Publié le 13 Mai 2017

 

Ce roman projette le lecteur dans un temps futur, imaginaire et pourtant bien ancré dans la réalité contemporaine par des éléments véridiques. Le lecteur est littéralement happé par cette histoire car la crédibilité et la vraisemblance de ce que l’auteur expose nous fait froid dans le dos.

C’est une étude sociétale bien menée à travers l’histoire de 4 personnages enfermés dans un labyrinthe où il n’y a qu’une issue, la mort. Comme la vie du reste !

 

Dans ce huis clos étouffant, on y rencontre notamment Ariane, la seule à être arrivée  là par erreur, sans son consentement. Il a suffi d’un coup de folie (le seul peut-être de toute sa vie) pour que toute sa vie bascule dans un cauchemar inimaginable pour la petite bourgeoise transparente qu’elle était devenue. Qu’est-ce qui lui a pris de voler le sac de cette femme assise à côté d’elle dans un café ? Une pulsion incontrôlable causée par peut-être le fait qu’on lui avait volé le sien l’heure précédente ?

A l’intérieur du sac de l’inconnue, elle découvrira un billet de train qu’elle va utiliser sans savoir trop pourquoi, sans savoir où cela l’amènera vraiment.

Son voyage va s’arrêter à Mioreira, une zone désaffectée et contaminée puisque destinée à l’enfouissement des déchets nucléaires.

 

Sans le savoir, Ariane a rejoint le PFS auquel avait souscrit Anne, la propriétaire du sac volé. Le PFS ou Programme de Fin Solidaire est un programme de suicide volontaire sous l’égide de l’Etat. Ceux qui y participent sont des “suicidants” convaincus par l’Etat que leur mort pourrait être utile à la nation. Au moment choisi, ils seront précipités dans un trou noir enterrant nos déchets radioactifs, double bénéfice pour l’Etat qui élimine ses déchets qu’ils soient radioactifs ou humains.


Dans cette fable d’anticipation, l’auteur traite de façon terrifiante la façon dont l’Etat peut manipuler la société, une société à la dérive, une société qui perd ses repères et dont le sentiment d’utilité peut toujours  être titillé.

Voir les commentaires

Rédigé par Dominique84

Publié dans #Mes lectures, #flammarion

Repost 0

Publié le 13 Mai 2017

Héros éponyme du roman de Didier Van Cauwelaert paru en 2015 où nous faisions la connaissance de ce superbe quadrupède mis au chômage après que sa maîtresse avait recouvré la vue, Jules est de retour !

 

Autour de Jules, on retrouve Alice dont la vie a bien changé depuis qu’elle n’est plus aveugle. Elle combat au sein d’une OMG contre la disparition des éléphants en Thaïlande, Zibal, le vendeur de macarons, devenu leader dans la vente de produits de phytothérapie grâce à l’incomparable, l’inégalable Fred, jeune femme d’affaires impitoyable.

 

Et Jules ? qu’est-il devenu ?

 

Jules a perfectionné son acuité et a réussi sa reconversion de chien d’aveugle en chien d’assistance pour épileptiques. Didier Van Cauwelaert précise que cela n’a rien à voir avec la fiction, les chiens auraient la faculté de sentir les signes avant-coureurs d’une crises d’épilepsie. Les chiens détecteurs de crise ne sont pas encore reconnus en France à l’inverse des pays anglo-saxons.

 

Ainsi Jules a retrouvé un sens à sa vie, il se sent de nouveau utile et coule des jours heureux jusqu’au jour où il commet l’irréparable. Il a mordu le petit-fils d’une épileptique dont il avait la charge. Alice et Zibal qui avait connu une belle histoire d’amour dans le premier roman  vont se retrouver pour accourir au secours de Jules et lui éviter l'euthanasie. Il  n'ont que 24 h pour agir d'autant que Jules aggrave son cas en fuguant avec l’élue de son coeur, Victoire, une chienne de la gendarmerie nationale spécialisée dans la détection d’explosifs.

