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Publié le 22 Juin 2017

On dit que l’enfer est pavé de bonnes intentions et le dernier roman de Solène Bakowski illustre cette expression d’une façon magistrale. Cette histoire nous transperce le coeur comme elle nous porte à réfléchir sur nos propres relations. Avec Solène Bakowski, lire c’est faire de l’introspection !

Après la mort de sa mère, Mathilde assiste impuissante à la longue descente en enfer de son père. Nicolas ne réussit pas à accepter la mort de sa femme. Le poids de l'incompréhension et de la culpabilité pèsent lourd sur ses épaules. Il n'a pas su voir comme il ne voit pas que Mathilde se bat contre l'injustice qui la frappe en plein coeur.  Aucun des deux n’arrivent à faire le deuil de Karine, elle leur manque et vient les hanter tous les jours à chaque instant.

A qui se confier ? A qui crier sa peine et sa peur ? Qui va pouvoir écouter ? Qui va pouvoir comprendre ? Chacun à leur façon s’adresse à Karine, alors que Nicolas lui parle et Mathilde a décidé de lui écrire des lettres.  Elle se confie, ouvre son coeur et écrit de sa plus belle écriture ses tourments et les manques qui l'asphyxient,

Et puis la vie lui envoie Rémi, il travaille à la Poste et il a lu en cachette les lettres de Mathilde. “Comment tourner le dos à une enfant qui mendie un peu d’amour, un peu de chaleur, un peu de compassion ?” Rémi ce jeune garçon de 23 ans qui a un coeur d’enfant, un “ handicapé des relations humaines, un torturé émotionnel, un autiste”. A chacun de trouver sa raison de vivre, pour Rémi ce sera de rendre heureuse Mathilde, de la protéger, de l’enlever de l’enfer dans lequel elle vit. Mais si ses intentions sont pures, les autres ont du mal à le croire. Que peut donc faire un jeune garçon avec une fillette de 9 ans ?

L’amour passe toujours par un sacrifice… le sacrifice de la bonne intention.

Une histoire poignante écrite à la façon d’un thriller psychologique où l’auteur décortique finement toutes les réflexions et les émotions qui rongent les êtres en souffrance. L’auteur crée dès les premières pages du roman une atmosphère sombre et angoissante et tisse peu à peu une intrigue née de secrets et de non-dits, une intrigue que l’écriture dénouera car comme l’écrit Mathilde dans une de ses lettres, “ écrire, ça fait fuir la douleur “.

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Rédigé par Dominique84

Publié dans #Mes lectures

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Publié le 15 Juin 2017

Un roman qui nous projette dans un décor paradisiaque épargné par la guerre mais pour laquelle les protagonistes paieront pourtant le prix fort. Un roman qui mène à la réflexion sur la guerre, la nature humaine, l’humanité toute entière.

Souvenons-nous que qui que nous soyions, où que nous vivions, nous ne sommes que poussières d’étoiles…

 

Sous la plume de deux jeunes filles, toutes deux âgées de 16 ans et séparées par plus d’un demi-siècle, le lecteur se retrouve dans la petite île d’Hatoma dans l’archipel d’Okinawa au Japon en 1945. Hiromi dont le père travaillait pour Mitsubishi à Los Angeles où elle avait vu le jour, était retourné au Japon en mai 1944. Hiromi l’avait suivi et s’était retrouvé piégée là-bas après l’attaque de Pearl Harbour. C’est dans cette petite île coupée du monde qu’elle découvrira une grotte où se cachent un déserteur japonais et un jeune américain blessé. Les jours passent et chacun y va de son histoire, ils se racontent, ils s’apprécient. Dans ce lieu confiné et secret, les frontières, les différences tombent. Il n’y a plus que deux hommes victimes de la bêtise humaine. Au péril de sa vie Hiromi revient chaque jour en cachette pour leur apporter des vivres. Personne ne doit savoir qu’elle aide à la fois un déserteur de l’armée japonaise et un renégat de l’armée américaine. Un secret qu’elle partage sur son journal intime que l’on retrouvera la guerre terminée. Que seront-ils devenus tous ? Il faut savoir lire entre les lignes, l’histoire ne s’écrit pas, elle se vit… et c’est vers cette vérité que longtemps plus tard, la jeune Hosaka ira en menant sa propre enquête.

