Publié le 29 Septembre 2016

Les verticaux de Romaric Sangars, Editions Léo Scheer

Un premier roman déroutant par la maturité stylistique de l’auteur, un premier roman qui inaugure un nouveau style dans la littérature du XXIème siècle, un renouveau, c’est la nouvelle vague du nouveau nouveau roman.

C’est un soir de décembre que le narrateur, Vincent Revel la rencontre. Elle chantait dans les rues de Paris, sous une pluie battante. C’était Lia Silowsky, l’insaisissable, l’imprévisible et en marge du monde commun, Lia ; il ignorait alors que cette rencontre allait changeait le cours de sa vie.

Un peu plus tard, était-ce un hasard ou comme l’appelle les surréalistes un “hasard objectif”, il fera la rencontre d’Emmanuel Starck, le fantasque Emmanuel, l’homme qui se voulait chevalier.

Journaliste, écrivain en devenir, Vincent Revel est un désabusé de la vie. Pétri de renoncement, il cache pourtant au fond de son tiroir, l’ébauche du roman de toute une vie, la sienne.

Emmanuel “produisait un écho” dans son existence. Il lui faisait resurgir des sentiments enfouis, il sentait enfin revenir en lui cette force, ce désir qui l’avait quitté.

Lia et Emmanuel que tout opposait avaient pourtant en commun qu’ils “se retrouvaient tous deux sur l’axe vertical : lui tout entier dans l’élan de se hisser et elle douchée d’éclats d’en haut”. Il s’opposaient tous deux à la platitude des autres, “cette horizontalité binaire”

Les chants ensorceleurs de Lia et l’informel Emmanuel vont l’extirper de son inertie mentale. Ensemble, ils vont refaire le monde, regretter les codes chevaleresques oubliés au profit de l’individualisme forcené de notre époque. Ce roman nous invite à vivre et défendre nos idéaux même s’il faut heurter la société bien-pensante. C’est un texte satirique totalement abouti.

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Rédigé par Dominique84

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Publié le 23 Septembre 2016

Le Cri

"Mes amis s'éloignaient et, seul tremblant d'angoisse, je pris conscience du grand cri de la nature."

Eduard Munch relatant l'instant qui lui a inspiré son oeuvre Le Cri

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Rédigé par Dominique84

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Publié le 22 Septembre 2016

Sur le fil de Elise Fischer, Presses de la Cité
Merci à l'auteur de m'avoir adressé son dernier roman.
Un roman bouleversant à l'histoire malheureusement toujours d'actualité. Beau, sensible et poignant, ce roman qui fait partie de ceux qui nous bouleversent encore longtemps, après les avoir refermés.
Présentation de l'éditeur

1960, Nancy. Dans sa cellule de prison, Lina attend sans illusions l'issue de son procès.
C'est au parloir, grâce à sa visiteuse, sœur Marie-Bernadette, toute de patience et de douceur, que Lina peut malgré tout libérer sa parole, sa mémoire, et remonter le fil de son histoire : son enfance sous le soleil du Sud, sa vie de bohème dans les cirques, sa folle passion pour un danseur juif allemand pendant l'Occupation. Jusqu'à sa rencontre avec René...
Parce qu'il lui avait montré un visage avenant, parce qu'il semblait réellement épris, elle, la jolie saltimbanque, a accepté de s'unir à lui. Mais comment se relever de l'épreuve quotidienne des coups, de l'humiliation, de la honte ? Un jour, à bout, elle l'a laissé mourir...

Biographie de l'auteur

Elise Fischer a toujours épousé la cause des femmes en racontant au fil de ses romans leurs passions, leurs blessures, leurs combats. En témoignent ses romans, parmi lesquels Trois Reines pour une couronne, Les cigognes savaient, Le Secret du pressoir, Les Larmes et l'Espoir,ou encore Mystérieuse Manon.

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Rédigé par Dominique84

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Publié le 13 Septembre 2016

Le livre de la joie, Le Dalaï-Lama & Desmond Tutu avec Douglas Abrams, Flammarion

Ce livre qui condense une semaine d’entretiens des deux Prix Nobel de la paix est une source de bien-être pour qui prendra le temps de se poser et appliquer les principes de bases de la méditation. Mais ce livre n’est pas seulement cela, on y découvre ces deux êtres illuminés par la sagesse, pleins d’humour et de joie de vivre. Un livre rafraîchissant qui soigne l’âme !

A l’occasion de son 80ème anniversaire le Dalaï-Lama a reçu l’archevêque Desmond Tutu à Dharamsala, sa résidence d’exil en Inde depuis l’invasion chinoise du Tibet.

Durant une semaine, ces deux grands maîtres spirituels du monde contemporain se sont rencontrés, ont échangé leurs points de vue avec l’intention “d’offrir au monde notre propre cadeau d’anniversaire : nous aimerions que ce petit livre soit une invitation au bonheur”.

L’auteur Douglas Abrams les a rencontrés chaque jour et relate scrupuleusement les propos de ces échanges afin que le lecteur partage leur vision du monde et leur expérience respective, leur sagesse et leur humanité.

