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Publié le 30 Avril 2017

C’est à un texte très original auquel nous invite Ariane Bois avec Dakota Song. Elle s’écarte ici de ses précédents romans et de ses thèmes de prédilection comme la seconde guerre mondiale et la Shoah ( “Le monde d’Hannah”) pour nous offrir une sorte de roman choral dont le principal personnage est un immeuble situé en plein cœur de Manhattan sur Central Park.  Cet immeuble mythique conçu en 1884 par Edward Clark qui avait fait fortune dans les machines à coudre Singer est composé de 93 appartements, 150 personnes veillaient au bien-être des résidents, il y avait un restaurant, un terrain de cricket et un jardin sur le toit. Le West Side, autrefois quartier désert et éloigné du centre est devenu grâce au Dakota, un quartier résidentiel recherché qui attira très vite par le luxe de ses équipements une clientèle que l’on qualifierait aujourd’hui de people.  

 

Grand reporter et journaliste, l’auteure a su mener une enquête soigneuse et scrupuleuse sur cet immeuble, a eu le privilège d’y pénétrer pour s’imprégner des lieux avant d’écrire son intrigue fascinante autant que l’est encore de nos jours cet immeuble.

 

Dès les premières pages du roman, le ton est donné, celui d’une Amérique qui vit la tragédie de la guerre du Vietnam, qui irradie internationalement, qui est aux prises avec le racisme et le sexisme. C'est à travers les yeux de Shawn Pepperdine, un jeune noir embauché comme portier du Dakota que l'histoire va s'articuler. De son poste d’observation, ce jeune homme sorti de Harlem et que le hasard de la vie va conduire dans ce palace dans lequel il n’aurait jamais même pensé entrer un jour, va écrire l’incroyable saga de cet immeuble. Un club de VIP (pour y habiter, il faut être coopté par les autres propriétaires) qui a compté parmi ses membres Lauren Bacall qui y a élevé sa famille depuis les années 1960 et y est morte à l’été 2014, Léonard Bernstein, Rudolph Noureev, Andy Warhol, et bien d’autres encore sans oublier John Lennon qui déclencha un véritable scandale quand il acheta un appartement en 1972 avant d’être assassin une décennie plus tard devant le porche de l’immeuble et Polanski qui a filmé le Dakota pour son film Rosemary’s baby

Dans un style mêlant élégance et vitalité, Ariane Bois nous dresse le portrait de New York dans les années 70,  d’une Amérique qui veut le changement, une Amérique qui connaît des années de luttes sociales  “J’ai voulu, avec mon personnage de Shawn, montrer la colère mais aussi l’espoir de la jeunesse noire qui cherche par tous les moyens à obtenir l’égalité réelle après celle des droits civiques acquis une décennie auparavant. Shawn représente cet espoir, cette volonté de s’en sortir, il fait partie de ceux qui innovent, puisqu’il est le premier portier noir du Dakota, un immeuble réservé aux « rich and famous”. “Nous couvrons ainsi dix ans de la vie de cet immeuble, qui recèle le meilleur et le pire de l’Amérique. Au Dakota, il se passe toujours quelque chose et chaque fenêtre ouvre sur un théâtre”.

C’est un superbe roman écrit avec talent, rythme et dynamisme, un roman littéralement envoûtant.

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Rédigé par Dominique84

Publié dans #Mes lectures, #Belfond

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Publié le 13 Mars 2017

Ecrivaine franco-américaine, née en Iran et vivant à Paris, Saïdeh Pakravan est poète, essayiste et critique de films. Elle écrit ici son 3ème roman après “La Trêve” et “Azadi”

C’est l’histoire de Sarah Bley, jeune artiste peintre à la renommée déjà établie qui, au cours d’un vernissage rencontre Thaddeus Clark, un “grand collectionneur, mécène, lanceur de dizaines de carrières, ami et soutien des stars de la scène contemporaine”.

Dès leur premier regard  quelque chose d’indéfinissable se passe, une attirance irrépressible. Sarah trouve cependant étrange que cet homme si important s’intéresse autant à elle, il lui achète même 2 tableaux, l’invite, lui téléphone… Sarah  tombe éperdument amoureuse, une folie qui lui fait peur. Une folie qui va la pousser à adopter avec lui un comportement bizarre, obéissant à ce qu’elle appelle le principe du désir. Selon sa logique, pour garder Thaddeus, pour que celui-ci ne cesse jamais de l’aimer ,elle ne devra jamais s’abandonner totalement à lui, toujours se montrer distante parce que l’on continue à toujours désirer ce que l’on n’a pas.

