiples rebondissement qui nous plonge, vous l'aurez compris, dans le système judiciaire japonais. Un roman aussi palpitant qu'instructif, véritable réquisitoire contre la peine de mort.

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Rédigé par Dominique84

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