 

Un roman déroutant tant il est difficile de le ranger dans une catégorie. L’auteur nous invite à une lecture onirique d’une histoire bien ancrée dans la réalité puisqu’elle se situe à la fin de la Seconde Guerre Mondiale au Japon, une histoire qui prend peu à peu le chemin d’un conte philosophique pour finir par un roman à suspense, le tout servi par une écriture tonique et poétique.

Histoire vraie, fiction ? Peu importe car la véritable histoire de ce roman est l’histoire des hommes pris au piège par la stupidité de la guerre, un hymne à la solidarité, à la fraternité, à l’amour.

 

Magnifique coup de coeur !

 

Quelques mots sur l'auteur :

Roger Pulvers est auteur, dramaturge, metteur en scène et traducteur. Il a publié plus de quarante-cinq livres en anglais et en japonais, principalement des romans, des essais, des pièces de théâtre et de la poésie. Il traduit par ailleurs depuis le japonais, le russe et le polonais.

Ses pièces sont produites aux États-Unis, au Japon et en Australie. Il intervient régulièrement à la télévision et à la radio japonaises. Il a d’ailleurs écrit et présenté la célèbre émission télévisée hebdomadaire « Gift E-Meigen » pour NHK.

Il a reçu plusieurs prix littéraires, dont le prix Kenji Miyazawa (2008) et le prix Noma pour la traduction d’œuvres japonaises (2013). Roger Pulvers a écrit le scénario pour l’adaptation cinématographique de Poussières d’étoiles (2017) et en a dirigé lui-même le tournage qui a eu lieu à Okinawa et Tokyo.

Poussières d’étoiles a été publié pour la première fois, en japonais, en 2015

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Rédigé par Dominique84

Publié dans #AmazonCrossing, #Mes lectures

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Publié le 13 Juin 2017

Il suffit parfois de peu pour que notre destin trace une autre route. L’auteur nous emmène à partager trois jours de la vie de ses héros, trois jours durant lesquels ils vont vivre une rencontre qui va changer le cours de leur destin.

 

Cette histoire est la rencontre improbable d’un rocker et d’une marchande de glaces. Tout les sépare et pourtant...

Alors que Nick, le charismatique leader du groupe de rock anglais, les Bebonkers se prépare à convoler en justes noces pour la troisième fois, Milena Migliari s’angoisse à cause d’une panne de courant qui risque de faire fondre toute sa production de glaces. Milena est une artiste à sa façon, elle sait marier les parfums comme personne et sa petite boutique commence à être reconnue des fins gourmets. Par chance, elle reçoit une commande inattendue qui lui permettra d’écouler son stock avant qu'il ne fonde comme neige au soleil.

Le hasard a jeté les dés, Milena et Nick vont se rencontrer. Que deviendra Nick qui ouvre les yeux sur sa relation sentimentale ? Que deviendra Milena qui a délaissé les hommes pour suivre Viviane dans une relation amoureuse stable et qui a décidé dans quelques jours d’entreprendre un traitement hormonal pour avoir un enfant ?

L’auteur nous transporte en plein automne en Provence, une saison encore bien douce pour déguster cette histoire rafraîchissante.  

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Rédigé par Dominique84

Publié dans #Mes lectures, #HC éditons

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Publié le 12 Juin 2017

Un livre que l’on referme le coeur gros tant l’empathie avec les personnages est forte. Amélie Antoine sait nous les faire comprendre dans toute leur complexité d’émotions. On passe du rire aux larmes, des larmes au rire dans ce roman qui est une riche découverte pour moi et qui me donne une envie irrésistible de lire son précédent roman “Fidèle au poste”.