Mais Sarah s’enferre peu à peu dans cette névrose et transforme leur amour en jeu de destruction. Thaddeus cherchera en vain à la comprendre, il lui prouvera qu’il l’aime en acceptant tout ce que Sarah lui demande. Mais combien de temps encore pourra-t-il s’abaisser à être un jouet entre les mains de Sarah ?

Un roman coup de poing qui nous emporte dans une spirale de folie destructrice. Telle une araignée, Sarah tisse une toile pour emprisonner sa proie sans réaliser qu’elle s’englue dans une situation malsaine et absurde, devenant le bourreau de l’homme qui l’aime.

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Rédigé par Dominique84

Publié dans #Belfond, #Mes lectures

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Publié le 22 Janvier 2017

A travers les chorégraphies de Pina Bausch, Clémentine s’ouvre à la vie, s’échappe de la cité lugubre où elle rentre chaque soir après sa journée à l’usine. Barnabé qu’elle finira par appeler Pina, est son phare. Il est tout ce qui la retient à la vie, lui donne la direction. Ce petit être fragile à qui elle a donné vie, lui redonne toute la sève nécessaire pour vivre à son tour. Elle s’y accroche comme elle s’accroche à Pina Bausch. Elle a écumé tous les documents disponibles la concernant, elle sait tout d’elle, elle s’en nourrit, Pina l’aide à vivre alors qu’elle est persuadée qu’elle lui a ôté la vie. “Pina me montre l’horizon” dit-elle


Alors, comment une jeune femme dont la vie n’est pas un conte de fées certes mais pas non plus aussi misérable au point de perdre le fil ténu qui la tient hors de l’eau, voit sa raison s’égarer.

Le roman nous conduit dans les méandres de sa pensée malade, dans sa quête obsessionnelle vers cette célèbre chorégraphe qui est considérée comme l’une des principales figures de la danse contemporaine et du style danse-théâtre. 


Le titre du roman fait référence à un des ballets créés par la chorégraphe, une fumeuse invétérée qui décéda en 2009 à l’âge de 68 ans d’un cancer généralisé. Mais Clémentine est persuadée qu’elle est responsable de sa mort, elle a heurté quelqu’un dans la nuit, au volant de sa voiture, alors qu’elle partait pour la maternité, les contractions se faisaient déjà sentir, elle n’a rien vu, juste senti le choc et vu une cigarette se consumer sur le sol.
Dans un long monologue, l’auteur incarne cette jeune femme à la dérive, ses rêves déçus, ses aspirations refoulées, ses peurs, son abandon. Deux biographies s’enchevêtrent dans le roman, celle de Pina Bausch et celle de Clémentine qui en s’identifiant peu à peu à elle, nous dirige dans la voie sans issue qu’est sa vie.
L’auteur écrit avec une maîtrise époustouflante ce double parcours de deux femmes à la destinée si différente mais aux origines si ressemblantes. Il aborde avec une précision rare et surprenante les souffrances de l’enfantement, la maternité, la danse, la passion. Il maîtrise sa narration  jusqu’à la toute fin imprévisible.
C’est un roman qui marque, qui interpelle et c’est un jeune auteur (tout juste 30 ans) dont on entendra parler dans l’avenir. 

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Rédigé par Dominique84

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Publié le 22 Janvier 2017

“Je suis l'Auteur,je suis Elisabeth, je suis Lee, qui suis-je” ? Ces trois phrases tirées du roman pourraient en être le résumé. A cette question, l’auteur tente de répondre à travers la chassé croisé de deux biographies, celle d’Elisabeth et celle de Lee Miller, célèbre photographe américaine dont elle est l’idole inconditionnelle.
Elisabeth a oublié la danseuse talentueuse qu’elle aurait pu ou dû être, au lieu de cela elle sculpte et vit dans un écrin de sécurité, un cocon que son conseiller financier de mari lui offre. Mère d’un enfant, sa vie est comme du papier à musique, elle sculpte, elle a déjà un certain succès, elle est appréciée, sa vie semble être un long fleuve tranquille aux yeux de tous. Mais Elisabeth est en quête d’autre chose, ce quelque chose qui devra l’amener à se surpasser, à se surprendre. Ce qu’elle trouvera aura un effet de dynamite dans sa vie, c’est ce petit grain de sable dans le bel engrenage  de son quotidien, une passion dévorante qu’elle vouera à la photographe Lee Miller. De cette fascination naîtra une obsession qui virera à la folie. 
C’est son histoire que la narratrice choisit de nous raconter, une histoire qui commence par la fin et qui déroule le fil des événements qui nous mène jusqu’à Lee Miller. 
Si ce n’était la présence perpétuelle de la narratrice-auteur aux prises avec son éditeur, les histoires auraient eu un cours agréable mais cette mise en abîme perturbe la narration et j’ai fini par me désintéresser du récit et des différents thèmes traités, notamment celui de la maternité et de la difficulté pour une femme de concilier maternité et création artistique. Un plus cependant pour le dénouement qui déroute parce que totalement imprévisible.