Les facéties et diverses péripéties de Jules font du roman un roman à suspense, un roman instructif également sur l’utilisation de la race canine par nous, faibles humains désarmés devant le handicap, la maladie et maintenant le terrorisme. Toujours beaucoup d'humour dans les aventures de Jules mais l'émotion n'est cette fois pas au rendez-vous. Qu'importe après tout, ce roman est néanmoins un magnifique hommage à tous ces chiens héroïques qui ont sauvé des vies humaines.

Didier Van Cauwelaert avec l’aide du Professeur Vespignani, neurologue à Nancy a créé le projet ESCAPE : “l’Ecole Supérieure des Chiens d’Alerte et de Protection pour Épileptiques”. On y formera des chiens pour sauver des personnes épileptiques, aveugles, handicapés ou même aider des unités antiterroristes comme cela existe déjà aux Etats-Unis, au Canada, en Angleterre et en Belgique.

Voir les commentaires

Rédigé par Dominique84

Publié dans #Mes lectures, #Albin Michel

Repost 0

Publié le 13 Mai 2017

La journée avait bien mal commencé pour le jeune Nicolas Campanelli. Son père avait refusé de le laisser seul à la maison alors que toute la famille était invitée à passer le week-end dans une station de ski chez un ami. Laurent avait retrouvé un vieux copain de Fac sur Facebook et après quelques petits échanges sympathiques, ils avaient décidé de se retrouver pour évidemment ne jamais plus se perdre de vue. C’est ainsi que Laurent, Perrine sa femme et leurs 2 enfants se retrouvent dans les Alpes à 2000 m d’altitude.

¼ de siècle était passé, Laurent avait échoué ses études universitaires, avait laissé ses rêves derrière lui pour gagner sa vie et faire vivre sa famille très confortablement. Il n’avait rien à envier à ses amis d’enfance, Michel et son frère Yvon, sa soeur Flore dont il était amoureux à l’époque. La famille nantie de Saint-Cyr-au-Mont-d’Or l’avait accueilli, lui le fils d’un maçon italien, lui le boursier. Il avait tenté toute sa jeunesse de donner le change dans ce milieu bourgeois si loin de son environnement familial. Ce malaise de la différence de statut social, il l’avait oublié et maintenant il lui revenait comme un boomerang face à eux.

Dans ce huis-clos enneigé, Laurent et ses amis sont à la recherche d’une jeunesse perdue, c’est à celui qui saura se rappeler la meilleure anecdote d’un temps révolu, l’alcool coule à flots, on s’observe, on se frôle…

Mais remonter le temps c’est aussi ouvrir une brèche. L’adolescent qu’il avait été sommeillait toujours en lui, Laurent était loin d’imaginer où tout cela le mènerait…

.........................................

Ce drame qui trouve sa source dans la frustration et les rancoeurs enfouies, la manipulation abjecte éclate et prend de plein fouet le lecteur abasourdi. Quand l’étincelle jaillit, le brasier s’enflamme, personne ne pourra éteindre ce feu qui couvait depuis si longtemps.

Une histoire qui se voulait belle et qui se transforme en horreur dans une ambiance cauchemardesque à la Stephen King.

C’est le 10ème roman d’Olivier Maulin.

Voir les commentaires

Rédigé par Dominique84

Publié dans #Editions du Rocher, #Mes lectures

Repost 0

Publié le 1 Mai 2017

Chamonville, petite bourgade de la région parisienne vient de connaître un drame, la petite Albane est morte en tombant de l’escalier de son école. Un accident mortel qui plonge toute la population dans l’effroi et une profonde peine. Et si ça n’était pas un accident ? Et si elle avait été poussée ? L’idée n’effleure même pas les parents car qui aurait bien pu en vouloir à une petite fille de 9 ans ?