 

Il connaît le succès, il fait rire, on l’aime, on l’adule et pourtant il lui manque l’essentiel, l’amour de son fils. Une histoire qui somme toute semblait des plus banales. Mais c’était sans compter le style alerte et dynamique de l’auteur, cette façon qu’elle a de transformer la banalité en rareté, d’analyser avec finesse la psychologie des personnages et d’évoquer avec justesse les sentiments humains.

Edouard Bresson s’est pris les pieds dans le piège de l’humour. Faire rire est plus qu’une vocation, c’est sa raison de vivre depuis l’enfance, mais personne ne s’en doute, personne ne connaît son secret.

Face à son public hilare, Edouard Bresson revit mais s’isole de plus en plus. Son succès l’a éloigné de sa famille, de son fils Arthur lui-même pétri d’amertume et de colère.

 

C'est l'histoire d'un rendez-vous manqué, une histoire poignante de deux êtres qui auraient pu s’aimer mais que le destin  n’a pas réunis. Une histoire d’Amour avec un grand A, l’amour filial, l’amour fraternel, l’amour paternel,

 

Coup de coeur !

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Rédigé par Dominique84

Publié dans #Mes lectures, #Michel Lafon

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Publié le 12 Juin 2017

A trente-deux ans passés et mère de 2 enfants,  Letty mène encore une vie d’adolescente. Elle compte sur son fils aîné seulement âgé de 15 ans pour s’occuper de sa petite soeur Luna. Il faut dire que Letty s’est toujours appuyé sur ses parents et maintenant plus que jamais. Mais ceux-ci ont décidé, la retraite venue, de quitter les Etats-Unis pour le Mexique. C’est une catastrophe pour Letty qui n’a jamais vraiment dû affronter ses responsabilités.

Pas facile non plus de se retrouver seule avec 2 enfants dans une banlieue défavorisée de San Francisco, mais c’était sans compter la providence qui mettra sur la route de Letty des rencontres enrichissantes et secourables et la chance d’avoir des enfants extraordinaires. Alex et Luna sont armés pour la vie, ils l’épatent par leur courage et leur sérieux.

C’est un magnifique roman sur la poursuite du bonheur coûte que coûte. Letty va se battre et montrer qu’il ne faut jamais baisser les bras quoi qu’il arrive et même si le pire des délits qu’on ait pu causer est de naître au mauvais endroit. Un roman d’espoir qui traite sans détours ni langue de bois de ségrégation sociale, un roman malgré tout poétique grâce à la plume tendre et sensible de l’auteur.

 

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Rédigé par Dominique84

Publié dans #Mes lectures, #Presses de la Cité

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Publié le 12 Juin 2017

 

Fabuleuse histoire qui nous enveloppe de douceur gourmande, on lit en apesanteur coupé de la réalité pour rejoindre Sentarô et Madame Yoshii dans leur petite baraque qui sent bon le dorayaki, une pâtisserie japonaise réalisée à partir d’une pâte de haricots rouges confits.

Sentarô avait bien hésité avant d’embaucher Tokue Yoshii pour l’aider à confectionner ces petits ronds de pâte comme des petits pancakes fourrés de “an” de haricots rouge. Tokue s’était imposée à lui et malgré ses 76 années bien sonnées, elle avait su le séduire avec sa préparation de haricots confits.

Sentarô avait vu son chiffre d’affaires monter en flèche depuis l’arrivée de Mme Yoshii qui avait seulement ordre de ne pas s’exposer à la clientèle. Sentarô craignait sans vraiment savoir pourquoi que les doigts atrophiés et vieil âge de Tokue ne dissuadent  sa clientèle de venir déguster ses dorayakis. C’est pourtant ce qui arriva et Tokue Yoshii dut abandonner son emploi pour retourner dans son ghetto. Un endroit que tous ceux de la génération de Sentarô croyait ne plus exister. Un lieu où vivent encore tous ceux qui ont guéri de la lèpre. Et même si une loi de 1996 sur la prévention de la lèpre avait été abrogée, même si les habitants de ce centre de Tenshôen avait l’autorisation de sortir librement, ceux-ci vivaient encore en autarcie. Une génération sacrifiée.