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Rédigé par Dominique84

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Publié le 15 Janvier 2017

Quelques mots à propos de l’auteur. Libraire à Toulouse et fondatrice d’une résidence d’écrivains, la maison De Pure Fiction, Isabelle Desesquelles publie son septième roman après notamment “Les Hommes meurent, les Femmes vieillissent” qui avait été sélectionné en 2014 pour le Femina.

 

L’auteur traite des mutations dans le monde contemporain jusque dans les pratiques amoureuses. “ A l’heure de tender, meetic où l’on veut nous convaincre qu’un homme pour la vie, ça n’existe plus, je voulais écrire la possibilité de l’amour” dit-elle. “Les mots absolu, romantique peuvent faire sourire”. La plupart des gens veulent rencontrer l’amour pour ne pas être seuls mais une fois en couple combien se retrouvent encore plus seuls ?

 

L’amour au rabais n’intéresse pas Alexandre, il aime ce qui est grand, beau, absolu, toujours en quête d' idéal. A 30 ans passés, il a le CV amoureux d’un nouveau-né.

Puis il y a Rosalie qui fuit la moyenne, la norme, elle veut s’imposer, être libre, se défaire du joug de son enfance. Elle ne peut se contenter de rencontres nécessaires pour ne pas dire utiles. Elle cherche un tout.

Tous deux ont le même idéal, ils espèrent faire la rencontre qui échappera aux plans mensongers des sites de rencontre, celle que le hasard mettra sur leur route, celle qui sans l’expliquer fera vibrer leur coeur et leur corps tout entier. Alexandre a grandi dans un cinéma d’art et d’essai, a été nourri de phrases culte du cinéma sur lesquelles l’auteur a construit son histoire.

 

Un roman qui décortique avec finesse le sentiment sous toutes ses formes, qu’il soit filial, amical et amoureux. La recherche de l’absolu est la quête d’une vie. Est-ce raisonnable ? l’auteur vous propose sa réponse…

Quand on lui demande comment elle décrit le style de ses romans, elle précise : “Un mot majeur : sincérité” “Dire les choses sans fard, et en même temps faire sourire. Le titre, un peu provocateur, contient ça”.

 

Source : http://www.journal-laroulotte.fr/isabelle-desesquelles-ecrivaine/

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Rédigé par Dominique84

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Publié le 7 Février 2016

C’est un livre coup de poing, un récit percutant et terrifiant. La petite barbare, comme l’ont appelée ses codétenues, se livre sans détours dans ce long monologue.

Elle a 23 ans, elle vit déjà dans le dégoût de la vie, elle se dit être écœurée, laminée, épuisée mais pas honteuse. Enfermée dans sa cellule, elle passe son temps à penser, à se remémorer les étapes de sa vie, à ce qui l’a amenée dans cette lugubre cellule, à vomir sa haine. « Je ne crois pas à une fatalité des lieux qui t’inscrirait dans la géographie du néant » se dit-elle.

Père chômeur, mère femme de ménage dans les bureaux de la Défense, elle a vécu toute son enfance dans une banlieue triste où la violence est banalisée, une jungle où tous les moyens sont bons pour se sortir de là, encore faut-il en avoir l’envie. Elle a grandi au milieu des disputes et des cris, des regrets, des remords, des insultes, des manques qu’ils soient d’argent ou d’affection. Ceux qui l’entourent sont des désabusés de la vie, des oubliés de la bonne étoile. Elle a eu tout loisir de les observer durant son enfance, elle les appelle « les noyés ».

Heureusement il y a les livres, la seule porte vers un ailleurs, un monde sans limites. Les histoires des autres lui permettent de zapper la sienne. Ils lui permettent d’oublier le tumulte, la haine, le sordide et surtout de patienter, car cette vie-là, celle de ses parents et de ses proches, elle n’en veut pas et elle ne l’aura pas.