“La joie, nous dit l’Archevêque, est bien plus grande que le bonheur. Alors que le bonheur est souvent dépendant de facteurs extérieurs, la joie ne l’est pas”.

Durant cette semaine, chaque jour a donné lieu à un débat. Ainsi ils vont débattre sur la nature de la joie véritable qui relève d'un état d’esprit et d'un art de vivre.

Les 3 aptitudes que le Dalaï-Lama et l’Archevêque considèrent comme des piliers de la joie sont la capacité à voir une situation donnée de manière positive, la propension à la gratitude, et la volonté d’être attentionné et généreux. Leurs dires sont de nos jours corroborés par la neuroscience, l’imagerie cérébrale ayant démontré qu’il existe quatre circuits neuronaux indépendants qui influencent la pérennité de notre bien-être.

Ces grands maîtres de la spiritualité nous conseillent, nous orientent pour lutter contre tous les obstacles à la joie, nous expliquent comment gérer le stress et l’anxiété, véritables fléaux de la vie moderne.

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Rédigé par Dominique84

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Publié le 7 Septembre 2016

Province de Richard Millet, Editions Léo Scheer

Tout change même la Province qui se met à ressembler de plus en plus à la capitale, à connaître les mêmes problèmes que les grandes villes, violence, migration, décomposition culturelle. L’auteur s’alanguit en longues phrases teintées aux couleurs balzaciennes pour décrire le néant ou plutôt la fin de la Province, si reculée soit-elle qui est en train de vivre le même sort d’uniformisation, c’est la fin des spécificités culturelles.

Saint Roch, journaliste parisien décide de quitter la capitale pour revenir sur ses origines. C’est à dans une ville de 11.000 habitants, Uxeilles, ville imaginaire que l’auteur situe entre Limoges et Clermont-Ferrand qu’il apparaît un jour de janvier, causant l’étonnement, la suspicion voire l’agacement des voisins, des connaissances. Au pourquoi de son retour, il aime à clamer par pur désir de provocation “Je suis revenu à Uxeilles pour baiser le plus de femmes possible”.

Il revient aux sources et observent les ravages de la civilisation qui n’épargnent rien, pas même la Province.

L’auteur nous titille, nous interroge, Qui est le véritable Saint Roch qui se cache sous de multiples identités, quelle est la véritable raison de son retour ici, où il semble ne rien se passer, Qu’a-t-il l’intention de faire ? écrire un roman, faire du journalisme, régler une histoire familiale ou amoureuse, qui sait ?

Ce retour aux terres d’origine c’est revenir sur les pas de son existence, un retour en soi-même teintée d’une amère nostalgie, d’une mélancolie quelque peu hargneuse.

Mais qu’importe l’histoire, c’est la façon dont l’auteur “s’est amusé” à l’écrire. Il revisite la langue française dont il est le défenseur acharné, n'y constate que dérives et pertes qui, à l’image de la province, tend à se standardiser, à s’uniformiser, à être nivelé par le bas.

Dans ce long bavardage quelquefois assommant, l’auteur écrit de longues phrases à rallonge (la première phrase s’étire sur 27 lignes et à la deuxième phrase on est déjà page 3), on s’y fatigue bien souvent à y chercher un sens, pour finir se perdre comme dans un labyrinthe.

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Rédigé par Dominique84

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Publié le 5 Septembre 2016

L’année la plus longue de Daniel Grenier, Ed. Flammarion

Un roman kaléidoscope, un roman puzzle, un roman piste qui nous invite dans les couloirs du temps, une fresque familiale épique…. bref un premier roman aussi étonnant que détonnant et déroutant !

On avait dit à Thomas qu’il n’existerait qu’une année sur 4 parce qu’il était né un 29 février, comme son mystérieux aïeul Aimé Bolduc. Albert, le père de Thomas, va consacrer sa vie à suivre les traces de cet homme énigmatique qui ne vieillit que tous les 4 ans. Il va rassembler ses découvertes sur des carnets que l’auteur nous invite à lire et ainsi traverser 2 siècles d’histoire des Etats Unis et du Québec.

Peu de temps après la naissance de Thomas, Albert les quittera pour poursuivre sa route, Chattanooga dans le Tennessee n’était qu’une étape.

Recueilli par ses grands-parents à la mort accidentelle de sa mère alors qu’il n’a que 14 ans, Thomas Langlois atterrit dans un territoire inconnu, un foyer stable et dévot que sa mère avait si âprement critiqué durant toute sa vie, si courte soit-elle.

Albert Langlois, ce canadien mécréant était bien loin de l’image du gendre idéal qu’ils avaient rêvé pour leur fille . Laura avait alors mis beaucoup de distance entre ses parents et elle, même quand Albert était parti un jour, en les abandonnant. Laura avait continué à élever son fils seule jusqu’à ce terrible accident.

La vie de Thomas, d’Albert ou d’Aimé ne sont que le prétexte judicieux de l’auteur pour nous tracer à gros traits 3 siècles d’histoire des Etats Unis et du Canada.

C’est un roman original tant dans sa construction, n’y cherchez pas le fil conducteur de la chronologie ni du narrateur principal, que dans sa façon de mêler le fantastique au réel dans un style fluide et peut-être un trop bavard.

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Rédigé par Dominique84

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