 

La rencontre de Tokue Yoshii et Sentarô agit comme un miracle dans leur vie respective, elle va donner une nouvelle saveur à leur existence, l’une pleine de souvenirs et l’autre face à son avenir.

Deux reclus, deux exclus qui se trouvent et se retrouvent pour nous donner la plus belle leçon de vie.

Ce roman nous livre une page d’histoire du Japon que j’ignorais mais c’est aussi et surtout un hymne à la vie, à la nature, à la beauté des sentiments. Un roman qui se savoure comme une friandise rare !

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Rédigé par Dominique84

Publié dans #Mes lectures, #Le Livre de Poche

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Publié le 4 Juin 2017

En passant devant les rayonnages d’une librairie, aurais-je eu le "nez" de trouver un livre aussi intéressant ? Je ne sais… c’est pourquoi je remercie Babelio de me l’avoir adressé dans le cadre de Masse Critique.

Splendeurs et misères de l’odorat, grandeur et décadence du nez, c’est à toute l’histoire du sens de l’odeur et aux parfums  et à la symbolique de la senteur que nous invite l’auteur. Qu’il ait été élixir sacré ou privilège des rois, le parfum a traversé les époques en exerçant une véritable fascination sur les hommes. Dans les civilisations antiques, les parfums, obtenus sans alcool ni distillation, se présentent sous la forme d’huiles et d’onguents odorants ainsi que d"encens" qui dégagent en brûlant d’agréables odeurs. Le mot parfum vient d’ailleurs de là (per fumum : par la fumée).

 

On y apprend que l’Occident a privilégié le sens de la vue et de l’ouïe et méprisé l’odorat car jugé trop animal.

Éphémère, le parfum n’est pas reconnu comme un art. Aristote fit même de l’odorat un “sens intermédiaire”.

 

Beaucoup plus tard, au siècle de la révolution industrielle, on constata même une sorte d’aversion des odeurs à cause de la peur de la contamination par les miasmes atmosphériques.

 

Après avoir consacré un chapitre au statut de l’aromate dans l’Antiquité grecque et romaine,  l'auteur aborde tour à tour l’usage du parfum dans la Bible, l’étude de la fonction symbolique des parfums, l’invention de la parfumerie de synthèse et son utilisation dans la société de consommation.

Un livre qu’on ne peut pas lire d’un trait tant il est dense et complet mais un livre que l’on garde près de soi pour pouvoir le consulter souvent et apprendre chaque fois un peu plus.

On peut regretter toutefois que le texte soit trop compact, une typographie plus aérée aurait facilité la lecture. Mais ce n’est que la forme que je critique car le fond est d’une richesse inépuisable.

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Rédigé par Dominique84

Publié dans #Mes lectures, #Masse critique Babelio

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Publié le 19 Mai 2017

Petit village-îlot baigné par les eaux de l'océan Atlantique et venté par un souffle continu et parfois destructeur, Port-des-Vents abrite une belle lignée de femmes. Contre l’adversité, la maladie, les conditions de travail extrêmement pénibles, les femmes se tiennent les coudes. Rien n’est possible sans solidarité, rien n’est possible sans cette foi en la vie qui chaque jour fait recommencer, reconstruire après la tempête qu’elle soit sur mer ou dans les coeurs.

Après la mort de leurs hommes, les femmes de cette famille se sont donné la main pour survivre et faire face au mauvais sort. Autour d’Adèle, l’aïeule, il y a quatre générations de femmes qui vivent dans une petite maison de pêcheurs. Elles savent tout faire, se transmettant génération en génération tous les gestes nécessaires à la survie “Quand on naît femme, ici, il faut savoir tout faire. Aimer, accoucher, allaiter l’enfant, peiner au ménage, à la lessive, s’activer au plus dur : courbées sur la vase, les mains rougies, peiner au parc des huîtres et des coquillages ; renaître, mourir ici.”  Quand le vent détruit tout sur son passage, ces femmes-là remontent les manches et travaillent 10 fois plus qu’à l’accoutumée, mais cela prouve qu’elles restent vivantes.