 

Mais le directeur de l’école Jean-Louis Landresse a de sérieux doute, il était tout près quand la petite est tombée, il a entendu des pas précipités juste après, comme quelqu’un qui prenait lla fuite après avoir commis son méfait. Il n’a rien vu mais il a cette intime conviction qui lui brûle le coeur.

Comment convaincre les autres de cela ? Comment dire ce qui l'oppresse depuis la mort d’Albane sans passer pour fou ?

 

Il décide toutefois d’en parler à son ami Etienne, psychologue et père de 2 petites filles scolarisées dans son établissement. Comme il s’y était attendu, Etienne refuse de le croire et nie en bloc la thèse du meurtre. Pour perpétrer un meurtre, il faut avoir un motif et qui  à part un fou, pourrait s’en prendre à une petite fille ?

Pas question d’ébruiter les soupçons de Jean-Louis car il suffirait d’une étincelle pour soulever une émeute. La charmante et tranquille bourgade est depuis peu le lieu de propos racistes virulents à l’encontre de migrants ayant squatté un ancien hameau désaffecté à la lisière de la commune. Dire qu’Albane a peut-être été assassinée, c’est à coup sûr insinuer qu’ils sont les coupables.

 

Etienne refuse d’entrer dans la spirale infernale de la psychose entretenue par certains, il essaie  de calmer Jean-Louis, de le rassurer mais celui-ci semble cacher un terrible secret qui serait à l’origine de la mort d’Albane. Il décide néanmoins de l’aider et sous couvert d’une aide psychologique, il va questionner tous les professeurs de l’école.

Cela ne mènera à aucune piste mais quelques temps plus tard, on dénombre 2 autres chutes accidentelles dans la bourgade. Cette fois, il s’agit d’adulte, une joggeuse et une promeneuse. Accident ? Meurtre ?

Jean-Louis décide alors de s’ouvrir à Etienne, Avant d’être directeur d’école, il était dans la gendarmerie et il avait commencé à travailler sur une théorie réfutée par la plupart des psychiatres, la théorie des meurtres immotivés. C’est le syndrome de Croyde, une pulsion de mort qui touche des individus sans aucun antécédent psychotique.

Et si l’assassin était parmi eux ? Parmi leurs proches ?


Un roman qui se lit comme un polar mais qui est bien plus encore car il traite de sujets d’actualité comme la difficile acceptation de migrants dans les campagnes, l’absence d’infrastructure adéquate pour les accueillir, la montée du racisme, etc… La violence, le stress, la peur ne seraient pas sans conséquences sur le psychisme des individus avec l’implacable progression du syndrome de Croyde. Terrifiant !

Voir les commentaires

Rédigé par Dominique84

Publié dans #Mes lectures, #Editions Daphnis et Chloé

Repost 0

Publié le 30 Avril 2017

C’est à un texte très original auquel nous invite Ariane Bois avec Dakota Song. Elle s’écarte ici de ses précédents romans et de ses thèmes de prédilection comme la seconde guerre mondiale et la Shoah ( “Le monde d’Hannah”) pour nous offrir une sorte de roman choral dont le principal personnage est un immeuble situé en plein cœur de Manhattan sur Central Park.  Cet immeuble mythique conçu en 1884 par Edward Clark qui avait fait fortune dans les machines à coudre Singer est composé de 93 appartements, 150 personnes veillaient au bien-être des résidents, il y avait un restaurant, un terrain de cricket et un jardin sur le toit. Le West Side, autrefois quartier désert et éloigné du centre est devenu grâce au Dakota, un quartier résidentiel recherché qui attira très vite par le luxe de ses équipements une clientèle que l’on qualifierait aujourd’hui de people.  

 

Grand reporter et journaliste, l’auteure a su mener une enquête soigneuse et scrupuleuse sur cet immeuble, a eu le privilège d’y pénétrer pour s’imprégner des lieux avant d’écrire son intrigue fascinante autant que l’est encore de nos jours cet immeuble.

