Publié le 30 Janvier 2011

  Grasset Et Fasquelle, 12/01/2011 - 304 p

          Octobre 1951, deux jeunes étudiants, copains inséparables, s'apprêtent à partir pour une année d'étude en Italie, à Pise. Ils vont être logés durant toute cette année dans l'ancien Palais des Chevaliers de Malte, siège de l'Ecole Normale Supérieure. Tandis que Robert, fils de garagiste, est ouvert, débrouillard et sociable, Octave, a reçu une éducation beaucoup plus stricte, il est réservé, la tête pleine d'a priori. Issu d'une famille de bourgeois janséniste, Octave a pour modèle des parents pour qui modernité signifie fin du monde. Habitué à refouler ses souffrances, ses joies, il passe son temps à rêver d'un monde meilleur et peine à se faire des amis.

 

          En 1951, au lendemain de la guerre, l'Italie est en pleine reconstruction, une période charnière avant le boom industriel des années 60, mais un pays qui reste cependant très archaïque et rural. On y circule essentiellement en vespa sur des routes encore non goudronnées. Octave et Robert sont immédiatement séduits par Pise, la plus belle ville de Toscane, qui malgré la pauvreté, se révèle plus humaine et plus chaleureuse que Paris. Dès leur arrivée, ils vont être mêlés aux débats politiques qui animent le pays. En 1951, en pleine Guerre Froide, l'Italie est une base stratégique pour l’Ouest et les deux partis politiques dirigeants - la Démocratie chrétienne et le Parti communiste - s’affrontent violemment. La vie à l'école y est grandement perturbée. Le pays  émerge des ruines de la guerre et du fascisme avec un dynamisme et une vitalité extraordinaires, c'est la période des grands maîtres du cinéma, Visconti, Rossellini, Fellini...

 

          Il est temps pour nos deux Français de s'éveiller aussi à la sensualité. Mais, les mœurs n'évoluent pas aussi rapidement. Avant le mariage, il est impensable pour les garçons de nouer une quelconque relation avec une jeune femme. «Ce qu’on voyait sur les quais de la Seine eût été inimaginable ici. Le couple d’amoureux n’existait tout simplement pas. Un homme et une femme qui se promenaient bras dessus bras dessous ne pouvaient être qu’un homme et une femme mariée». Les filles restaient murées derrière le triple rempart de l’Eglise, des familles, de l’opinion. Le hasard va œuvrer, ils vont faire la connaissance d’Ivanka, dont ils vont tomber tous les 2 amoureux. Jeune fille issue d’aristocrates ruinés, Ivanka vit dans un palais délabré qui les fascine. 

 

Magnifique roman-fresque d’une Italie nostalgique, d’une Italie charmeuse, séductrice, chaleureuse et humaine, vue à travers le regard de ce trio amoureux. Embarquement immédiat pour la Dolce Vita, Ciao !

 

 

 

 

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Rédigé par Dominique84

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Publié le 28 Janvier 2011

 05/01/2011, 281 pages, 

          Véronique Olmi nous emmène le temps d'un week-end de juillet en Normandie. Depuis 16 ans, 3 couples d'amis se retrouvent chez Delphine et Denis à Courtainville, pour le pont du 14 juillet. C'est pour eux un rendez-vous sacré, une sorte de coupure dans leur vie active de quadragénaires stressés.

Au programme sont prévues toutes sortes d'activités sportives, de sorties au restaurant, l'occasion de parler de tout mais surtout de rien, juste le plaisir de se retrouver. Ils se connaissent depuis longtemps, ils ont paraît-il tout partagé. Ce week-end entre amis est une façon pour eux de poursuivre leur jeunesse, se donner l'impression que rien ne change, de chasser le quotidien parfois bien morose, de partager des moments intenses de joie et de bonheur, dans l'insouciance et la superficialité. Un leurre !

 

          Car cet été là, tout est différent, le couple de Delphine et Denis, que tous croient indestructible, bat pourtant de l'aile. Denis est devenu froid et cassant depuis qu'il a appris qu'elle le trompait. Il est irrémédiablement fermé à tout dialogue, ils s'ignorent et essaient autant que possible de sauver les apparences.

"Ils seraient dix dans la maison, et c’était bien. Il fallait du monde, le plus de monde possible, ils pourront ainsi s’ignorer et s'oublier" pense Delphine.