Pour rien au monde elles s’éloigneraient de Port-des-Vents qui, à chaque tempête devient une île. Seule Elena a choisi un autre destin mais elle ne peut s’empêcher d’y revenir à la belle saison “quand les fruits du verger abondent”. Elena avait grandi avec le manque d’un père, elle avait seulement été désirée et élevée à Port-des-Vents par Indiana, sa mère.

Trois femmes se partagent le récit et à travers leur destin, l’auteur nous décrit la dure vie de labeur des ostréiculteurs. Il y a l’histoire selon Indiana, selon Marjolaine, sa mère et selon Adrienne, la grand-mère "Tout est de la faute de la belle Adrienne. " dont on connaîtra le secret en fin de roman, car à Port-des-Vents, les passions sont dévastatrices…. Peut-être est-ce notre force de femme qui refoule les malheurs et le vent et permet à Port-des-Vents de résister à tout, même à ses naufrages ?

Le nouveau roman d’Hortense Dufour, romancière et biographe est un petit bijou de lecture iodée serti de passion amoureuse.

Lien Presses de la Cité 

Auteur de biographies (Marie Stuart, Colette, George Sand…), de romans à succès, notamment La Marie-Marraine, Grand Prix des Lectrices de Elle en 1978, adapté au cinéma sous le titre L’Empreinte des géants par Robert Enrico, Hortense Dufour est également l’auteure de nombreux scénarios pour TF1 et France 3. Elle est chevalier des Arts et des Lettres depuis 2010.

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Rédigé par Dominique84

Publié dans #Mes lectures, #Presses de la Cité

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Publié le 15 Mai 2017

Résumé de l’éditeur :

Le  comte de Bonneval, futur Ahmed Pacha, a été l’un des plus célèbres, l’un des plus doués, mais aussi l’un des plus décriés aventuriers de la première moitié du XVIIIe siècle. Brillantissime et courageux officier, un sens exacerbé de l’honneur et un tempérament sourcilleux ont, à plusieurs reprises, failli le conduire à sa perte et l’ont, à chaque fois, obligé à changer de pays.

Depuis lors, quelques écrits – dont des mémoires apocryphes – ont narré ses trois vies successives : le service du Roi de France, l’allégeance à l’Empereur d’Autriche, la carrière dans l’Empire Ottoman. La plupart de ces récits se sont contentés, avec autant de fantasme romanesque que d’imprécision historique, de rapporter la partie la plus visible de la vie de ce général : ses aventures militaires et ses exils successifs.

Mais, jusqu’à aujourd’hui, aucun auteur ne s’est réellement attaché à la personnalité la plus intime du comte de Bonneval, en particulier en analysant sa vie rocambolesque sous l’angle du seul sentiment qui – de façon constante et en dépit des vicissitudes – a accompagné ses pérégrinations : une profonde passion pour les femmes et une indéfectible fidélité à celles qui lui ont été les plus proches.

Associant la vérité historique pour les événements à une vraisemblance romanesque quant aux rapports entre les personnages, c’est à travers la mémoire des femmes de sa vie que le présent ouvrage observe l’homme qu’a été le comte de Bonneval, par la vision que ses “favorites” ont eu de ses rebondissements successifs et par l’amour éternel qu’il a su leur inspirer. Par leur reconnaissance, aussi. Car c’est grâce à l’extravagance, à la générosité et la fidélité de Bonneval Pacha, que ces femmes ont pu avoir ce à quoi leurs origines ne les prédestinaient pas : un destin d’exception.

 

Mon avis de lectrice :

Alain de Savigny, ancien dirigeant d’entreprises multinationales devenu spécialiste de l’Empire Ottoman, met en scène la vie rocambolesque et tumultueuse d’un aventurier avec lequel il est apparenté par son épouse.

