Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

A Domi-mots

A Domi-mots

Merci aux maisons d'éditions qui me font confiance en me proposant des partenariats et aux auteurs qui m'adressent leurs derniers ouvrages. Chaque chronique est partagée sur mes comptes Facebook, Babelio et Twitter


Le prince d’orchestre de Metin Arditi, Ed. Actes Sud, 384 p.

Publié par Dominique84 sur 7 Septembre 2012, 15:13pm

Catégories : #Mes lectures

Image and video hosting by TinyPic   

Il suffit quelquefois de peu pour que tout s’effondre. L’animal social que nous sommes peut à tout moment prononcer un mot, avoir un geste malheureux pour que tout ce qu’on a construit, récolté s’effondre et soit anéanti.

« Ce roman est l’histoire de quelqu’un qui avait tout et pour finir n’a rien » nous dit l’auteur. Comment peut-on en arriver là ?  

C’est pour répondre à cette question qu’il a écrit l’histoire d’Alexis Kandilis, grand chef d’orchestre au sommet absolu de sa gloire, un homme qui possédait tout, beauté, gloire et génie. Sa route est jalonnée de compliments, d’éloges, on le déifie quasiment. Puis un jour tout s’écroule. Comment en est-il arrivé à mettre cette réussite en péril ? Peut-être à trop vouloir se voiler la face, cacher aux autres les blessures profondes qui ne cicatrisent pas.  Les blessures d’enfance perdurent, tapies au fond de soi, elles ressurgissent au moment où l’on croyait les avoir effacées. Pas un jour que Gustav Mahler avec ses Chants des enfants morts ne revienne le hanter, il s’efforçait de chasser ses souvenirs, mais en vain. La vie lui avait tout donné mais elle l’avait aussi blessé irréméfdiablement. La musique n’a pas réussi à le sauver des griffes du destin.  Un des éléments déclencheurs de sa chute c’est qu’au fond, il n’ était pas dans une véritable relation fusionnelle avec la musique, une relation d’amour.  Il s’est mis en quête d’autre chose,  attendant toujours la reconnaissance suprême pour calmer son angoisse. Le hasard va le mettre sur la route de personnages immensément riches qui se regroupent en cercle pour jouer au poker. Il va se joindre fièrement à eux et miser des sommes folles. Peu à peu il ressent vis-à-vis de son métier une sorte de mépris, un mépris envers son travail et le monde de la musique. Il se permet des insolences, lance des remarques acerbes aux musiciens de l’orchestre. Tous vont alors faire bloc contre lui, solidaires.  Il va récolter au centuple ce qu’il a semé. C’est le début de la déchéance. Toute sa vie s’effondre, que ce soit sur le plan professionnel, financier, sentimental et social. On l’évite, on le critique, il a perdu son aura,  sa santé mentale s’effrite. C’est alors que l’amour lui tend la main avec  2 femmes exceptionnelles, elles lui donneront cette tendresse dont il a tellement manqué. Lui donneront-elles aussi la force de combattre ses démons ou est-ce trop tard ?

 

C’est à cette longue descente aux enfers à laquelle Metin Arditi nous invite. Son héros tragédien devient  peu à peu le jouet du destin qu’il s’est créé lui-même, inconsciemment, dans cette fuite en avant pour oublier l’essentiel, les blessures de l’enfance qui reviennent toujours insidieusement à la surface.

  Metin Arditi a composé la partition d’un homme aux prises avec son passé, la seule fausse note de sa vie !

Commenter cet article

B.Hibout 24/09/2012 10:27


Bonjour prêtresse des livres. 
Tout avoir pour s'apercevoir un jour ne rien avoir. Voilà bien le dilemme de ceux qui vivent trop longtemps à faire les paons devant une cour édulcorée au superflu. Sinon, je suis d'accord avec
le frangin et de ce que tu soulignes.
A certains moments, il m'énerve ce mec, il a toujours des concepts qui font mouche. Au plaisir Domi.

Dominique84 24/09/2012 12:44



De grâce, ne revisite pas l'histoire d'Abel et Caïn ! bzzzzzzzz fait la mouche



griounette 08/09/2012 18:47


je trouve la photo de couverture MAGNIFIQUE....et cet oiseau qui observe de loin.....bonne soirée domino, gros bisous

kinou31-36:0059: 08/09/2012 14:55


Bonjour ma Mimi. Pour reprendre Ferrat, je dirais que nul ne guérit de son enfance. Voilà une réflexion malheureusement pessimiste mais bien réelle. Les tribunaux en tiennent compte, parfois.
Passe un bon week-end. Bisous. @+

DENIS 07/09/2012 22:31


un auteur dont j'ai entendu beaucoup de bien et que je n'ai pas encore lu

Anne6329 07/09/2012 21:57


Tellement difficile l'oubli des souvenirs malheureux mais encore plus  s'ils sont agréables ! Bisou Domi

pourquoi-pas732 07/09/2012 20:20


Bonosir Dominique.


Je ne passe pas souvent chez toi qui est une littéraire alors que je suis plongé dans les codes informatiques, beaucoup moins poétiques !


Bonne fin de semaine.


Gilbert

M.Old 07/09/2012 17:17



Au gré des vies, quelques soient ces dernières, nous ne sommes que peu de chose. Tout juste ce que les autres ressentent de vous.
A moins d'être un asocial endurci ou un sans cœur réchappé d'une "cassure" de vie, nous sommes formaté à vivre au travers du regard des autres.
Vivre par procuration, voilà ce que nous faisons tous ! Nous phagocytons les raisons de vivre !
Soit on se fait encenser égoïstement, soit on identifie son bien être au travers du plaisir des autres.
Si on perd cette énergie vitale, la perception du rien devient une non vie !
C'est pourquoi l'amour pur et dur est essentiel. C'est la seule émotion ou donner c'est recevoir !
.
Sinon quelle chance d'avoir 2 femmes pour se faire remonter le moral ! Haha !
Ciao

Dominique84 24/09/2012 09:42



j'aime cette formule "donner pour recevoir", alors que beaucoup imaginent que "prendre c'est avoir".



Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents