Publié le 29 Août 2016

L’espérance en sursis de Stéphane Bret, Ed. Edilivre

Je remercie l’auteur de m’avoir adressé son roman, et pour cette lecture aussi agréable qu'enrichissante, pour sa vision de l’histoire qui nous éclaire sur certaines zones d’ombre.

Sixième roman de l’auteur, cet ouvrage fait suite à Clair-Obscur, précédemment chroniqué ICI qui nous plongeait dans les années sombres de l’Occupation, ces années d’humiliation, de collaboration pour certains et de résistance pour d’autres. Nous y avions fait la connaissance d’Arlette Gravier, vendeuse au magasin des 3 Quartiers à Paris, ancienne militante de la SFIO, arrêtée et déportée en mars 1944.

Sa captivité n’avait duré que dix-huit mois mais elle avait laissé des traces indélébiles, des séquelles douloureuses à la fois physiques et psychologiques.

Il lui faudrait, de même que tous ceux qui avaient été “absents” se réadapter à la vie sociale, à intégrer un “après” ; “une sorte de rééducation tant morale que physique”.

Une période qui débute le 23 juillet 1545 avec le procès de Pétain et l’intervention percutante de Léon Blum clamant que l’armistice n’était qu’acte de trahison ; l’exclusion des communistes au gouvernement en mai 1947 ; la sortie d’un nouveau journal Le Monde, créé paraît-il sur demande du Général de Gaulle pour redorer le blason de la presse française ; le renouveau de la création cinématographique avec la Belle et la Bête de Cocteau, Quai des Orfèvres de Clouzot, au théâtre on joue une pièce d’un écrivain qui commence à faire parler de lui, Jean-Paul Sartre qui tout comme Malraux seront condamnés par le PCF.

Il fallait aussi revoir la place qu’occuperait l’Allemagne dans la toute nouvelle Europe, une évidence du plan diplomatique mais difficilement acceptable pour tous les déportés notamment qui vouaient une méfiance féroce envers ce pays.

C’est une toute nouvelle société qui éclot alors, une société où la femme allait prendre une place active. C'est la parution du “Deuxième sexe” de Simone de Beauvoir, l’entrée en vigueur du SMIG, l’invention du téléviseur, la création du festival d’Avignon avec Jean Vilar à l’origine aussi du TNP...

A travers l’histoire d’Arlette Gravier, l’auteur nous propose un aperçu détaillé et documenté de toute la période d’après-guerre, une période qui a amorcé une mutation de la population française

Puis la situation en Algérie s’empire, c’est le début des affrontements, la France se divise et le Général de Gaulle revient au pouvoir. C’est un véritable tournant dans l’histoire du pays. La paix ne reviendra vraiment qu’en 1962, une paix que tous avaient espérée depuis la fin de la guerre, “ l’Histoire lui avait accordé un sursis”.

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Rédigé par Dominique84

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Publié le 20 Août 2016

Elles ont fait l’Amérique de Serge Bouchard et Marie-Christine Lévesque, Ed. LUX

“Héroïnes aux exploits invisibles, résistantes, pionnières, aventurières, diplomates, scientifiques, exploratrices ou artistes” ces 15 femmes au destin extraordinaire sont mises à l’honneur dans cet ouvrage fort intéressant ayant l’ambition réussie de “regarder l’envers de l’histoire pour éclairer le visage des gens ordinaires qui souvent en sont les véritables acteurs”.

Pendant bien longtemps jusqu’à nos jours pour certains pays, les femmes ont été reléguées à la dernière place dans l’histoire du monde. L’histoire de l’Amérique n’a pas échappé à cette triste constatation. Ce sont les hommes qui font l’histoire pas les femmes. Silence, oubli, voilà ce que la plupart des femmes ayant contribué à la naissance de l’Amérique ont reçu en retour. Plutôt que de tenter d’expliquer la raison de cette injustice, Serge Bouchard, anthropologue spécialiste des cultures amérindieunnes, ayant diffusé pendant plusieurs années une émission sur Radio Canada rendant hommage à toutes ces femmes oubliées de l’histoire, nous livre ce précieux recueil de 15 histoires ou plutôt courtes biographies des 15 femmes qui ont à leur façon façonné, modelé l’Amérique et qui sont restées malgré tout à l’ombre des grands hommes.

Au travers de leur vie, les auteurs revisitent des points quelquefois peu glorieux de l’histoire de l’Amérique, l’esclavagisme au Canada, le génocide indien, les guerres franco-anglaises, l’extinction des tribus indiennes, le racisme.

