Publié le 23 Septembre 2013

le fils de Sam Green 

Il n’a pas de prénom, il est le fils de Sam Green, un homme qui restera à jamais un « fils de ». Lui, le prince de New York parce que fils du roi de la finance est ce soir à l’heure du bilan. Son père est désormais l’homme le plus haï de la planète, du roi de la finance il est passé roi de l’arnaque. Ses placements frauduleux au taux magique de 12% n’étaient que poussières de strass. Il dort maintenant en prison,  laissant derrière lui son épouse et  son fils à la vindicte populaire. Le fils de Sam se débat pour convaincre la presse de son innocence ou plutôt de son ignorance sur les affaires de son père. Mais à l’heure de l’introspection, seul et abandonné de tous, il se replonge sur son passé de « fils de » et admet qu’il a passé sa vie à douter. Douter de son existence propre, douter d’être aimé pour lui, douter des affaires de son père. Le confort et le luxe dans lequel il a vécu jusqu’à aujourd’hui l’ont rendu lâche et faible. A-t-il été un complice ? A-t-il été un témoin consentant ? Ce soir il nous explique quelle a été sa vie, sa jeunesse dorée, la facilité avec laquelle il est entré dans le monde adulte, sans se préoccuper de sa carrière. Son aisance a fait taire sa conscience, elle a balayé au fil des années tous les doutes qui parfois le hantaient.

 Largement inspiré de l'affaire Madoff, «  Le fils de Sam Green »  est un roman passionnant nous livrant une fine analyse d'un milieu où l’argent est maître, où les « privilégiés » se débattent dans une jungle impitoyable, où le prix à payer est bien souvent supérieur à l’argent gagné. Mais le nerf de ce roman est ailleurs. La trame romanesque privilégie les rapports père/fils, une relation ambigüe, œdipienne. Ce père qui lui a tout donné l’a privé de l’essentiel, une vie. Il aurait dû écouter sa conscience qui le nourrissait de doutes, il aurait dû le dénoncer, donc le « tuer » pour enfin vivre.

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Rédigé par Dominique84

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Publié le 18 Septembre 2013

le sceptre et le venin 

Avec le sceptre et le venin, l’auteur nous replonge dans cet épisode de l’histoire de France qu’est l’Affaire des poisons. Affaire qui fit vaciller la cour et que Louis XIV, qui en fut pourtant l’instigateur, aurait souhaité en fin de compte étouffer à jamais. Mais l’affaire des poisons déchaîna des passions et des soupçons pendant des années. 

Tout a commencé en 1672 par l’inventaire fait après le décès de l’officier Godin de Sainte-Croix, on y découvrit une cassette contenant 9 lettres de sa maîtresse qui n’était autre que la marquise de Brinvilliers. Elle y affirme avoir assassiné son père et ses frères au moyen de ce qui fut appelé « la poudre de succession », une mixture à base d’arsenic. De plus, la cassette renferme également une reconnaissance de dette de Godin de Sainte Croix envers Louis Reich de Pennautier, receveur général du clergé, autrement dit grand argentier de l’Eglise de France, et ami de Colbert. Louvois, ministre de la Guerre de Louis XIV, découvrant ainsi un moyen de lier son grand rival Colbert à cette sombre histoire, rapporte l’affaire au roi qui ordonne alors à Nicolas de La Reynie, Premier Lieutenant Général de la police de Louis XIV,  de mener l’enquête assisté du commissaire Gérard Lebayle.

Il ne lui faudra pas moins de 4 ans pour arrêter la meurtrière qui avait fui en Angleterre avant de se cacher dans un couvent à Liège. En septembre 1677, La Reynie découvre dans un confessionnal de l’abbaye des Jésuites un billet anonyme faisant allusion à un complot ourdit contre le Roi Soleil, avec utilisation de « poudre blanche ». Sera arrêtée alors Marie Bosse qui se vante de fournir en poison  des femmes de l’aristocratie parisienne. Sous la torture, celle-ci dénonce la Voisin déjà soupçonnée de sorcellerie. 

 Louis XIV désigne alors une cour d’exception spécialement chargée d’instruire et de juger « une affaire de poisons », celle de la Voisin et de ses complices, Guibourg (prêtre satanique) et Lesage (alchimiste et faussaire) : La Chambre ardente est créée, chambre ardente car ses audiences se tiennent dans une pièce tendue de noir et éclairée par des flambeaux. Elle sera cependant dissoute en 1682 par Louis XIV lui-même, l’enquête ayant conduit à  Madame de Montespan, sa favorite et mère de sept de ses enfants.

 En 1709, c’est un homme vieux, seul et malade qui décide de détruire toutes les preuves de cette instruction pour ne laisser aucune trace pouvant ternir l’histoire de sa royauté. C’est par cet épisode que débute le roman. Un roman captivant menée comme une enquête policière s’appuyant sur une trame historique, l’affaire des poisons, une affaire politico-judiciaire qui, partie des faubourgs arrivera jusqu’à la Cour.

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Rédigé par Dominique84

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Publié le 18 Septembre 2013

la ruche 

L’auteur nous invite à un huis clos entre une mère et ses filles Marion, Claire et Louise. Alice ne se remet pas du départ de son mari il y a 2 ans, elle sombre dans une grande dépression. Ses filles, encore jeunes puisqu’elles sont encore au collège, assistent à la lente mais violente crise que traverse leur mère qui se noie entre alcool, violence, anxiolytiques et cigarettes. Elle finit par autant haïr les autres qu’elle-même. Toutes trois se sentent  impuissantes devant ce drame car l’homme, le père, figure fantomatique du roman du roman, ne reviendra pas.