 

Dès les premières pages du roman, le ton est donné, celui d’une Amérique qui vit la tragédie de la guerre du Vietnam, qui irradie internationalement, qui est aux prises avec le racisme et le sexisme. C'est à travers les yeux de Shawn Pepperdine, un jeune noir embauché comme portier du Dakota que l'histoire va s'articuler. De son poste d’observation, ce jeune homme sorti de Harlem et que le hasard de la vie va conduire dans ce palace dans lequel il n’aurait jamais même pensé entrer un jour, va écrire l’incroyable saga de cet immeuble. Un club de VIP (pour y habiter, il faut être coopté par les autres propriétaires) qui a compté parmi ses membres Lauren Bacall qui y a élevé sa famille depuis les années 1960 et y est morte à l’été 2014, Léonard Bernstein, Rudolph Noureev, Andy Warhol, et bien d’autres encore sans oublier John Lennon qui déclencha un véritable scandale quand il acheta un appartement en 1972 avant d’être assassin une décennie plus tard devant le porche de l’immeuble et Polanski qui a filmé le Dakota pour son film Rosemary’s baby

Dans un style mêlant élégance et vitalité, Ariane Bois nous dresse le portrait de New York dans les années 70,  d’une Amérique qui veut le changement, une Amérique qui connaît des années de luttes sociales  “J’ai voulu, avec mon personnage de Shawn, montrer la colère mais aussi l’espoir de la jeunesse noire qui cherche par tous les moyens à obtenir l’égalité réelle après celle des droits civiques acquis une décennie auparavant. Shawn représente cet espoir, cette volonté de s’en sortir, il fait partie de ceux qui innovent, puisqu’il est le premier portier noir du Dakota, un immeuble réservé aux « rich and famous”. “Nous couvrons ainsi dix ans de la vie de cet immeuble, qui recèle le meilleur et le pire de l’Amérique. Au Dakota, il se passe toujours quelque chose et chaque fenêtre ouvre sur un théâtre”.

C’est un superbe roman écrit avec talent, rythme et dynamisme, un roman littéralement envoûtant.

Voir les commentaires

Rédigé par Dominique84

Publié dans #Mes lectures, #Belfond

Repost 0

Publié le 30 Avril 2017

  Tout le monde a en tête la réplique célèbre (et encore plus célèbre depuis peu…) “"Il y en a qui ont essayé, ils ont eu des problèmes" tirée d’un sketch culte du duo d’humoristes formé par Philippe Chevallier et Régis Laspalès depuis 35 ans.

Philippe Chevallier quitte la scène cette fois pour prendre la plume et  nous offrir ce recueil de “chroniques drolatiques” publié aux éditions Flammarion.

"J'ai décidé de faire publier des chroniques que j'avais écrites au fil des années, comme ça, tout seul dans mon coin. Ces chroniques, je les ai mises en forme, je les ai rassemblées. Philippe Bouvard à qui j'en avais parlé m'avait conseillé d'en faire un livre, il a d'ailleurs écrit une préface merveilleuse", explique l'humoriste.

C’est un travail de plusieurs années, à peu près 7 à 8 ans, qui rassemble des “petites choses personnelles” nous dit-il sur le comportement des Français dont il ne se moque pas précise-t-il, “je me moque de ce qu’on impose aux Français par des modes ou des comportements stéréotypés qui s’imposent à eux”. Je ne dis pas que ce qui était avant était mieux mais ça ne m'empêche pas de penser que ce qui est aujourd'hui est forcément meilleur".

Il y a certes de la nostalgie dans ses pensées, mais aucune amertume dans ses écrits. Ce premier ouvrage nous fait rire autant qu’il nous interpelle. Le monde moderne et sa technologie n’ont pas rendu le monde meilleur, il le prouve avec tout l’humour qu’on lui connaît.