            Leur amie Marie, actrice de second rôle, vit mal qu'on ne lui propose plus que des rôles de grand-mère dans des feuilletons de second ordre, elle se console dans les bras de son "gentil" mari, pourtant dépressif.

          Et puis il y a Lola, la plus jeune des 3, reporter de guerre, qui n'a ni mari ni enfant et qui ramène chaque été, un nouvel amant. Cette année, c'est Samuel, éperdument amoureux, prêt à franchir le cap du mariage, bien vite dissuadé par ses amis. Les bains de soleil sont l'occasion de se laisser aller, chacun y va, toujours à demi-mots, de ses confidences, de ses regrets, de ses désirs inassouvis.

 

          Le week-end de cet été-là leur réserve une bien grande surprise, celle de l'arrivée inattendue d'un certain Dimitri, jeune homme d’à peine 20 ans, qui va semer le trouble et peu à peu les forcer à se remettre tous en question.

 

Véronique Olmi alterne discussions futiles et pensées obscures de chacun de ses personnages et nous livre une fine analyse toute en délicatesse de chaque émotion, de chaque ressenti. Pas de pathos cependant, on ressent simplement de l’empathie pour ces misérables pantins dans lesquels on se retrouve finalement tous, plus ou moins. Dimitri agira comme un véritable miroir de leur insuffisance, annonçant la fin de la mascarade, la fin d'un épisode de vie.

 

 

 

 

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Rédigé par Dominique84

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Publié le 26 Janvier 2011

  paru le 10 janvier 2011, 342 pages, 19€.

Etre libres, avoir des rêves plein la tête, commencer une nouvelle vie, se sentir l’âme d’un conquérant, voilà ce qu'ont en commun ces hommes et ces femmes qui ont quitté la terre pour coloniser la Lune.

Nous sommes en 2095, ils sont par milliers à être venus de tous les coins de la Terre, ils composent un ensemble hétéroclite de l’espèce humaine. Il y a les miséreux qui n’avaient pas d’autre choix que de tenter une dernière chance pour survivre, les illuminés qui poursuivent un rêve, les aventuriers poussés par l’inédit de la situation, les affairistes qui ont eu vent que la Lune possède des mines de pierres précieuses, les indésirables, les malfrats, les condamnés que l’on a chassés de la Terre devenue trop petite. Tout ce petit monde, une fois acclimaté aux dures conditions de vie, va recréer une société productive, selon les mêmes rouages que sur la Terre. Alors quoi de plus normal que de construire un café sur la Lune ?

 

Le roman débute avec l’inauguration de ce café, une occasion pour chacun des clients de se présenter, de nous raconter leur parcours, leur vie. Bob l’Irlandais et son épouse Tin Tao ont conçu ce café dans les moindres détails, petit havre terrien, lieu de rencontre où la bière coule à flot et les discussions vont bon train. Aujourd’hui est un jour exceptionnel, c’est l’ouverture du premier café sur la Lune. Il le sera en effet, et bien au-delà de ce qu’ils avaient imaginé. Ce nouveau lieu de vie va attirer tous les assoiffés, les esseulés, les piliers de bars, évoquant à tour de rôle, leurs souvenirs, leurs angoisses, leurs désirs, leurs rêves. Ces premiers habitants de la Lune n’ont rien changé de leur manière de vivre ou de penser. Ici dans ce café et lors de cette longue et folle nuit, ils vont réaliser que leurs rêves ne sont pas prêts à se concrétiser

« parce que finalement, chaque fois qu'un homme se déplace, il emporte avec lui toute sa méchanceté et sa dureté ».

 

Loin d’être un roman noir, Un café sur la Lune est un hymne à la Terre, une terre qui souffre de l’irrespect que les humains ont envers elle, une Terre dont la beauté est souvent ignorée ou bafouée par certains, en un mot, un paradis ! Et c’est bien souvent lorsqu'on est loin de ce que l'on aime que l'on réalise combien on y est attaché.

 

 

 

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Rédigé par Dominique84

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Publié le 23 Janvier 2011


Robin Baker est l’auteur de best-sellers internationaux dans le domaine de la biologie sexuelle et de l’évolution, notamment le désormais classique Sperm Wars :  Les secrets de nos comportements amoureux.

