La dernière usine au monde de machines à écrire mécaniques vient de fermer ses portes.
Le Groupe Godrej & Boyce installé à Bombay qui fabriquait des machines à écrire depuis les années 1950, a annoncé que la production s'arrêtait défintivement. L'antique machine à écrire au petit grelot de fin de ligne ne disparaîtra pas tout à fait puisqu'elle a légué au clavier de notre ordi, l'ordre des touches.
Le dernier constructeur de machines à écrire fournissait principalement l'Etat indien, pour sa simplicité et son faible coût d'entretien. En Occident, les derniers fabricants ont cessé d'en produire dans les années 80.
Cet outil qui a révolutionné le monde du travail durant tout le XXe siècle sera relégué à jamais dans la catégorie "antiquités" pour les collectionneurs et remisée au placard.
Petite biographie de cette grande dame de l'Administration
C'est l'Américain Henry Mill qui a déposé le premier le brevet en 1714. Un siècle plus tard, c'est un Français, Xavier Progin, qui dépose un brevet sur une machine actionnée par des touches à levier. Les premières machines à écrire seront commercialisées à partir de 1870. Il s'agissait de la célèbre Remington, mise à l'honneur dans par Gainsbourg.
Une page est tournée pour la passion fétichiste des écrivains pour leur vieille et tendre machine. Nul doute que le toucher du clavier et le bercement du bruit de fond ont joué sur la nature de certains textes.
La nouvelle génération regardera avec étonnement Jack Nicholson taper sur son clavier dans Shining de Stanley Kubrick, une phrase, une seule, compulsivement répétée « all work and no play makes Jack a dull boy » (trop de travail et pas de plaisir font de Jack un triste sire" mais sous-titré en "Un tiens vaut mieux que deux tu l'auras dans la version française)" en se demandant si le crépitement des touches n'est justement pas à l'origine de sa folie meurtrière...!