Voir les commentaires

Rédigé par Dominique84

Publié dans #Mes lectures, #flammarion

Repost 0

Publié le 30 Avril 2017

  L’auteur nous précise en préambule que tout est faux dans son roman mais que si les personnages sont vrais, c’est parce que l’auteur l’a voulu… De quoi attiser notre curiosité, n’est-ce pas ?

L’histoire débute en 1977. Zhida, un jeune Sino-Cambodgien arrivé en France à l’âge de 8 ans, va s’unir avec Gabrielle, la fille d’un paysan vendéen. Depuis son arrivée en France, Zhida s'est toujours efforcé de s’intégrer, il s’est montré affable, obéissant, gentil en toutes occasions. Il s’est fait accepter, apprécié, aimer puisqu’il va se marier mais est-il heureux ? Peut-on oublier ses racines, peut-on dépasser la souffrance d’une enfance tronquée par l’exil ? Près de lui, pour assister à son mariage, il y a son père qui vient d’arriver de Hong Kong et son oncle qui avait émigré en France  pour échapper aux Khmers rouges. Sa mère n’a pu se sauver à temps de la barbarie, elle ne sera présente à la cérémonie que dans les souvenirs meurtris de Zhida.

Zhida revit en pensée son parcours, son histoire et c’est à travers ses souvenirs qu’il nous raconte l’histoire du Cambodge avant et pendant l’arrivée des Khmers rouges, c'est l’histoire des boat-people qui fuyaient le communisme que l’auteur nous décrit.  Mais le roman d’Yves Viollier n’est pas seulement un livre d’histoire sur la guerre d’Indochine, c’est une histoire émouvante où l’amour et l’humour sont au rendez-vous.

Un roman qui traite de sujets contemporains, comme le cas des migrants, de la difficile acceptation et adaptation de l’étranger et bien que le contexte économique et social diffère de celui de l’époque, les souffrances sont les mêmes. Un très beau roman que l’on pourrait croire autobiographique...

Voir les commentaires

Rédigé par Dominique84

Publié dans #Mes lectures, #Presses de la Cité

Repost 0

Publié le 30 Avril 2017

Karine Lebert a des sujets de prédilection, comme les sujets historiques, la place des femmes dans la société et c’est  le cas dans son dernier roman qui se déroule au milieu du XVème siècle en Bourgogne. Nicolas Rolin, chancelier du duc de Bourgogne et Guigone de Salins, ont décidé de construire un hôpital : l’Hôtel-Dieu. En faisant oeuvre de charité et de mécénat, ils ont institué une tradition qui a permis aux Hospices de Beaune de traverser l’histoire. Cette institution hospitalière qui n’accueille plus de patients depuis le début des années 80 a su constituer au fil des siècles un patrimoine viticole de 60 hectares des meilleures appellations de Bourgogne.

Sous la plume de l’auteure, nous faisons la connaissance de Balbine de Joinville, une religieuse parmi d’autres demoiselles de Beaune, un personnage féminin haut en couleurs, une femme meurtrie dans sa chair et dont la volonté se montrera sans faille durant toute son existence.

C’est un roman basé sur des faits réels qui, sous la plume sensible et affûtée de Karine Lebert, nous invite à visiter l’histoire à travers le destin de trois femmes. Des femmes qui ont bien décidé de prendre leur vie en main dans un monde où elles sont  reléguées aux travaux de couture et aux soins de la maternité, sont sans droits reconnus et soumises à la volonté des hommes.

A travers la chronique de vie de ces 2 héroïnes  Balbine et Guigone de Salins, Karine Lebert nous offre une fresque historique très réussie. A lire sans modération !

Voir les commentaires

Rédigé par Dominique84

Publié dans #Mes lectures, #Presses de la Cité

Repost 0

Publié le 4 Avril 2017

Pour mieux connaître et élaborer une stratégie de défense devant la Cour , un avocat a demandé à son client d’écrire des notes sur sa vie, son passé, tout ce dont il se rappelle jusqu’à cet “Accident” qui l’a amené en prison Sainte Marguerite.