 

Voilà plus d'un an qu'on était sans nouvelle d'un groupe d'étudiants partis pour une expédition scientifique dans le Pacifique.  

Au grand soulagement des familles, ils sont enfin retrouvés, fêtés, accueillis dans leur pays comme des héros, mais peu à peu, leur comportement commence à intriguer. Qu'ont-ils vécu ? Pourquoi les a-t-on retrouvés nus ? Pourquoi toutes les femmes, sauf une, sont tombées enceintes ? Comment deux étudiants et leur professeur-accompagnateur ont-ils trouvé la mort ? A toutes ces questions, ils répondent inlassablement la même version, mais ne réussissent pas à convaincre.

Robin Baker a été choisi pour écrire le livre de leur aventure. En écoutant les principaux protagonistes, il va bien vite se rendre compte que tous gardent un terrible secret et récitent à l'unisson une version édulcorée de ce qu'ils ont réellement vécu. Il va tour à tour les rencontrer, essayant de reconstruire le puzzle de leur histoire, cette aventure d'un an sur une île déserte. 

C'est une des rescapées qui nous relate la première partie du roman, elle y narre leur arrivée sur l'île, leur installation jusqu'au jour où ils perdent vêtements, bateau, et même le chef de l'expédition.

La seconde partie est l'enquête menée par Robin qui tente de reconstituer la vérité.

Peu à peu, émerge un tableau inquiétant. Celui de l'être humain confronté à ses origines, ses pulsions animales, son instinct de survie.


"Si vous voulez voir ce que valent les être humains, rendez-les à l'état sauvage. Forcez-les à vivre nus parmi les singes. Ce que vous verrez ne vous plaira pas, mais peut-être comprendrez-vous alors que la société moderne n'est qu'une façon de nous dissimuler à nous-mêmes notre véritable nature. Vous verrez à quel point il s'agit d'une construction fragile."


 

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Rédigé par Dominique84

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Publié le 21 Janvier 2011

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"La paresse est le refus de faire non seulement ce qui vous ennuie, mais encore cette multitude d'actes-tissu de la vie, qui s'en être à proprement parler ennuyeux, sont tous inutiles ; alors la paresse doit être tenue pour une des manifestations les plus sûres de l'Intelligence."
H.de Montherlant.

 

Le travail fut synonyme de servitude dans la Rome Antique pour devenir valeur dans notre société.

La paresse fait partie des 7 péchés capitaux, elle est supposée être mère de tous les vices,

 

et pourtant...

le paresseux  doit réunir de nombreuses qualités pour s'adonner à son loisir préféré, le farniente. Il lui faut être inventif, créatif, trouver le meilleur moyen de consommer le moins d'énergie possible, en un mot, être intelligent....

 

Bon week-end à tous... vous savez dès à présent à quoi je vais m'adonner durant ces deux jours.

 

 

 

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Rédigé par Dominique84

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Publié le 19 Janvier 2011

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"Les films de Jacques Tati nous renvoient le reflet d’une certaine France qui n’existe plus, toute de poésie, de légèreté et d’insouciance ; cette “affaire Tati” nous renvoie, elle, l’image d’une autre France, crispée, étriquée, réglementaire, qui existe trop" Pierre Assouline

 

En 2009, la RATP fit supprimer la pipe de M.Hulot sur des affiches lors de l'exposition consacrée au réalisateur Jacques Tati. En guise de pipe, M. Hulot tenait vissé à sa bouche un moulin à vent jaune, ajout ridicule pour une censure ridicule. La régie publicitaire avait censuré la pipe au nom de la loi Evin qui interdit toute publicité directe ou indirecte pour l'alcool et le tabac. La commission des Affaires culturelles de l'Assemblée nationale a adopté hier à l'unanimité une proposition de loi qui assouplit la loi Evin de 1991 en faveur des oeuvres culturelles et artistiques. La proposition de loi sera examinée le 27 janvier par les députés.

 

Nom d'une pipe mais nous vivons dans l'absurde fumeux, le ridicule qui ne tue pas. !

Reverra-t-on un jour la cigarette d'André Malraux, supprimée pour l'impression de timbres,

celle de Jean-Paul Sartre, effacée sur des affiches d'une exposition qui lui était consacrée,

et celle de Luky Luke qui mâchonne depuis peu un brin d'herbe ?