Un ouvrage à la lecture agréable et instructive qui nous embarque dans une époque et dans un monde pas si loin de nous, Européens. Je remercie vivement mon amie Manu, Canadienne et Européenne dans l’âme, de me l’avoir offert.

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Rédigé par Dominique84

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Publié le 12 Août 2016

L'arracheuse de dents de Franz-Olivier Giesbert, Gallimard

Un roman qu’on finit à bout de souffle, tant les péripéties du personnage principal, Lucile Bradsock sont nombreuses, palpitantes et spectaculaires.

Sous le prétexte d’un manuscrit retrouvé sous le parquet d’une maison familiale en Normandie, Franz-Olivier Giesbert nous fait traverser un siècle d’histoire, à cheval entre le Vieux Continent et le Nouveau Monde.

Lucile Bradsock naît alors que la Révolution Française gronde et elle n’est encore qu’une enfant quand elle contrainte de quitter sa Normandie natale pour Paris. La Terreur y règne en maître. Recueillie par un dentiste à la renommée internationale, elle apprendra à ses côtés le métier pour lequel elle est vraiment douée. L’apprentie va dépasser bien vite le maître et Lucile sera amenée à soigner les membres des plus hautes strates de la société.

Elle rencontrera tour à tour les grands qui ont “fait” l’Histoire de ce siècle comme Robespierre, Washington, La Fayette, Louis XVI, Napoléon, etc… Se révoltera contre l’esclavagisme, le génocide Indien, etc...

Mais sa capacité à se révolter, à se montrer franche et directe lui causent souvent bien des déboires ce qui expliquera pourquoi elle a tant d’ennemis, tant d’hommes qui la traquent. e Bien des obstacles l’attendent sur sa route mais par une chance insolente, elle s’en sort toujours, la tête haute. Elle sait régler ses comptes à sa façon, n’hésitant pas à user de la gâchette s’il le faut. Invétérée gourmande, elle croque la vie à pleine dents et sait faire fi du quand dira t’on, notamment avec les hommes qu’elle choisit, qu’elle épouse ou qu’elle assassine quand sa raison le lui ordonne. Son goût immodéré pour l'amour et la vie a fait sa devise de " Merci la vie" Végétarienne, justicière, dentiste, Lucile n’en oubliait pas pour autant d’être femme, une femme libre.

Franz-Olivier Giesbert menteur comme un arracheur de dents ? oui mais pour notre plus grand plaisir de lecture.

"Évidemment qu’elle n’a jamais existé", s’amuse Franz-Olivier Giesbert. "Je ne vais pas vous faire le numéro du mentir-vrai, que l’on connaît par cœur, mais on fait du faux avec du vrai et vice-versa. C’est ça, l’art du roman. Mais si Lucile n’a jamais existé, pour moi, elle est vivante. Avec un personnage historique, j’aurais été bridé." Pour nous également, Lucile reste vivante, incarnant l’insoumission et l’amour de la vie. Belle Épopée !

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Rédigé par Dominique84

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Publié le 11 Août 2016

Et bien dansons maintenant ! de Karine Lambert, Ed. JCLattès

S'il fallait résumer l'histoire de ce roman en une phrase, je citerais Paul Eluard "Il n'y a pas de hasard. Il n'y a que des rendez-vous".

C'est l'histoire d'une rencontre improbable, celle de deux êtres qui par amour vont oser défier le sort, leur famille, les préjugés sociaux et moraux. Cet amour naissant va leur donner des ailes, celle de l'adolescence et pourtant à tous les deux, ils totalisent près d'un siècle et demi.

Marguerite a 78 ans et Marcel un peu moins. Tous deux vivent difficilement le deuil récent de leur conjoint. Marguerite qui fut la femme soumise et conforme aux désirs de respectabilité de son notaire de mari se sent plus désœuvrée que peinée de cette solitude. Marcel, quant à lui, ne se remet pas de cette séparation, Nora avait été son premier amour, ils avaient vécu tous deux un amour sans faille jusqu'au jour où Nora s'était noyée alors qu'il disputait un tournoi de scrabble. La vie était idiote, sans fondement, elle n'aurait plus aucun sens à partir de maintenant.

Mais c'était sans compter la providence qui va mettre sur la même route ces deux êtres pétris de peine et de renoncement. Contre toute attente, leur corps se réveillent, ils vont oser la liberté, imposer leur choix et c'est en pleine conscience qu'ils vont se lancer dans ce qu'ils savent être la dernière aventure de leur vie.

Un roman qui traite de la vieillesse et du veuvage avec beaucoup de tendresse et de lucidité. Karine Lambert qui a connu un beau succès avec son précédent roman "L'immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes" signe un roman émouvant, une histoire d'amour touchante avec des personnages si attachants qu'on a envie de les féliciter de leur audace et de leur souhaiter encore de nombreuses années de bonheur.