L’adolescence est l’âge de tous les rêves, celui de croire que le monde nous appartient. Mais on n’échappe pas à son destin, surtout si celui-ci a été tout tracé, on croit qu’on le maîtrise, qu’on peut se libérer du joug de la fatalité. Mais on choisit le mauvais chemin, c’est celui de la facilité. C’est le chemin qui mène à la haine de son prochain et de soi-même. C’est la plongée dans la drogue, l’alcool, l’argent gagné du désir des hommes qu’elle sait attiser. Son corps comme son âme ne lui appartiennent plus, elle les offre sans contrainte à ceux qu’elle pense être des jouets dans ses mains. Elle se nourrit de la faiblesse des autres, la nature l’a fait naître belle et attirante, ce sera ses armes pour le pire et jamais le meilleur. L’argent gagné, elle le donne à Esba, il la fascine. Sous son influence, elle va se perdre dans une spirale infernale. Ce sera un duo macabre qui chasse sa proie la nuit tombée et dont elle est l’appât, un duo qui s’enrichira à coup de manipulation et tortures. « Le poison de la vie facile s’est installé en moi. Je n’ai pas d’antidote »

C’est un livre coup de poing, un récit percutant et terrifiant. La petite barbare, comme l’ont appelé ses codétenues, se livre sans détours dans ce long monologue. C’est une histoire qui nous met tour à tour en colère, mal à l’aise et nous laisse un goût amer dans la bouche. Elle paye sa dette à la société, la prison est là pour ça, est-ce pour cela qu’elle aura à sa sortie, une autre vision de la société ? C’est un récit noir, réaliste parce que l’auteur n’a pas peur des mots, elle se joue des effets de style. Il s’en dégage pourtant une poésie fascinante qui vous fait frissonner d’effroi. Le Beau est dans le Mal, c’est ce qui nous dérange et nous interpelle dans ce roman. Un premier roman courageux, audacieux et maîtrisé.

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Rédigé par Dominique84

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Publié le 12 Février 2011

PhotobucketEd. Belfond, Janvier 2011, 210 p.

Depuis février 39, on avait perdu la trace du grand-oncle Oriol. On savait qu’il avait tenté de traverser les Pyrénées pour échapper aux franquistes. On savait qu’il était blessé, On disait qu’il s’était comporté en héros pour sauver quelques uns de ses camarades soldats, on avait élevé un culte à sa mémoire.

Le grand-oncle Oriol avait été un héros de la Guerre d’Espagne, la famille honorait sa mémoire. Son frère Arcadi n’avait jamais abandonné l’espoir de le revoir un jour, mais Oriol ne revint jamais. En 2007, l’écrivain mexicain d’origine catalane, Jordi Soler est invité à une conférence à Agelès-sur-mer, le lieu même où son grand-père Arcadi avait été interné, comme le furent des milliers d’Espagnols à l’époque. C’est alors qu’une vieille dame s’approche de lui et lui remet sans mot dire une photo et une lettre avant de disparaître. 3 soldats républicains figurent sur cette photo, son grand-père Arcadi, son grand-oncle Oriol et leur père.

La lettre qui l’accompagne lui révèle une incroyable histoire. Oriol que la légende familiale avait transformé en héros ou reconverti en pianiste en Amérique Latine aurait passé sa vie ici, dans un petit village.

L’enquête démarre, Jordi Soler remonte le fil du temps et part sur les traces de cet homme, devenu un mythe dans leur famille. Il va peu à peu reconstituer la vie d’Oriol qui en réalité est loin d’être aussi glorieuse que la famille ne l’avait imaginée.

 

Comment cet homme sauvé par un chevrier, amputé d’une jambe, a-t-il pu devenir un bandit sans scrupule, capable de détrousser les familles juives qui fuyaient les camps de réfugiés. Comment et pourquoi cet homme s’est-il transformé en bête sauvage, un traître qui n’hésitera pas à trahir ceux qui l’ont sauvé, un monstre impitoyable et cupide, un assassin ? Cet homme, vit toujours, pas loin de là, à l’ombre dans sa cellule.

Après « Les Exilés de la mémoire » racontant le destin d’Arcadi, réfugié républicain dans la forêt de Veracruz, « La dernière Heure du dernier jour » sur la vie des Espagnols exilés au Mexique, Jordi Soler termine sa trilogie romanesque autobiographique avec ce roman bouleversant, où se mêlent plusieurs genres littéraires, épopée, journal intime, saga familiale et thriller.

 

 

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Rédigé par Dominique84

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Publié le 15 Novembre 2010

Giovanni Bertola se sait condamner, il souffre d'un mal incurable qui le ronge petit à petit et le plonge inexorablement dans la dépendance et la déchéance. Professeur de mathématiques à la retraite depuis longtemps, il passe ses journées à méditer sur le sens de la vie, sur la science sur qui les hommes misent sans réfléchir aux conséquences, sa réflexion est acerbe, brillante, elle n'a rien perdu de sa superbe malgré son grand âge.