Thomas Leurling clame son innocence depuis son arrestation. Mais son avocat commis d’office n’est pas tenté de le croire, aussi lui déclare-t-il qu’il vaut mieux tenter les circonstances atténuantes que de plaider l’innocence.  Thomas Leurling crie son innocence mais n’en a aucune preuve.  

Rares sont les avocats qui acceptent d’être commis d’office quand ils ont déjà une carrière derrière eux. Pourquoi donc cet homme accepterait-il d’être l’avocat de Thomas alors qu’il a  plus de 30 ans de carrière ?

Au fil des notes où Thomas va et vient dans le temps “au gré de l’incertitude et des aléas des événements”, le lecteur pénètre lentement au coeur d’une destinée aux prises avec une fatalité inexorable. “Je crois que j’ai toujours su que je n’arriverais nulle part et il me semble que j’y suis”.

Fils unique, Thomas Leurling a bénéficié d’une éducation bourgeoise et luthérienne en Alsace. “Toute fantaisie était bannie de notre existence étriquée… Nous menions en famille une existence simple mais décente” entre une mère inconsistante et un père, resté secret et inaccessible. Pour combler l’ennui de sa jeune vie, Thomas avait, grâce aux conseil de la libraire Mme Jablonska, découvert la lecture. Il  plongea dans la lecture comme dans un refuge.

C’est ainsi que l’auteur nous promène dans les digressions de son personnage et comme l’avocat qui va lire ces notes, nous allons nous faire une idée de son implication directe ou indirecte dans ce qui est arrivé. Coupable,ou non coupable ? Peu importe, la vie avait déjà tranché avant la justice… “Il y a une telle part de hasards dans nos vies et de mauvaises distributions des rôles”.

Un premier roman fort et dense qui nous porte à réfléchir sur la nature et la condition de l’être humain. Un roman noir qui se lit comme une tragédie, montrant comment la fatalité a écrasé le héros.

Voir les commentaires

Rédigé par Dominique84

Publié dans #Mes lectures, #flammarion

Repost 0

Publié le 4 Avril 2017

Auteur et scénariste à succès, fille de l’académicien André Chamson, conservateur de musée et directeur des Archives de France jusqu’en 1971, Frédérique Hébrard, aujourd’hui âgée de 90 printemps, revient sur son passé d’écrivain, de femme, de mère et de fille. Celle qui obtint en 1987 le Grand Prix Roman de l’Académie Française pour son roman Harem nous embarque dans un récit vivant, profondément humain, un récit passionnant à l’image de son auteur. On y découvre une femme amoureuse de la vie, de la nature et des êtres qui l’entourent.

Celle qui a réuni des millions de téléspectateurs devant leur poste avec La Demoiselle d’Avignon, le Château des Oliviers, le Grand Bâtre, celle qui a su avec grâce inviter la Provence dans ses séries est née à Nîmes en 1927. Elle passa toute son enfance à cheval entre Versailles et les Cévennes, entre un palais et un mas. Son père était alors conservateur de musée à Versailles et sa chambre n’était autre que le bureau de Colbert ! Elle côtoyait alors des hommes et femmes illustres du monde de la culture entre autres André Malraux, Scott et Zelda Fitzgerald, André Gide, etc…

Frédérique Hébrard n’a plus rien à prouver dans l’art de raconter des histoires et cette histoire-là, c’est celle de sa vie. Une vie foisonnante d’anecdotes toutes plus savoureuses les unes que les autres où l’on croise la Joconde, Maurice Chevalier et bien d’autres. Elle se livre avec grâce et pudeur dans une sincérité touchante.

Autre roman de Frédérique Hébrard chroniqué sur ce blog : "Tant qu'il y aura des chats dans une famille" 

Voir les commentaires

Rédigé par Dominique84

Publié dans #Mes lectures, #flammarion

Repost 0