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Rédigé par Dominique84

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Publié le 11 Août 2016

Fragments de lucidité de Jean-Louis Servan-Schreiber, Éd. Fayard

L'auteur se veut lucide, mais optimisme sur le monde contemporain, entre dangers sans précédents et progrès civilisateurs encore à venir. Journaliste et essayiste, JLSS a dirigé une quinzaine de titres de presse, dont L’Expansion, Psychologies et Clés et publié une quinzaine de livres.

Le comportement humain face à l’accélération de nos rythmes de vie et la condition de l’humanité au XXIe siècle sont ses centres d’intérêt constants.

C'est en 30 chapitres courts et incisifs que Jean-Louis Servan-Schreiber signe un traité sur la lucidité, une réflexion qui fait écho à ses interrogations sur la vie. Il traite de la possibilité de s'approcher du bonheur sans s'illusionner, mais en restant conscient de la réalité de l'existence, de soi-même et des autres. Le tout est de rester optimiste mais toujours lucide. C'est un livre qui aide à réfléchir sur le sens de notre vie, le sens qu'on veut bien lui donner.

30 fragments, 30 chapitres, 30 questions qu'il nous arrive tôt ou tard de nous poser. L'auteur nous conduit à une réflexion philosophique claire, sans aucun problème de compréhension, grâce à son style simple et abordable. C'est un livre à lire et à relire car rien n'est figé dans notre vie et il est toujours intéressant de savoir où nous en sommes. Ce "traité" va nous y aider de façon humoristique parfois avec notamment la présence des pingouins philosophes de Xavier Gorce qui se promènent au fil des pages et nous livrent leurs pensées à la logique implacable.

PHRASES DE « FRAGMENTS »

Nous naissons incomplets et très limités et passons notre vie à essayer d’en pallier les conséquences.

Plus jeune j’étais imbu de ma singularité́. Avec le temps je mesure ma banalité́.

Trois cousins nous pourrissent l’existence : la perfection, l’absolu et la pureté́.

Nous sommes doués d’un esprit qui peut ou pourra tout expliquer, sauf l’essentiel : pourquoi le monde ? Pourquoi moi ?

La vie est comme le wagon d’un train. On y monte seul et descendra de même, mais pendant le trajet on voyage ensemble

Du fait de la longévité́, nous sommes voués à vivre longtemps, vieux au milieu d’autres vieux.

C’est quand l’évidence vient à manquer qu’on se prend à philosopher.

Résumé de l’éditeur

Etre désespéré, c'est la moindre des choses si l'on s'en tient à la réalité nue. C'est pourquoi il est si tentant de se raconter des histoires.

Mais c'est aussi la voie assurée des illusions et des déceptions. Être lucide sur les réalités de l'existence, de soi-même, des autres tout en continuant à aimer la vie est le défi quotidien de Jean-Louis Servan-Schreiber. Notre époque n'y incite guère, mais se rapprocher d'une certaine sagesse n'a jamais été facile.

La sérénité est à ce prix et de nos jours elle devient notre meilleur bouclier contre la morosité ambiante. En résultent trente chapitres ciselés et brillants où chacun trouve des échos de ses propres vécus et de ses questionnements intimes.

Paradoxalement c'est dans les dilemmes et les apparentes contradictions de nos existences contemporaines, que l'on peut puiser des raisons d'optimisme et d'ouverture aux autres. Pour alléger ces réflexions, les pingouins philosphes allégeront cette lecture avec leur humour bien senti…

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Rédigé par Dominique84

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Publié le 11 Août 2016

“Le cri du cerf - Kate McDougall enquête” de Johanne Seymour, Editions Eaux troubles

Quebec, mois de novembre, le sergent-détective Kate McDougall, la belle quarantaine, plonge dans l'eau froide du lac à quelques mètres de son chalet. Lorsqu'elle remonte à la surface de l'eau, elle aperçoit le corps d'une petite fille, les bras en croix, qui flotte inanimée sur l'eau. Mais la petite fille n'est pas morte noyée, elle a eu la gorge tranchée. Pas d'autre indice qu'un jeton de scrabble et pas de trace de défense. La victime connaissait-elle son meurtrier ?` La seule certitude est que le meurtrier est passé inévitablement devant la maison de Kate pour aller jusqu'au lac et Kate n'a rien entendu.

Lorsqu'on découvre le cadavre d'une 2ème petite fille, les indices semblent orienter l'enquête vers Kate elle-même, de suspect elle devient la cible du meurtrier. Pourquoi ? Et que signifient les rêves qui hantent ses nuits.

