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A Domi-mots

L'avenir des simples. Petit traité de résistance de Jean Rouaud, Grasset #Lavenirdessimples #NetGalleyFrance

19 Juillet 2020 , Rédigé par Dominique Publié dans #Mes lectures, #Grasset, #NetGalley France

MON AVIS ;

“Il faut saisir le moment de cette crise pour repenser notre monde” écrit Jean Rouaud dans son essai politique, sorte de pamphlet décapant contre le libéralisme.


Alors que nous allons probablement vivre la deuxième phase de la pandémie de COVID19 , penchons nous sur le dernier écrit de Jean Rouaud à propos du virus et des obligations et devoirs auxquels nous devons nous plier pour nous préserver. Publié juste avant le couperet du Covid, son traité de résistance à l’ordre néolibéral du monde tombe à juste à point. 


Ce virus et le confinement qu’il nous a imposé, nous a rappelés  à l’ordre. Il nous a fait prendre des décisions que nous avons été jusqu’alors incapables de prendre. Par exemple, ce que nous ne voulons pas faire pour lutter contre le réchauffement climatique, on y a été soudain obligés. 
Saisissons-nous de cette “opportunité"  pour repenser notre monde, et prendre l’apparition de ce virus comme un avertissement.


“Je ne crois pas à la révolution. Pourquoi prendre le pouvoir puisque le pouvoir pervertit ? Il faut créer un monde parallèle en fédérant des initiatives et contourner les diktats des gouvenants à la solde des puissants” 
“Il faut désormais reprendre son temps et montrer un mépris souverain pour leurs colifichets” tempête Jean Rouaud dans cet essai politique.  

L’auteur préconise de nous réapproprier ce qui constitue notre humanité. “Il n’y avait pas besoin de la crise du coronavirus pour comprendre qu’on arrive au bout de quelque chose, c’est la planète qui crie grâce” ! Et si pour dire son amour pour la nature qui se meurt et sa colère contre ceux qui la tuent, Jean Rouaud a choisi de baptiser son livre “L’Avenir des simples, c’est pour rendre hommage à la jois au jardin médicinal du Moyen Age, appelé aussi jardin des simples et à la notion de “décence commune” chère à Orwell.”

Comment ne pas partager les sentences accusatrices de l’auteur ? Mais tout a déjà été dit, on ne nous apprend rien de nouveau et on n'y trouve rien de constructif. Pourquoi avoir écrit ce livre si ce n’est pour qu’il se vende ? Alors j’ai envie de vous dire “Sauvons la planète, sauvons les arbres, n’achetez pas” !

 

RÉSUMÉ
On a bien compris que l’objectif des «  multi-monstres  » (multinationales, Gafa, oligarchie financière) était de nous décérébrer, de squatter par tous les moyens notre esprit pour empêcher l’exercice d’une pensée libre, nous obligeant à regarder le doigt qui pointe la lune, ce qui est le geste de tout dictateur montrant la voie à suivre, de nous rendre dépendant des produits manufacturés, des services et des applications en tout genre, nous dépossédant ainsi de notre savoir-faire qui est leur grand ennemi, un savoir-faire à qui nous devons d’avoir traversé des millénaires, du jardinage à la cuisine en passant par le bricolage, l’art savant de l’aiguille et du tricot et la pratique d’un instrument de musique au lieu qu’on se sature les oreilles de décibels. Reprendre son temps, un temps à soi, reprendre la possession pleine de sa vie. Et pour échapper à l’emprise des «  multi-monstres  », utiliser toutes les armes d’une guérilla économique, montrer un mépris souverain pour leurs colifichets  : «  votre appareil ne nous intéresse pas  », graffite le capitaine Haddock sur un mur. Contre les transports, la proximité des services, contre l’agriculture intensive empoisonneuse, des multitudes de parcelles d’agro-écologie, ce qui sera aussi un moyen de lutter contre l’immense solitude des campagnes et l’encombrement des villes, contre la dépendance, la réappropriation des gestes vitaux, contre les heures abrutissantes au travail, une nouvelle répartition du temps, contre les yeux vissés au portable, le nez au vent, et l’arme fatale contre un système hégémonique vivant de la consommation de viande, le véganisme. Car nous ne sommes pas 7 milliards, mais 80 milliards, à moins de considérer que tout ce bétail qui sert à engraisser nos artères ne respire pas, ne mange pas, ne boit pas, ne défèque pas. Il y a plus de porcs que d’habitants en Bretagne, et quatre-vingt pour cent des terres cultivées dans le monde le sont à usage des élevages, pour lesquels on ne regarde pas à la santé des sols et des plantes. Renoncer à la consommation de viande et des produits laitiers, c’est refroidir l’atmosphère, soulager la terre et les mers de leurs rejets toxiques, se porter mieux, envoyer pointer au chômage les actionnaires de Bayer-Monsanto et en finir avec le calvaire des animaux de boucherie pour qui, écrivait Isaac Bashevis Singer, «  c’est un éternel Treblinka ».
 

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