Il loge chez deux sœurs qui sont aux petits soins pour lui, parent aux éventuelles attaques violentes de la maladie, le respectent et l'admirent. Ils les trouvent relativement obtuses, ses seuls moments de distractions sont lorsqu'un jeune homme vient le dimanche lui rendre visite. Lui-même professeur de mathématiques, Carlo Meroni est fasciné par ce vieillard, par son intelligence, sa culture et son franc parler. Carlo est un solitaire, vit en retrait, n'a aucune liaison amoureuse, mais sa solitude ne lui pèse qu'à peine, car elle est adoucie par ses visites et ses parties d'échec en compagnie de Bertola.

Il sait qu'il aura une mission à remplir, une terrible mission que lui a confiée Bertola, il devra lorsque le moment sera venu, lorsque "Madame Requiem" viendra le chercher,  Meroni devra l'aider à quitter ce monde, un monde de souffrance et de déchéance insoutenable. Cela le ronge littéralement, aura-t-il le courage d'exécuter ce que lui demande le vieux professeur ?

 

C'est alors que débarque Ginetta, la nièce des logeuses, une femme libérée, moderne,  aux allures désivoltes. Elle va bouleverser le rythme languissant et monotone de leur vie. Ginetta c'est comme une fenêtre ouverte, un coup d'air dans cette maison déjà empreinte de l'odeur de la mort.

 

Sa sensualité innée va séduire les deux hommes, elle sera la solution à leur dilemme, la réponse à leur demande. Son appétit de vie dynamise le récit, fait exploser en éclats la léthargie dans laquelle les personnages s'étaient installés. Sa singularité primaire est un coup de couleur au tableau moribond de ces deux professeurs assoupis dans leur méditation vaine.

Plusieurs thèmes sont abordés dans ce roman, la lâcheté, l'amitié, la sensualtié mais aussi celui de la place qu'occupe la mort dans notre société, celui de la solitude, de la vieillesse et ses effets destructeurs, cette vieillesse que l'on craint, que l'on rejette, que l'on isole, que l'on bannit.

 

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Rédigé par Dominique84

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Publié le 27 Septembre 2010

Erdosain s’est rendu coupable de vols répétés dans la caisse de la société sucrière qui l’emploie, son larcin s’élève à 600 pesos et 7cts. Il est confondu par ses employeurs, il devra donc rembourser cette somme.

 

Comment trouver dans un délai de 24 h une telle somme ? Il décide alors de se tourner vers ses amis qu’il pense charitables et se met donc à déambuler dans les rues de Buenos Aires à la rencontre de 7 personnages qui tour à tour refuseront de l’aider, sauf un mystérieux Astrologue totalement déconnecté de la réalité.

 

Auprès d’eux, Erdosain va donner un autre sens à sa vie. En effet, ces 7 personnages ont l’intention de créer une société secrète, Ruffian, un vieux proxénète déchu en sera le gérant et les maisons closes la financeront. L’Astrologue fanatique a pour modèle le Ku Klux Klan. Il parvient sans peine à convaincre cet employé modèle rongé par la culpabilité, d'adhérer à leur cause. cet être de petite envergure ne réalise pas alors toute l’immoralité d’un tel projet. Lui qui se pense inventeur, lui dont l’ambition a été fauchée par une existence plate et routinière, voit enfin la possibilité de concrétiser tous ses rêves, inconscient de l’odieuse utilisation qui en sera faite. Se joindront à eux un rentier pervers, un pharmacien mystique, un tueur illuminé, un chercheur d’or, un officier corrompu.

 

  Erdosain, ce petit gratte-papier en quête d’une raison de vivre, après le vol dont il s’est rendu coupable et l’adhésion à cette société secrète aux buts inavouables, nous promène dans les rues mal famées de Buenos Aires, ville de corruption et de tous les vices, où le luxe côtoie la misère.

 

Ecrit en 1929, traduit chez Belfond il y a trente ans, "Les 7 fous"  ressort chez le même éditeur, ce roman dénonce la dérive de l’Amérique latine de l’entre-deux-guerres, qui sera bientôt dévastée par le fascisme ;  c’est un effroyable tableau, peint à la façon de Goya, d’une humanité gouvernée par le Mal

Âmes sensibles s'abstenir !

 

 

 

 

 

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Rédigé par Dominique84

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Publié le 10 Mars 2010

Rédigé par Dominique84

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