Autant de questions qui vont dynamiser l'enquête et donner du ressort à l'histoire car Kate va devoir se pencher sur son passé et plonger dans un événement qu'elle croyait enfoui pour toujours.

Un thriller palpitant à l'intrigue menée avec beaucoup de maîtrise par l'auteur dont c'est le premier roman, écrit en 2004. Deux autres romans suivront l'un en 2006 "Le Cercle des pénitents" et l'autre en 2008 "Le Défilé des mirages" qu complète le premier cycle des enquêtes de Kate McDougall

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Rédigé par Dominique84

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Publié le 11 Août 2016

 L'amant américain de Rose Tremain, JCLattès

Immobilisée dans son lit à la suite d'un terrible accident de voiture, Beth qui n'a pas encore 30 ans se souvient de sa vie, de tous les événements qui l'ont amenée à devenir ce célèbre auteur grâce à son best-seller l'Amant américain. Ce sera son unique roman, inspiré de sa propre aventure avec ce photographe à la sexualité débridée, âgé du double de son âge, il lui volera son innocence et toutes ses illusions. Cette rencontre allait pour sûr changer son destin à tout jamais.

Tout comme ce chef de gare du petit village d'Astapovo en Russie qui tente en vain d'échapper à l'inanité de l'existence et à sa femme qui va voir arriver Tolstoï en personne contraint de stopper son voyage en train parce que gravement malade. Tolstoi, qui comme lui aura tenté d'échapper à sa mégère de femme et s'éteindra dans le lit du chef de gare.

La gouvernante de Manderville Hall qui apprendra qu'elle a servi de muse à Daphné du Maurier pour son roman Rebecca. Elle devient la narratrice de cette nouvelle histoire et crie combien elle a été naïve de croire en l'amour de Daphné, celle-ci l'ayant juste utilisée aux seules fins d'écrire une histoire originale. Outrée du personnage odieux qu'elle est devenue dans ce roman, l'ancienne gouvernante reconvertie vieillit et s'aigrit retrouvant peu à peu les traits physiques de Mrs Danvers.

2 autres histoires suivront pour former un recueil de 5 nouvelles qui sont tour à tour des comédies, des tragédies avec un fil conducteur, l'amour. L'auteure n'a plus rien à prouver quant à ses talents de conteuse ayant été primée par de nombreux prix et même anoblie par la Reine. On se laisse porter par ses histoires, on s'attache à ses personnages qui parfois nous font rire et parfois pleurer et que nous aimons parce que l'auteur a su les rendre si vivants.

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Rédigé par Dominique84

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Publié le 10 Août 2016

L'homme qui escroqua le Roi-Soleil de Gérard Hubert-Richou, Genèse Edition

Fin décembre de l'an de grâce 1678, le Secrétaire d'Etat aux affaires étrangères et ministre d'Etat, le marquis de Pomponne attend d'être reçu par le roi. Il est en charge de faire signer au Roi une série de documents concernant la vente à la France de la citadelle de Casal cédée par le Duc de Mantoue. La France, qui l'avait possédée pour ensuite la perdre à la fin de la guerre de Trente Ans, cherchait depuis à récupérer au Duc de Mantoue cette citadelle à la position stratégique puisqu'elle permettait le contrôle d'une bonne partie du Piémont. Celui-ci envoya un émissaire se charger de la négociation, Ercole Mattioli, conseiller et ministre du Duc. Louis XIV réclama la plus stricte discrétion en raison des tensions en Italie causée par la présence française depuis les guerres d'Italie. Le Roi Soleil paya le prix fort mais au moment où la garnison française allait prendre place dans la citadelle, Mattioli, pour des raisons probablement vénales, révéla la teneur de la négociation aux cours d'Autriche, de Savoie et d'Espagne.

Le roi furieux mandata alors son lieutenant de police Mr de La Reynie de retrouver au plus vite cet escroc qui serait en possession de documents secrets. C'est ainsi que nous retrouvons le si sympathique et loyal commissaire Géraud Lebayle, figure emblématique des romans historiques de l'auteur. A ses côtés, nous partons dans une nouvelle aventure aux multiples rebondissements. Comme toujours Gérard Hubert-Richou nous promet une lecture aussi captivante qu'instructive parce que vous l'aurez compris, courir aux trousses de l'homme qui escroqua le Roi-Soleil n'est pas une mince affaire !

