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A Domi-mots

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Merci aux maisons d'éditions qui me font confiance en me proposant des partenariats et aux auteurs qui m'adressent leurs derniers ouvrages. Chaque chronique est partagée sur mes comptes Facebook, Babelio et Twitter


Gwendoline Hamon "Les dieux sont vaches", Ed. JCLattès

Publié par Dominique84 sur 21 Mars 2014, 16:02pm

Catégories : #Mes lectures

Image and video hosting by TinyPicGwendoline Hamon appartient à une lignée d'artistes et d'écrivains et pas des moindres, Jean Anouilh était son grand-père. Elle est actrice et metteur en scène. Les dieux sont vaches est son premier livre. Elle y raconte son difficile deuil après la mort de sa mère. « Je n’arrivais pas à me débarrasser de certains souvenirs, à expliquer à quel point la mort de ma mère m’a fracturée. Tout s’est fait très naturellement. Un soir, j’ai commencé à écrire comme cela m’est arrivé mille fois, sauf que là j’ai continué », explique la comédienne de 43 ans. Le ciel lui tombe sur la tête lorsque Zélie (le prénom qu’elle s’est donné dans le livre) apprend que sa mère est gravement malade et qu’il ne lui reste que quelques semaines à vivre. Ces quelques jours ont une importance capitale dans sa vie de fille. A son chevet face à sa mère qui est dans le déni de sa maladie, Zélie revit les souvenirs de son enfance dans une famille hors normes, avec une mère fantasque, capable du meilleur comme du pire, si cruelle et si attachante à la fois. Une mère que très tôt elle s’est cru obligée de protéger, développant un sens des responsabilités trop pesant sur ses épaules d’enfant. Une mère qui était une enfant pour ses propres enfants et qui, malgré ses lubies, ses manies, ses amants, son humour décapant, ses mots acides, les chérissait plus que tout. 

« Ce n'est sans doute pas par hasard si cet irrésistible besoin d’être aimée a dévoré mon existence. je venais d'avoir la réponse à mes interrogations, le récompense à ma quête maladive. La forme à ce moment précis qu'avaient prise ces trois mots "je t'aime" m'avait réconciliée avec la névrose infantile qui me suivait depuis toujours. Ma mère m'aimait, je n’étais pas née pour rien ».

« Je ne te l'ai jamais dit, mais tu m'as offert tes angoisses sur un plateau, tu me les as léguées. Tu ne l'as pas voulu, c'est certain, mais tu as fait de ta petite fille une anxieuse, une paniqueuse, une fragile, une grande petite, une fille qui essaye d'avancer en regardant le ciel, mais qui est attachée, chaîne au pied, à un devoir: celui d’écouter, de comprendre, de rassurer, de consoler, de surmonter, de gratter, de masser, de prendre parti, de subir. De payer un sale truc qui ne date pas de mon temps. »

Ce roman m’a bouleversée. C'est un exercice périlleux que de parler de sa mère décédée sans tomber dans le pathos. Il y a un avant et un après qu'il faut construire, jour après jour, tout en apprivoisant cette absence irrémédiable. J'ai connu ces derniers instants magiques que j'ai reçus comme un cadeau de la vie. J'ai compris alors le sens profond du verbe "élever un enfant". Maman, après ton départ, je me suis tenue droite, tu m'avais élevée.

 

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Marc 31/03/2014 10:47


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