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A Domi-mots

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Merci aux maisons d'éditions qui me font confiance en me proposant des partenariats et aux auteurs qui m'adressent leurs derniers ouvrages. Chaque chronique est partagée sur mes comptes Facebook, Babelio et Twitter


Aurélie Silvestre, "Nos 14 novembre", JCLattès

Publié par Dominique84 sur 28 Novembre 2016, 16:28pm

Catégories : #Mes lectures, #JCLattès

Émus et bouleversés, nous poursuivons au fil des pages l’histoire d’une femme sortie involontairement de l’anonymat, une femme dont le courage nous impressionne et dont le style littéraire nous éblouit.

C’est le plus intense moment de lecture que j’ai jamais eu.

 

 

“L’homme de ma vie et le père de mes enfants est mort sous les balles des terroristes. Je viens de passer une nuit avec cette nouvelle dont je ne sais que faire….

Je me rends à l’Ecole militaire, où l’on reçoit les familles.

Mon fils dort encore, je pose la main sur mon ventre pour sentir ma fille. Le soleil se lève sur la ville, toute la beauté du monde n’a pas disparu.

Je me redresse, j’essuie les larme qui coulent sur mes joues.

Les suivantes ne sont déjà plus les mêmes, qui doucement font naître la décision la plus importante de mon existence : Je vais continuer à vivre.

Je lui dois bien ça, je nous dois bien ça.

Nous serons heureux”.

 

C’était au soir du 13 novembre 2015, Matthieu assistait au concert des Eagles of Death Metal au Bataclan. Il y était allé sans conviction, simplement heureux de savoir qu’Aurélie, sa compagne enceinte de 5 mois, profiterait de ces quelques heures de “célibat” bien au chaud sous la couette. Il avait embrassé son fils Gary âgé de 3 ans, lui avait chuchoté “à demain” et s’en était allé pour toujours.

La nouvelle tombe comme un couperet sur cette famille, la peine est trop forte pour crier vengeance, crier à l’injustice, à la mauvaise fortune. Le fait est là, Matthieu ne reviendra pas, il faudra vivre, continuer à vouloir vivre.

Dans ce récit bouleversant, Aurélie Silvestre raconte son “après”, son courage pour combattre la tristesse et le désespoir. Elle rend hommage à tous ceux qui l’ont entourée, sa famille, ses amis et son fils Gary, qui du haut de ses 3 ans, comprend qu’il devra apprivoiser le manque, l’absence et accepter que l’inattendu n’est pas toujours porteur de bonne surprise.

 

Le départ de Matthieu est la rupture définitive avec leurs habitudes, plus rien ne sera pareil, ce sera autrement, c’est tout et il faut l’assimiler.

 

Aurélie a 35 ans, elle est veuve et va donner vie à Thelma, l’enfant qu’elle portait quand Matthieu est parti. Elle refuse d’être une victime, c’est Matthieu la victime, l’homme qui ne verra pas grandir son fils, qui ne verra jamais sa fille, celui qui ne vit plus.

 

Ce récit est un véritable hymne à la vie, à l’amour, un recueil de souvenirs qu’elle dédie à ses enfants pour qu’ils sachent qui était leur père, comment ils s’étaient rencontrés, combien ils se sont aimés. Matthieu n’est pas mort, il est vivant dans ses souvenirs, dans cette trace indélébile que sont les mots qu’elle a utilisés pour nous le raconter.

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