Pour lire ou relire les deux précédentes chroniques concernant Gérard Hubert-Richou il suffit de cliquer sur : "La Mauresse, l'enfant caché de Versailles" et "Le sceptre et le venin"

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Rédigé par Dominique84

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Publié le 10 Août 2016

3 nouveaux volumes viennent de paraître dans la collection Incipit "Les délices de 36" signé par Nicolas Rey qui revient sur les tous premiers congés payés à travers les vacances de ses aïeux. C'est en juin 1936 que Jean, Bernadette et leur fils Marius âgé de 15 ans prennent le premier train des vacances qui va les conduire sur les plages de Deauville. La présence de ces nouveaux venus n'est pas sans choquer les privilégiés des stations balnéaires. Car l'adoption des congés payés et la mise en vente de "billets populaires de congés annuels" offrant de grosse réduction sur le prix du billet de train est une véritable révolution sociale.

Philippe Besson quant à lui revisite les années avant Sida et nous livre sa vision des choses "après tout, quelle importance, quand et comment ça a commencé ! Ce qui compte, c'est ce qui s'est passé, ce qui a suivi, l'immense catastrophe, la calamité mondiale" écrit-il en préambule.

Il est de la nature humaine de toujours chercher un responsable, celui par qui tout à commencé, un coupable. Philippe Besson nous parle de celui qu'on appela à tort le patient zéro, le steward canadien Gaëtan Dugas accusé d'avoir été le premier homme à transmettre le Sida. Or les premiers cas se dénombrent quelques 30 ans auparavant mais ne seront pas répertoriés. Dans l'Amérique des années 80, les années Reagan, cette maladie semble présenter les allures d'une sanction divine. Cette maladie qu'on appela au début le "gay cancer" s'est transformée en une véritable pandémie provoquant un séisme sociétal.

Le troisième roman traite des Jeux Olympiques. Philippe Jaenada, auteur notamment d'une dizaine de roman revient sur les origines de cette institution internationnale. Depuis 884 avant J.C. date à laquelle se déroulent à Olympie les 1ers Jeux jusqu'à nos jours, l'auteur retrace cette fabuleuse histoire, les Jeux étaient alors le symbole de paix entre les peuples. J'ai appris notamment qu'il existait des Jeux Héréens, toujours à Olympie, en l'honneur d'Hera dont les participants étaient exclusivement des femmes. Le Christianisme, parce que les athlètes y concourraient nus et parce que la liesse qui cloturait les Jeux étaient considérée comme une manifestation païenne, y mettra un terme ordonnant la destruction du site d'Olympie. Bien des siècles plus tard, puisqu'en 1890, Pierre de Coubertin, influencé par un philanthrope américain Penny Brookes qui avait créé un festival sportif inspiré de l'Antiquité grecque crée le Comité Olympique français pour organiser les Jeux Olympiques d'Athènes en 1896.

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Rédigé par Dominique84

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Publié le 10 Août 2016

Eliette Abécassis, "Deux-pièces", Collection Incipit

Le deux-pièces n'est pas si récent qu'on le croit, il existait déjà dans l'Antiquité, des mosaïques l'attestent. Les femmes l'endossaient pour s'adonner au sport, jouer au ballon, etc... Il ne reviendra au devant de la scène qu'en été 1946, baptisé Bikini par son inventeur Louis Réard ; Bikini, île du Pacifique, lieu des essais nucléaires, ce petit bout de tissu allait pour sûr, faire l'effet d'une bombe. Louis Réard voulut aussi à son humble niveau faire en sorte qu'on parle de la France, le pays ignoré de Yalta.

C'est Micheline Bernardini, danseuse nue au Casino de Paris qui a l'honneur de le porter au défilé de maillots de bains, aucun mannequin n'ayant accepté de défiler dans cette tenue jugé indécente.

"Avec le bikini, proclamons la liberté de la femme et la défaite de Vichy et son ordre moral qui a cherché à éliminer les loisirs et les congés payés".

C'est au défilé à la piscine Molitor qu'Eliette Abécassis situe son histoire, un lieu chargé de souvenirs sombres puisqu'il fut le centre d'accueil pour ceux qui revenaient des camps de la mort.

Antoine y retrouve Gaby, ils s'aimaient mais la guerre et la cruauté des hommes les avait séparés, se retrouver ici relève du miracle et pourtant, plus rien ne sera pareil, il va falloir se reconstruire, pardonner, oublier...

A travers le dialogue de ces deux personnages, l'auteur fait revivre cette période trouble d'après-guerre, une période où l'on tente d'oublier malheur et désir de vengeance, on veut vivre libre, on veut croire à un avenir meilleur.

J'avais déjà parlé à plusieurs reprises de cette collection qui a pour but de nous parler des premières fois, ici

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Rédigé par Dominique84

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