La ruche grouille d’un petit monde exclusivement féminin, elles vont de chambre en chambre se parler, se soutenir et finalement faire bloc pour ne devenir qu’une seule et même personne, l’une se réfugiant dans l’action avec l’intendance de la maison, l’autre tentant de ce dégager de ce fardeau psychologique qu’elle clame ne pas être le sien, et la dernière gardant un optimisme sans borne.

Dedans, écrit Loustalot, "le ciel n'est pas visible. Les portes sont ouvertes ou closes selon des règles tacites. Les mots circulent, vibrent et s'épuisent. Les murs de carton filtrent à peine les secrets".

Les dialogues sont courts, incisifs, quelquefois rudes ;  le style peut paraître assez déconcertant à cause du discours indirect, saccadé, entrecoupé de flash-backs et de remarques venimeuses de la mère.  Il contribue à rythmer le récit avec force comme pour symboliser ce mal insidieux qui met en péril toute la famille. C’est un roman puissant qui parle de femmes, de mères, des liens entre sœurs, des ravages de la dépression, véritable prison et poison psychologique. Un roman coup de poing !

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Rédigé par Dominique84

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Publié le 9 Septembre 2013

je suis interdite

Couvrant la période de la Seconde Guerre Mondiale jusqu’à nos jours, de la Transylvanie jusqu’à Williamsbourg aux Etats-Unis, ce roman narre l’histoire de deux jeunes filles Mila et Atara élevées dans le strict respect de la religion juive. C’est le petit Joseph dont les parents ont été assassinés sous ses yeux par la Garde de Fer roumaine, qui a trouvé la petite Mila, comme lui orpheline. Il la confiera à la famille Stern . Recueilli et caché lui-même par une femme catholique, le petit Joseph quittera ensuite l’Europe pour les Etats-Unis où il renouera avec sa foi, le judaïsme. Mila gardera toujours en mémoire ce petit garçon qui l’a prise par la main alors qu’elle errait seule sur le quai d’une gare. Dans la famille Stern, Mila sera considérée comme un véritable membre de la famille, une grande amitié naîtra entre elle et Atara, l’aînée de la famille. Toutes deux seront élevées dans la pure tradition des coutumes de la communauté Satmar, juive orthodoxe. Alors que Mila vit dans l’obéissance aveugle et le respect de la Foi, Atara éveille sa curiosité intellectuelle. Elle va oser jusqu’à aller à la Bibliothèque pour lire, chose interdite. Sa famille lui devient de plus en plus pesante, elle voudrait faire des études, devenir médecin. Impossible, c’est interdit, on lui trouvera un mari, aura des enfants qu’elle élèvera à son tour dans la pure tradition. C’est le destin que va accepter sans broncher Mila d’autant que son futur époux n’est autre que Joseph qu’elle ira retrouver à Williamsbourg. Atara, quant à elle, habitée par le doute et la rébellion, s’enfuira de son carcan familial pour voler de ses propres ailes.  Séparées, chacune vivra selon sa foi.

Le bonheur de Mila sera de courte durée, les années passent et aucun enfant ne vient. La date fatidique des 10 ans s’approche et son mari aura le droit de la quitter. Porte-t-elle la malédiction de la stérilité ? A moins que ce ne soit Joseph ? Mila trouve la solution dans la Torah, elle aura un enfant coûte que coûte et la descendance sera assurée. Joseph devra accepter pour le bien de la communauté, quitte à sacrifier son honneur d’homme.

Un roman où l’on apprend beaucoup et sur l’histoire et sur les commandements de cette communauté. Captivant !

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Rédigé par Dominique84

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Publié le 9 Septembre 2013

le soleil à mes pieds

"Quand on a une sœur, on n'est plus jamais seule", c’est ce que répétait sans cesse leur mère et elle ne savait pas si bien dire ! Il y a la Petite et la Grande, deux sœurs au caractère diamétralement opposé. La Grande est volubile, bavarde, énergique, dominatrice, désordonnée et sale. Elle ressent une attirance perverse envers la mort. La Petite, quant à elle, est maniaque de la propreté et de l’ordre, introvertie, transparente, sans travail régulier. Ses seules occupations sont le ménage ou plutôt le récurage, sortir les poubelles et aller boire à l’occasion un café, toujours seule. Vivre dans son univers aseptisé et solitaire la rassure. Anorexique dans le désir lentement de s’effacer, elle survit et nous raconte. Un terrible passé les lie, sa sœur et elle. Elles ont vécu pendant plus d’une semaine avec leur mère décédée d’une rupture d’anévrisme. La Grande avait alors pris les rênes de leur destinée. C’est elle qui a refusé d’appeler les secours, c’est elle qui a décidé de cacher la vérité à la Petite, encore trop petite pour comprendre ce qui était arrivé. Et c’est elle qui continue à marquer son emprise malsaine sur la Petite, maintenant qu’elles sont adultes. A 22 ans, la Petite ne sait comment se libérer de ce joug qui l’étrangle ; elle sombre dans la folie, sournoisement entretenue par sa sœur. Elle subit sa sœur avec résignation mais haine.

C’est une histoire poignante de deux âmes damnées qui luttent pour survivre au traumatisme de l’enfance mais la plus forte n’est pas celle que l’on croit. Le style est en osmose avec les méandres de l’esprit de la narratrice. Les phrases sont courtes, saccadées, obsessionnelles. Ce roman est l’histoire d’une résurrection, celle de la Petite dont on apprendra juste à la fin du récit, le prénom, Héloïse. Une identité retrouvée, une part de lumière qui s’ouvre à ses pieds grâce aux sandales dorées, les mêmes que portait sa mère.

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Rédigé par Dominique84

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