Publié le 23 Novembre 2011

"Ce n’est pas une histoire simple la peinture de Marie Laurencin; l’esprit grave et léger de l’artiste, sa personnalité couventine et capricieuse, son tempérament austère et libertin en font un personnage passionnant", nous précise l'auteur.

Fille d’une brodeuse et d’un député (Alfred Toulet, qui ne la reconnaîtra jamais officiellement), Marie est née un 31 octobre 1883 à Paris. C’est très jeune que la passion du dessin et de la peinture nait chez elle. Inscrite à l’Académie Humbert , elle y fera sa première riche rencontre, celle de Georges Braque encore débutant. Puis en 1906, Marie lie connaissance avec le collectionneur, marchand d’art et séducteur impénitent, Henri-Pierre Roché, futur romancier de l’autobiographique "Jules et Jim".

En 1907, encouragée par le poète Paul Fort, elle expose pour la première fois au Salon des Indépendants aux côtés du Douanier Rousseau, d’André Derain, de Picasso qui lui présente Guillaume Apollinaire. Marie a 23 ans, le poète 26, leur amour durera cinq printemps, 5 années d’amours orageuses et passionnées. Marie deviendra sa muse et lui inspirera à leur séparation, l’un des plus élégiaques poèmes du XXe siècle, "Le Pont Mirabeau".

Gaie, spirituelle, ironique, mordante, exclusive, fantasque et charmante, elle évoluera parmi les peintres et poètes initiateurs du cubisme ; sa peinture qui représente essentiellement des jeunes femmes, alanguies et silencieuses, qui fut parfois qualifiée de mièvre avec ces roses et gris délicats, est en art l’équivalent de Colette en littérature. Plus n’est besoin en 2011 de taire les amours saphiques de Marie Laurencin. « J'aime la société des femmes parce qu'elles aiment parler et qu'on n'a pas besoin de leur répondre. Ce qu'il y a d'ennuyeux avec les hommes, c'est qu'ils veulent toujours qu'on les écoute ». dit-elle. Bertrand Meyer-Stabley nous en conte ici la vie romanesque de celle qu’on appela la peintresse des « Biches », celle qui fut le grand amour du poète du Pont Mirabeau, une femme de passion. Elle est inhumée au cimetière du Père-Lachaise, selon son voeu, vêtue de blanc, une rose à la main, les lettres de Guillaume Apollinaire sur son coeur.

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Rédigé par Dominique84

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Publié le 9 Novembre 2011

Qu'est-ce que le prix Goncourt des lycéens ?

Le Goncourt des lycéens permet à près de 2 000 élèves de lire et d'étudier une sélection de romans. 52 classes de lycéens âgés de 15 à 18 ans, issus de seconde, première, terminale ou BTS, généralistes, scientifiques ou techniques sont concernées. La sélection des classes est basée sur la motivation des enseignants.
Depuis la création de ce Prix, 17 150 élèves ont été associés au prix et 37 604 exemplaires de 216 romans contemporains différents ont été lus.


À l'issue des deux mois d'étude des livres, les classes élisent un délégué pour présenter leur tiercé de livres gagnants et défendre leurs choix lors de délibérations régionales. Elles ont lieu dans six villes de France.

Chaque région choisit ses deux représentants et son tiercé de livres gagnants. Une finale se tient ensuite à Rennes, berceau du prix. À l’issue des délibérations, le prix Goncourt des lycéens est proclamé et rendu public.

Cette année la lauréate est Carole Martinez pour son second roman,

Du Domaine des Murmures,

mon coup de coeur de l'année et qui a fait l'objet d'un article sur mon blog.

Pour le lire ou le relire, cliquez ICI 

 

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Rédigé par Dominique84

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Publié le 8 Novembre 2011

Fils d’instituteurs qui a « arpenté en solitaire le royaume de l’école »  Philippe Delerm revient aux sources de son désir d’écrire,  il se livre à nous avec le naturel et la pudeur qu’on lui connaît. Ce récit autobiographique est en réalité le parcours de l’auteur sur le chemin ardu de l’écriture.

Qui furent ses égéries ? Qui lui a donné envie d’écrire ? C’est sur le pourquoi et non le comment qu’il s’interroge et nous livre sa réflexion sur le « métier » d’écrivain.  C’est ici que pour la première fois il délaisse le « on » pour le « je ».

«  L’écriture est toujours la traduction d’un manque, d’une fêlure, une façon de déplacer les atomes de la réalité » nous dit-il. Il nous dévoile ses souvenirs les plus intimes, souvenirs liés à sa vocation d’écrivain, un écrivain pour qui « l’esprit d’enfance » est l’essentiel.

Pour lui, garder l’esprit d’enfance n’est pas seulement un privilège, c’est aussi une blessure. « se rappeler toujours qu’on a vécu plus fort avant, c’est accepter d’emblée que la vie soit une défaite. L’écriture est une enfance à regagner ».  L’esprit d’enfance imprègne toute sa vie et même sa vie amoureuse, avec Martine, sa femme, auteur et illustratrice d’albums pour enfant, enseignante également.

Il revient sur son premier succès « La Première Gorgée de bière », le long parcours semé d’embûches de l’écrivain pour se faire éditer, sur son métier d’enseignant en lettres, sur le bonheur de savoir sa mission accomplie lorsque l’on parvient à donner l’envie de lire à ses élèves.

Pour lui,  écrire découle fondamentalement du plaisir de lire.  Que serait Philippe Delerm à l’heure actuelle, s’il n’avait pas eu comme écrivains de chevet Proust, Léautaud, Renard, Le Clézio, Alain Gerber et Jean d’Ormesson, si son enfance n’avait pas été bercée des histoires de Crin Blanc ou Colette ? Un journaliste sportif comme il rêvait de l’être quand il était enfant ? Devenu prof de lettres sans véritable vocation pédagogique, c’est du contact avec ses élèves que naîtra son envie d’être publié, de donner le goût de la lecture.

Ecrire encore et toujours c’est se tourner vers les autres, c’est toujours garder  son esprit d’enfance, garder une sensibilité non érodée. 

Si je n’ai pas eu la chance de vous avoir comme prof, sachez Monsieur Delerm que vous m’avez donné le goût de toujours vous lire, le goût de lire …. et peut-être d'écrire.

Mais qui sait ? Peut-être est-ce parce que, tout comme vous, je veux garder mon âme d’enfant.

Si pour vous Ecrire est une rencontre, pour moi, Vous lire est une rencontre !

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Rédigé par Dominique84

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