 

 

 

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Rédigé par Dominique84

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Publié le 17 Janvier 2011

Photobucket Dès le début de ses activités en Vaucluse, je me suis intéressée aux facéties du farceur masqué, plus communément appelé Fesseman.

 

Visiteur assidu de mon blog, il m'a toujours tenu au courant de ses projets farfelus, il a d'ailleurs fait l'objet de deux articles ici et ici .

 

    Il avait annoncé qu'il déborderait du Vaucluse et "monterait" à la capitale. Voilà qui est fait, il s'est attaqué à l'une des rues les plus connues et les plus surveillées de Paris,les Champs-Elysées qui ont été rebaptisées l'avenue "Rémy-Gaillard, universal comic" (rémi gaillard sur wikipedia) et les armoiries de la ville de Paris remplacées par le logo du groupe de hard-rock Guns n' Roses. Une opération bien plus hardie que celle menée en Vaucluse, où 140 villes avaient été renommées du nom des villes de Groland.

 

Intervention de Jules-Edouard MOUTIC de Canal+ à  propos de Fesseman

 

Avec cette nouvelle farce, FesseMan se rapproche peu à peu de son objectif : débaptiser Matignon en Hôtel François Pignon.

 

Go Fesseman go, la France te regarde, et un jour on te dira "Fesseman, je vous ai compris" !

 

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Rédigé par Dominique84

Publié dans #humour

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Publié le 15 Janvier 2011

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Pas de place pour la nostalgie,

seulement de l'enfance, la magie !

 

 

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Rédigé par Dominique84

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Publié le 13 Janvier 2011

 

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Amourette

Or que l’hiver roidit la glace épaisse,
Réchauffons-nous, ma gentille maîtresse,
Non accroupis près le foyer cendreux,
Mais aux plaisirs des combats amoureux.

Assisons-nous sur cette molle couche.
Sus ! baisez-moi, tendez-moi votre bouche,
Pressez mon col de vos bras dépliés,
Et maintenant votre mère oubliez.

Que de la dent votre tétin je morde,
Que vos cheveux fil à fil je détorde.
Il ne faut point, en si folâtres jeux,
Comme au dimanche arranger ses cheveux.

Approchez donc, tournez-moi votre joue.
Vous rougissez ? il faut que je me joue.
Vous souriez : avez-vous . point ouï
Quelque doux mot qui vous ait réjoui ?

Je vous disais que la main j’allais mettre
Sur votre sein : le voulez-vous permettre ?
Ne fuyez pas sans parler : je vois bien
A vos regards que vous le voulez bien.

Je vous connais en voyant votre mine.
Je jure Amour que vous êtes si fine,
Que pour mourir, de bouche ne diriez
Qu’on vous baisât, bien que le désiriez ;

Car toute fille, encor’ qu’elle ait envie
Du jeu d’aimer, désire être ravie.
Témoin en est Hélène, qui suivit
D’un franc vouloir Pâris, qui la ravit.

Je veux user d’une douce main-forte.
Hà ! vous tombez, vous faites jà la morte.
Hà ! quel plaisir dans le coeur je reçois !
Sans vous baiser, vous moqueriez de moi

En votre lit, quand vous seriez seulette.
Or sus ! c’est fait, ma gentille brunette.
Recommençons afin que nos beaux ans
Soient réchauffés de combats si plaisants.

PIERRE DE RONSARD (1565)

 

 Ne trouvez-vous pas que, tout de suite, il fait meilleur ?

 On ne sent plus qu'à peine les morsures du froid de l'hiver !

 

 

 

 

 

 


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Rédigé par Dominique84

Publié dans #poésie

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Publié le 10 Janvier 2011

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Augustin l'Argentin fut un temps bénédictin.

Chassé pour avoir raflé le butin, il chemina comme un clandestin à dos de bouquetin, avec pour seuls vivres son ballotin dont il faisait un festin.

 

Aux yeux de Valentin, c'était un libertin, pour Martin, un simple crétin.

 

Grâce à son baratin de diablotin, il devint cabotin se jouant des philistins, comme d'un menu fretin.

 

Seules avaient grâce à ses yeux les catins,

car Augustin était un vrai galantin,

amateur de popotins !

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Rédigé par Dominique84

Publié dans #Des mots et des jeux

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