La passion est le fil conducteur du roman. L’auteur se place derrière toutes les femmes qui ont jalonné la vie trépidante de son héros, il sait nous le rendre vivant, fougueux et attachant. Un “beau” livre d’histoire excellemment documenté qui vous promet des heures de lecture enrichissante, haletante et parfois émouvante. Merci à l’auteur pour ce moment… !

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Rédigé par Dominique84

Publié dans #Erick Bonnier, #Mes lectures

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Publié le 15 Mai 2017

Une histoire qui nous parle de la grande histoire, une histoire où se mêle pudeur des sentiments, élégance de l’écriture, subtilité de la construction, délicatesse de la narration, bref un premier que je qualifierais d’époustouflant.

 

La grand-mère  de Sandra Klein vient de décéder. Un grand choc et une grande douleur pour cette quadragénaire somme toute heureuse dans sa vie et qui pourtant, on l’apprendra au fil des pages cache au fond de son coeur une douleur profonde et lancinante, une rupture sentimentale brutale et inexpliquée qu’elle n’a toujours pas acceptée. Il a bien fallu qu’elle se reconstruise, mais au fond de son coeur, elle sait qu’elle reste bancale, comme inachevée.

A sa mort, sa grand-mère lui lègue des petits carnets de Moleskine dans lesquels, de sa jolie écriture, elle a noté une vie de souvenirs. Sandra se plonge dans la lecture de ces carnets et nous raconte. C’est une immersion dans un passé douloureux, un pan d’histoire d’horreur et de sang qu’il nous faut jamais oublier. Rivka a été plus rapide que son mari, elle a échappé à la mort en sautant d’une fenêtre lors d’une rafle. C’était en 1942.  Elle s’est sauvée, elle et l’enfant qu’elle portait, elle ne reverra jamais son mari mort dans un camp de concentration.

Ces pages d’écriture la touchent  violemment d’autant qu’elles la renvoient à son propre passé. Ses propres souvenirs s’imposent par sursauts, se mêlent à ceux de sa grand-mère. Il est temps pour elle de retourner à Paris, le lieu maudit où vit Alexandre, cet homme qui l’a cruellement blessée il y a 20 ans. Il lui faut faire face, enfin !

Sandra remonte le temps de Rivka grâce à ses petits carnets sans savoir qu’ils vont dérouler l’énigme du présent… Grâce à la longue confession de sa grand-mère, elle va comprendre, elle va pouvoir pardonner, elle va vivre car libérée.

C’est un magnifique roman sur la mémoire et la transmission, le poids du passé de nos ascendants qui parfois pèsent sur nos épaules, la question est : peut-on expier une faute commise par un autre que soi et dont le sang coule dans nos veines ?

 

Citation

 

“A la lecture de la lettre, les émotions ont déferlé, comme une vague violent s’abattant sur la rive. J’ai fait barrage, de toutes mes forces, au déluge de larmes. Avec ce récit, Rivka libérait son passé de l’oubli, et j’en étais désormais la dépositaire. Entre les arabesques, les pleins et les déliés, je lisais toute l’application de ma grand-mère, attendant tout de moi, prête à me guider sur les chemins sinueux du passé, comme elle le disait. Et n’oublie rien en chemin, ni remords, ni regret. Les mots de Rivka sonnaient si juste. Il y avait, au bord de ma propre route, tant de remords et de regrets. Il était peut-être temps de démêler ces zones d’ombre.”

 

Biographie 

 

 Née à Nice en 1984, Anne-Sophie Moszkowicz vit aujourd'hui à Paris, où elle travaille dans l'édition. Sa famille lui a transmis deux choses : l'importance de la mémoire et la passion des mots. A l'heure de fonder sa propre famille, ses racines la rattrapent. L'écriture s'impose alors à elle. N’oublie rien en chemin est son premier roman.
 

http://www.lesescales.fr/livre/noublie-rien-en-chemin

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Rédigé par Dominique84

Publié dans #LES ESCALES, #Mes lectures

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